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CRITIQUES DE CONCERTS 25 mai 2018

Le Messie de Haendel sous la direction de René Jacobs au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Le Messie par l'épure
© Alvaro Yanez

Que ce soit dans Belshazzar ou Saul, c'est la veine dramatique de l'oratorio haendélien que René Jacobs s'est employé à exalter, par ses réalisations luxuriantes et puissamment contrastées. Mais dans le Messie, point de théâtre. Le chef gantois a donc opté pour une vision épurée, souvent austère, de cet oratorio sacré.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 12/12/2005
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Depuis sa création à Dublin en avril 1742, et sans que jamais l'oeuvre ne disparaisse du répertoire, devant sa pérennité aux grandes sociétés chorales du XIXe siècle, la popularité du Messie, oratorio le plus régulièrement repris du vivant de Haendel, ne semble avoir cessé de croître. Le retour à une forme d'exécution moins monumentale, plus respectueuse des pratiques instrumentale et vocale de l'époque du compositeur, a incité les interprètes modernes à se pencher sur les différents états d'une partition remaniée en fonction des forces en présence, et plus particulièrement des solistes.

    Pour son interprétation, René Jacobs s'est basé sur les reprises de 1750, pour lesquelles Haendel apporta les modifications les plus significatives, principalement dues à la présence du castrat Gaetano Guadagni, futur Orfeo de Gluck, pour lequel il venait de composer le rôle de Didymus dans Theodora, créé quelques semaines auparavant. La distribution de ce Messie se trouvait d'ailleurs calquée sur celle du nouvel oratorio : Giulia Frasi, soprano haendélien en titre depuis la saison précédente, y interprétait le rôle éponyme, la contralto Caterina Galli, Irene, Thomas Lowe, rival du fidèle John Beard, qui reprendrait sa place de premier ténor haendélien dès 1752, Septimius, et la basse Henry Theodore Reinhold, engagée par Haendel dès 1735, endossant le rôle de Valens.

    La distribution réunie par René Jacobs ne restera sans doute pas ainsi dans les annales. Le ravissant soprano de Kerstin Avemo se révèle même rapidement insuffisant, de vocalises timides et de projection anodine. Plus solide, mais dans une tessiture qui ne la flatte guère, Patricia Bardon est souvent encombrée par la mesure dans un He was despised néanmoins de belle tenue. Voix imposante, David Pittsinger ne parvient pas à s'élever longtemps au-dessus d'une certaine grisaille, se débattant sans rage contre la trompette. Quant à Kobie van Rensburg, il serait plus proche d'un John Beard, voix limitée, mais meilleur musicien et technicien que Thomas Lowe, et dont Charles Burney loue, dans A Genral History of Music, les seules qualités de timbre, s'il ne se laissait aller à tant de maniérismes. Seul Lawrence Zazzo, superbement mis en valeur par la partie dévolue à Guadagni, se montre véritablement à la hauteur, vocalement souverain, et surtout admirablement concerné.

    Conception en noir et blanc

    Maître de la luxuriance instrumentale et des contrastes dramatiques, si souvent loué jusque dans l'oratorio haendélien, René Jacobs sait tirer avantage de cette modestie vocale par une interprétation étonnamment épurée, à mille lieux du théâtre. Alors qu'il nous avait jusqu'à présent habitué à des visions en technicolor, le chef gantois propose un Messie en noir et blanc, à la texture instrumentale raréfiée, à laquelle s'adapte superbement le Freiburger Barockorchester, lui aussi reconnu pour la richesse de sa palette. Le contraste avec les explosions de lumière prodiguées par le choeur du Clare College Cambridge en est d'autant plus éclatant.

    Plus encore que l'an passé sous la direction du claveciniste Richard Egarr, les jeunes choristes s'imposent en effet par leur clarté d'élocution et leur précision vocale, exaltant le discours avec une admirable pureté.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 12/12/2005
    Mehdi MAHDAVI

    Le Messie de Haendel sous la direction de René Jacobs au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Georg Friedrich Haendel (1685-1759)
    The Messiah, oratorio en trois parties HWV 56 (1742)
    Livret de Charles Jennens, d'après la Bible

    Kerstin Avemo, soprano
    Patricia Bardon, mezzo-soprano
    Lawrence Zazzo, contre-ténor
    Kobie van Rensburg, ténor
    David Pittsinger, basse

    Choir of Clare College Cambridge
    Freiburger Barockorchester
    direction : René Jacobs

     


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