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CRITIQUES DE CONCERTS 17 novembre 2019

Nouvelle production de Benvenuto Cellini mise en scène par Renaud Doucet Barbe et sous la direction d'Oleg Caetani à l'Opéra du Rhin.

Berlioz sans psy
© Alain Kaiser

Jouant sur le caractère débridé du livret et sur celui, hétéroclite, de la musique, cette nouvelle production de Benvenuto Cellini signée Renaud Doucet et André Barbe a ravi le public strasbourgeois et international venu en nombre voir cet opéra rarement donné. Une réussite loin des contorsions de méninges chères à tant de metteurs en scène.
 

Opéra du Rhin, Strasbourg
Le 14/01/2006
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Tant de metteurs en scène utilisent aujourd'hui l'opĂ©ra pour concrĂ©tiser leurs dĂ©lires personnels, mĂŞme s'ils n'ont aucun rapport avec l'oeuvre, qu'il est rĂ©confortant de voir une Ă©quipe prendre des options bien personnelles, certes, mais non dĂ©nuĂ©es de fondement ni de jugement. ConsidĂ©rant que ce Benvenuto Cellini est plus proche de la comĂ©die musicale que du grand opĂ©ra romantique, Renaud Doucet et AndrĂ© Barbe, qui avaient rĂ©alisĂ© sur scène mĂŞme scène une Cendrillon de Massenet en 2003, ont optĂ© pour un style Ă  la fois très dĂ©coratif et ouvertement comique.

    On est dans l'esprit Commedia dell'arte, par la gestuelle, le jeu dramatique et les citations visuelles fort belles d'ailleurs, tout en adoptant un angle d'approche bien particulier : Cellini, c'est l'Artiste, le Créateur dans sa grandeur comme dans ses débauches et ses folles passions, dans sa lutte avec sa créativité, ses doutes. Alors, pourquoi pas Berlioz en personne ? C'est donc la tête du compositeur que s'est faite le ténor Paul Charles Clarke qui manie tantôt la baguette, tantôt l'épée. À la scène finale, c'est une superbe lyre dorée qui sortira du four où est théoriquement fondu Persée.

    Le metteur en scène joue avec subtilité et habileté de cette double identité, jonglant avec les images et les symboles de manière très amusante. Les très beaux décors et costumes d'André Barbe soutiennent ce propos, stylisés quand il faut, plus décoratifs au bon moment, mêlant époques et styles sans faute de goût. Bref, à moins d'appartenir à quelque association « touche pas à mon Berlioz ! », on s'amuse vraiment et les incontestables longueurs et maladresses de la partition passent quasiment inaperçues.

    © Alain Kaiser

    Sous la baguette assez rigide d'Oleg Caetani, l'orchestre sonne bien, et la distribution nous gratifie d'un chant très satisfaisant, avec pourtant cette restriction importante : à l'exception du Pape de François Lis et, par instants du rôle-titre, on ne comprend pas un mot de ce qui est chanté. Il semble décidément que l'on s'enlise de plus en plus dans une sorte de prononciation approximative internationale, non seulement du français mais aussi d'autres langues, en considérant que le surtitrage suffira pour que le spectateur suive le texte.

    Le ténor Paul Charles Clarke a comme toujours une excellente technique qui lui permet mille nuances, mais toujours aussi ce même timbre dépourvu du moindre charme. Anne-Sophie Duprels surmonte avec aisance et éclat les difficultés du rôle de Teresa et joue bien la comédie, tout comme Isabelle Cals en Ascanio. Philippe Duminy est un Fieramosca très comédie italienne, tandis que la solide voix et la prestance de la jeune basse François Lis sont annonciatrices d'une belle carrière.

    Il n'est peut-être pas nécessaire de faire appel à son psy pour réussir une mise en scène d'opéra. D'aucuns pourront trouver l'idée discutable. Par ses applaudissements sans restriction, le public de l'Opéra du Rhin a en tout cas clairement exprimé son avis.



    Opéra de Strasbourg les 20, 23, 25 et 29 janvier ; Filature de Mulhouse les 3 et 5 février.




    Opéra du Rhin, Strasbourg
    Le 14/01/2006
    GĂ©rard MANNONI

    Nouvelle production de Benvenuto Cellini mise en scène par Renaud Doucet Barbe et sous la direction d'Oleg Caetani à l'Opéra du Rhin.
    Hector Berlioz (1803-1969)
    Benvenuto Cellini, opéra en deux actes et quatre tableaux (1838)
    Livret de LĂ©on de Wailly et Auguste Barbier
    Version de Paris (1838)

    Choeurs de l'Opéra national du Rhin
    Choeurs de l'Opéra de Nice
    Orchestre philharmonique de Strasbourg
    direction : Oleg Caetani
    mise en scène et chorégraphie : Renaud Doucet
    décors et costumes André Barbe
    Ă©clairages : Guy Simard
    préparation des choeurs : Michel Capperon & Giulio Magnanini

    Avec :
    Fernand Bernardi (Giacomo Balducci), Anne-Sophie Duprels (Teresa), Paul Charles Clarke (Benvenuto Cellini), Isabelle Cals (Ascanio), Philippe Duminy (Fieramosca), Alain Gabriel (Francesco), Chad Louwerse (Bernardino), François Lis (le Pape Clément VII), Mario Montabalno (Pompeo), Christophe de Ray-Lassaigne (le cabaretier).

     



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