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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Version de concert de la Flûte enchantée de Mozart par l'Ensemble Matheus sous la direction de Jean-Christophe Spinosi au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Une Flûte rafraîchissante
© Isabelle Levy

Jean-Christophe Spinosi n'a pas son pareil pour retonifier le répertoire lyrique : si sa verve vivaldienne n'est plus à dire, on aimerait le voir transformer un essai rossinien des plus prometteurs. Pour l'heure, c'est à l'opéra mozartien que s'attaquent l'Ensemble Matheus et son bouillonnant fondateur, avec une Flûte enchantée réjouissante de jeunesse et de fraîcheur.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 08/12/2005
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Au Théâtre des Champs-Élysées, l'opéra mozartien se joue sur instruments d'époque. Après Concerto Köln dans les Noces de Figaro et le Freiburger Barockorchester dans la Clémence de Titus, l'Ensemble Matheus fait ses premiers pas dans la Flûte enchantée. Là où René Jacobs faisait table rase de la tradition, réinventant pour ainsi dire le dernier opera seria du maître salzbourgeois, Jean-Christophe Spinosi se contente de la rafraîchir, mais avec quel élan, quelle verve novatrice !

    Ainsi, sa lecture du dernier opéra de Mozart ne s'encombre guère de prétentions musicologiques, et les tempi conservent un bel équilibre, sans recherche d'une déroutante vélocité. Le maître mot est ici la vie, et c'est avant tout par la couleur orchestrale qu'elle s'exprime, grâce à une palette élargie, d'une part par l'utilisation d'instruments originaux, d'autre part par les sonorités inédites de vents construits pour l'occasion. Cette Flûte est bien celle de la variété et de l'esprit, sans boursouflures romantiques ni maniérismes baroqueux.

    Et la baguette volubile de Jean-Christophe Spinosi est un théâtre à elle seule qui, plutôt que de conduire sobrement, caractérise chaque personnage avec un sens théâtral virevoltant et une parfaite maîtrise des différents styles de la partition, de la solennité de Sarastro à la pureté de Pamina, en passant par la veine populaire de Papageno et la fureur éclatante de réminiscences serie de la Reine de la Nuit.

    Il n'en faut guère plus pour justifier une version de concert, véritable gageure dans une oeuvre où théâtre et musique sont si intimement liés : la fosse ne ferait que brider l'énergie de cet authentique show man de la baguette, toute contradiction mise à part. Le texte de liaison composé par Ivan A. Alexandre est d'ailleurs un modèle du genre. Sans ambitions poétiques déplacées ni digressions pseudo-philosophiques embarrassantes, l'auteur s'est voulu savoureusement fidèle aux dialogues de Schikaneder. Diction superlative et narration pleine d'esprit, Daniel Mesguich y fait preuve d'une inhabituelle sobriété.

    Un plateau à la belle homogénéité

    Jeune et cosmopolite, la distribution révèle une belle homogénéité. Voix fine et frémissante, Ingela Bohlin est une Pamina lumineuse. Timbre léger et pur, la Reine de la Nuit d'Anna-Kristiina Kaapola n'en a pas moins de relief, grâce à une diction percutante et des suraigus plus dardés que piqués, tandis que la voix somptueuse de Manfred Hemm serait idéalement celle de Sarastro, s'il chantait au même diapason que l'orchestre, et non constamment trop haut.

    Émission parfaite, tessiture paradoxalement évidente, timbre ensorceleur, le Papageno de Luca Pisaroni est presque trop bien chantant, musicalement trop noble, malgré ses mines ahuries. C'est un Don Juan, un Comte qui se profilent, alors que la jeune basse italienne s'en tient pour l'heure à Leporello et Figaro. Musicien irréprochable, sinon totalement libre, Stefano Ferrari ne possède guère l'accroche lumineuse de Tamino. Le chanteur n'en est pas moins considérable, dont les ressources idéalement maîtrisées promettent un grand Titus, un formidable Idoménée.

    Après un aussi réjouissant coup d'essai, Jean-Christophe Spinosi et son Ensemble Matheus se doivent d'explorer les opéras de jeunesse de Mozart avec la même tonicité, avant d'aborder, peut-être, la Folle journée.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 08/12/2005
    Mehdi MAHDAVI

    Version de concert de la Flûte enchantée de Mozart par l'Ensemble Matheus sous la direction de Jean-Christophe Spinosi au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Die Zauberflöte, Singspiel en deux actes (1791)
    Livret d'Emanuel Schikaneder
    Texte de liaison d'Ivan A. Alexandre
    En langues allemande et française

    Choeur Melisme(s)
    direction : Gildas Pungier
    Ensemble Matheus
    direction : Jean-Christophe Spinosi

    Avec :
    Stefano Ferrari (Tamino), Cora Burggraaf (Erste Dame), Blandine Staskiewicz (Zweite Dame), Elodie Méchain (Dritte Dame), Luca Pisaroni (Papageno), Céline Ricci (Papagena), Manfred Hemm (Sarastro), François Piolino (Monostatos), Ingela Bohlin (Pamina), Anna-Kristiina Kaapola (Königin der Nacht), François Lis (Der Sprecher, Zweiter Geharnischter Mann, Erster Priester), Pierre Talbot (Erster Geharnischte Mann, Zweiter Priester), Solistes de la Maîtrise des Hauts-de-Seine (Drei Knaben), Daniel Mesguich (récitant).

     



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