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CRITIQUES DE CONCERTS 22 août 2018

Version de concert de l'Orfeo de Monteverdi sous la direction de Jean-Claude Malgoire au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

L'humanité d'Orphée
© Danielle Pierre

En 2007, l'Orfeo de Monteverdi aura quatre cents ans. Paris n'aura pas attendu cet anniversaire pour célébrer le vénérable chantre de la Thrace, pas moins de trois productions jalonnant la saison 2005-2006. Dans le cadre de son jubilé, Jean-Claude Malgoire propose sa vision profondément humaine de cet opéra fondateur, transcendée par l'Orfeo magnétique de Kobie van Rensburg.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 11/01/2006
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Pour Jean-Claude Malgoire, l'Orfeo de Monteverdi est un peu l'enfant de la vieillesse. Ce pionnier de la redécouverte du répertoire baroque, monteverdien de la première heure, aura en effet attendu d'avoir atteint sa pleine maturité avant d'aborder ce monument à la scène. Depuis, il ne le quitte plus, et de cette profonde intimité naît sans doute le sentiment de naturel qui se dégage de sa lecture. Point de métaphysique dans ce travail d'une grande probité, simplement le souci constant de ne jamais entraver le verbe au profit d'une quelconque virtuosité vocale, instrumentale, pour atteindre le coeur même d'un art poétique avant d'être musical.

    Cette parfaite fluidité du discours ne va pourtant pas sans contrastes ni couleurs, bien au contraire : la palette du chef français n'avait pas paru aussi riche depuis bien longtemps. Bénéficiant d'un continuo fringant, où l'on distinguera les remarquables interventions du théorbiste Marco Horvat et de la harpiste Masako Fujimara, Jean-Claude Malgoire narre plus qu'il n'ordonne, en humble serviteur.

    Composée de jeunes et moins jeunes fidèles du formidable vivier de chanteurs qu'est l'Atelier lyrique de Tourcoing, la distribution ne brille pas par son homogénéité. Vocalités, techniques, styles se révèlent en effet trop disparates pour prétendre à une quelconque unité, quelques voix trop glorieusement opératiques plombant les Choeurs, face à de fins madrigalistes manquant de relief sonore dans leurs interventions solistes.

    D'une sécheresse sépulcrale, le Caron de Renaud Delaigue n'en est que plus impressionnant, à l'instar des interventions émues et éloquentes de la Proserpine de Delphine Gillot, bien plus convaincante et maîtrisée que dans sa récente Armide haendélienne. Et si l'Espérance superbement chantante de Philippe Jaroussky aura paru peu concernée, elle est un luxe suprême comparée à la Messagère désordonnée d'Estelle Kaïque.

    Malgré quelques faiblesses dans le bas de la tessiture et un timbre parfois ingrat, l'Orfeo de Kobie van Rensburg sait atteindre des sommets d'intensité et d'humanité. Présence magnétique, musicalité irradiante, technique époustouflante, le ténor sud-africain maîtrise à la perfection les subtilités du langage monteverdien, alliant poésie et musique avec un art du naturel incomparable.

    Servi par un tel interprète, Jean-Claude Malgoire avait donc bien des raisons de jubiler, et de bisser la Moresque finale.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 11/01/2006
    Mehdi MAHDAVI

    Version de concert de l'Orfeo de Monteverdi sous la direction de Jean-Claude Malgoire au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Claudio Monteverdi (1567-1643)
    L'Orfeo, favola in musica en un prologue et cinq actes (1607)
    Livret de Alessandro Striggio junior

    La Grande Ecurie et la Chambre du Roi
    direction musicale : Jean-Claude Malgoire

    Avec :
    Hjördis Thebault (La Musica), Kobie van Rensburg (Orfeo), Cyrille Gerstenhaber (Euridice, Ninfa), Estelle Kaïque (La Musica, Messaggiera), Philippe Jaroussky (Speranza), Renaud Delaigue (Caronte), Delphine Gillot (La Musica, Proserpina), Bernard Deletré (Plutone, Pastore), Alain Bertschy (Pastore, Spirito, Apollo), Carl Ghazarossian (Pastore, Spirito), Bertrand Chuberre (Pastore, Spirito), Thierry Grégoire (Pastore), Vincent Bouchot (Pastore, Spirito), Pierre-Yves Pruvot (Pastore, Spirito), Lorraine Prigent (Ninfa).

     



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