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CRITIQUES DE CONCERTS 24 février 2018

Concert de l'Orchestre national de France sous la direction de Riccardo Muti au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Pour un moment de grâce

Parmi les premières manifestations qui ont ouvert l'année Mozart à Paris, le concert de Riccardo Muti à la tête du National de France restera un plaidoyer en faveur de la tradition viennoise comme elle n'est plus défendue aujourd'hui que par de très rares interprètes. Un Mozart d'une autre époque, au détour duquel se révèle parfois l'expression même de la grâce.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 12/01/2006
Yannick MILLON
 



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  • Riccardo Muti a la cote auprès du public parisien, et sitôt traversant l'orchestre pour gagner le podium, il reçoit déjà une chaleureuse acclamation. D'ailleurs, l'Italien fait partie de ces chefs qui convainquent nettement plus à la tête de formations comme le National ou l'orchestre de la Scala qu'avec les plus grandes Rolls symphoniques, qu'il laisse trop souvent dormir à poings fermés.

    Ce concert Mozart en est la juste illustration. Assez rare dans les salles, la 34e symphonie, la dernière que le compositeur écrivit à Salzbourg, mérite mieux que l'oubli relatif dans lequel elle est tombée. De l'esprit de conquête, de la révolte qui gronde face à un archevêque tyrannique, de l'entêtement des tutti du premier mouvement, Muti semble se moquer comme de sa première baguette.

    Le maestro défend le Mozart qu'il a appris autrefois : apollinien, ronflant, aux arêtes émoussées, au vibrato généreux, à l'onctuosité viennoise, au legato presque karajanesque, prenant soin d'arrondir les angles jusqu'à gommer toute aspérité, privilégiant un jeu de cordes ductile, policé, très long d'archet. Mais au moins le mouvement lent chante et respire dans une douce lumière, au risque d'ignorer tout Sturm und Drang. Et si les tutti manquent toujours autant de la pugnacité, de la fermeté que sait y mettre un Mariss Jansons, ce Mozart-là, qui renvoie à une image bien surannée du classicisme, se laisse encore écouter sans trop de peine.

    Suivent quatre airs de concert trop frais, laissant passer à l'orchestre des imprécisions indignes de la réputation du chef napolitain. La jeune Julia Kleiter a pourtant la musicalité requise, une belle sobriété, un joli brin de voix seulement un peu court en étoffe dans le grave, et l'aigu rayonne avec le timbre d'une Pamina. Beaucoup plus impressionnant quant au format, au bronze du timbre, Ildebrando d'Arcangelo s'égare ce soir dans des vocalises aléatoires, un grave trop juste et une émission abusivement sombrée.

    Après l'entracte, aucune surprise dans des Vêpres d'un confesseur assez rapides, solides, souples, bien dirigées, bien chantées, avec un Choeur de Radio France habilement rehaussé par la clarté de quelques voix d'enfants dans les parties féminines, avec aussi un quatuor de solistes seulement dépareillé par le toujours aussi claironnant Herbert Lippert.

    Reste comme souvent chez Muti un petit moment de pure grâce, dans un Laudate dominum magnifiquement suspendu, lent jusqu'au somnambulique, offrant dans son balancement quelques suspensions du plus bel effet où le basson sert de relais dans la mélancolie. Moment d'ineffable auquel participe en plein Julia Kleiter par une raréfaction du vibrato insufflant aux longues tenues une pureté virginale, expression de la foi dans sa plus évidente sincérité.

    En dépit d'une conception d'ensemble accusant son âge, c'est pour de tels petits moments d'absolu que le Mozart de Muti échappe encore à la caducité.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 12/01/2006
    Yannick MILLON

    Concert de l'Orchestre national de France sous la direction de Riccardo Muti au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Symphonie n° 34 en ut majeur, K. 338

    Misera ! dove son
    Ah ! non io che parlo
    , K. 369
    A questo seno
    Or che il cielo
    , K. 374
    Julia Kleiter, soprano
    Alcandro, lo confesso
    Non so d'onde viene
    , K. 512
    Mentre ti lascio, K. 513
    Ildebrando d'Arcangelo, basse

    Vesperae solennes de confessore en ut majeur, K. 339
    Julia Kleiter, soprano
    Marianna Pizzolato, alto
    Herbert Lippert, ténor
    Ildebrando d'Arcangelo, basse

    Maîtrise de Radio France
    direction : Toni Ramon
    Choeur de Radio France
    direction : Bruno Casoni

    Orchestre national de France
    direction : Riccardo Muti

     


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