altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 21 octobre 2018

Concert de l'Orchestre national de France sous la direction de Eivind Gullberg Jensen avec la participation de la pianiste Hélène Grimaud au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Hélène aux doigts agiles
© Kasskara / Deutsche Grammophon

Chaque apparition parisienne d'Hélène Grimaud suscite une énorme attente, d'autant qu'elle devait être soutenue en cette période d'avent par l'étoile montante de la direction russe Vladimir Jurowsky. Mais le remplacement de ce dernier entraînera une soirée dont la prestation de la pianiste sera l'unique et véritable coeur.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 15/12/2005
Benjamin GRENARD
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Le psychopathe triste

  • Brahms transcendé

  • Patchwork vocal

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Préalablement programmé, le jeune chef russe Vladimir Jurowsky devait accompagner Hélène Grimaud dans le concerto de Schumann avant de livrer une vision de la 6e symphonie de Chostakovitch qui aurait pu faire tout autant événement. Son remplaçant Eivind Gullberg Jensen, sans la stature de Jurowsky dans le répertoire russe, offre une prestation méritoire caractérisée par un métier sûr.

    (K)ein Sommernachtstraum de Schnittke appartient à la longue tradition russe des pastiches néo-classiques, s'inscrivant tout autant dans la filiation d'un Tchaïkovski que d'un Stravinski. Le matériau de base, cliché viennois dans toute sa crudité, est bien mis en valeur par les belles couleurs du National qui en font ressortir aussi bien l'aspect scolaire que toute la perversion dans la démesure. On eût aimé plus d'engagement dans l'ironie qui n'atteint jamais le degré acerbe qui aurait bien convenu à ce compositeur post-chostakovien, car ce pastiche-là manque tout de même quelque peu de sel si le décalage n'y est pas assumé de manière jusqu'au-boutiste.

    Jensen se révèle excellent accompagnateur dans Schumann et s'adapte sans peine à la lecture d'Héléne Grimaud, lumineuse, délicate, toute de sveltesse. La moindre inflexion de la pianiste acquiert une dimension que ne laisserait jamais présager un piano aérien, nuançant toujours soigneusement à l'économie pour offrir un ciselage de toute beauté. Un Schumann équilibré où la limpidité et l'évidence font force de loi, certes loin des tourmentes et des tumultes habituels, mais d'une fraîcheur et d'une féminité rassérénantes.

    Un Chostakovitch sans authentique climat

    La prestation de Jensen dans la 6e de Chostakovitch est plus contestable malgré d'indéniables qualités. Là encore, on distingue clairement une attention soutenue accordée au phrasé des soli, à l'intensité expressive des cordes, au timbre de manière générale. Mais la volonté de donner sens à chaque moment du discours reste plus souvent lettre morte, un authentique climat faisant souvent défaut. En définitive, le Largo initial ne décolle guère, et la réexposition, qui n'offre aucun élément nouveau, finit par s'apesantir.

    Les deux mouvements rapides confirment un constat mitigé. Des cordes incisives, des contrastes relevés et des tempi bien gérés ne suffisent pas à compenser de multiples imprécisions ? bois dans le Scherzo, cordes dans le Finale. D'autant que les tutti ont tendance à saturer et à sonner de manière quelque peu primaire. Si l'ensemble reste très honnête, Jensen ne va pas assez loin dans le pied-de-nez terminal, et trop d'impact finit par nuire à l'esprit.

    Dommage, car on quitte finalement le Théâtre des Champs-Élysées avec le seul souvenir d'une Hélène aux doigts agiles.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 15/12/2005
    Benjamin GRENARD

    Concert de l'Orchestre national de France sous la direction de Eivind Gullberg Jensen avec la participation de la pianiste Hélène Grimaud au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Alfred Schnittke (1934-1998)
    (K)ein Sommernachtstraum (1985)

    Robert Schumann (1810-1856)
    Concerto pour piano et orchestre en la mineur, op. 54 (1845)
    Hélène Grimaud, piano

    Dimitri Chostakovitch (1906-1975)
    Symphonie n° 6 en si mineur, op. 54 (1939)

    Orchestre national de France
    direction : Eivind Gullberg Jensen

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com