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CRITIQUES DE CONCERTS 22 aoűt 2019

Mariss Jansons et le Philharmonique de Saint-Pétersbourg au Théâtre des Champs Elysées, Paris.

Jansons, heureux transfuge Ă  Oslo

Après le Philharmonique de Saint Pétersbourg, voici Oslo. Le Théâtre des Champs-Élysées a accueilli le Philharmonique de la capitale norvégienne, avec à sa tête Mariss Jansons, transfuge de Saint Pétersbourg. Une confrontation instructive.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 02/04/2000
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Ă€ une semaine d'intervalle, ces deux grandes formations sont passĂ©es par Paris, occasion de les comparer d'autant plus intĂ©ressante que Mariss Jansons a longtemps prĂ©sidĂ© aux destinĂ©es du Philharmonique de Saint PĂ©tersbourg aussi. Il est apparu clairement que Saint PĂ©tersbourg l'emporte nettement par sa forte personnalitĂ©, tandis qu'Oslo est moins Ă©tonnant en tant qu'instrument, mais a bĂ©nĂ©ficiĂ© d'une direction exceptionnelle. Ă€ cinquante-six ans, Jansons reste sans aucun doute un des meilleurs chefs actuels, de ceux qui savent vraiment faire de la musique sans chercher Ă  se mettre en valeur personnellement, sans chercher Ă  crĂ©er l'effet de surprise par quelques options farfelues. Il va au fond des partitions, avec une sincĂ©ritĂ© absolue et un jugement sĂ»r. Tout dĂ©butait par la rare Fantaisie symphonique d'après La Femme sans ombre, de Richard Strauss, beaucoup moins souvent jouĂ©e que celle du Chevalier Ă  la rose. C'est une page puissante, faisant appel Ă  toutes les possibilitĂ©s de l'orchestre, et exploitant essentiellement les thèmes liĂ©s Ă  Barak et Ă  la Teinturière. En Ă©coutant cette interprĂ©tation, on ne se dit pas d'abord : "quel orchestre exceptionnel !" On songe plutĂ´t : "c'est exactement comme cela que cette musique doit ĂŞtre jouĂ©e". MĂŞme exclamation avec la première symphonie de Brahms en deuxième partie, qui permit en outre d'apprĂ©cier les qualitĂ©s de chef de pupitre du violon solo, Stig Nilsson. C'est du Brahms comme on rĂŞve de l'entendre, brassĂ© avec ce qu'il faut d'emportement et d'austĂ©ritĂ©, le phrasĂ© gĂ©nĂ©reux et naturel, chaque pupitre mis en valeur dans un Ă©quilibre idĂ©al, en particulier dans les subtilitĂ©s du deuxième mouvement. Après la Suite Symphonique de Strauss, Barbara Bonney interprĂ©ta cinq mĂ©lodies de Grieg, quatre très connues, les deux Lieder de Solveig, Un Cygne et Printemps, et une qui l'est beaucoup moins, Fra Monte Pincio qui Ă©voque les belles couleurs d'un coucher de soleil Ă  Rome. Epouse du baryton Hakan Hagegard, Barbara Bonney possède le norvĂ©gien avec la mĂŞme perfection que l'art du chant. La voix a gagnĂ© un peu de corps, elle est lĂ©gèrement moins moelleuse, mais quelle maĂ®trise du souffle, des pianissimos et quelle beautĂ© de timbre ! Une leçon de chant et de poĂ©sie. En bis, elle chanta une très attachante mĂ©lodie d'Alfven. Seule ombre Ă  cette soirĂ©e d'une si gratifiante tenue musicale, le deuxième " bis " de l'orchestre, l'ultime mouvement de la suite de l'ArlĂ©sienne de Bizet, enlevĂ© comme une charge de grenadiers ! Mais on pardonne volontiers ce faux pas stylistique après tant de moments inspirĂ©s.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 02/04/2000
    GĂ©rard MANNONI

    Mariss Jansons et le Philharmonique de Saint-Pétersbourg au Théâtre des Champs Elysées, Paris.
    ÂŚuvres de Strauss, Brahms et Grieg
    Orchestre Philharmonique d'Oslo
    Mariss Jansons, direction
    Barbara Bonney, soprano

     


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