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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2018

Reprise de Juliette ou la clé des songes de Martinů dans la mise en scène de Richard Jones et sous la direction de Jirí Belohlávek à l'Opéra de Paris.

Une Juliette de rêve
© Eric Mahoudeau

Très brillante reprise de la poétique production de Juliette ou la clé des songes de Bohuslav Martinů signée pour le Palais Garnier en 2002 par Richard Jones. Une oeuvre splendide servie avec originalité et sans faute de goût, sous la baguette experte de Jirí Belohlávek et avec une distribution sans faille, à la diction française remarquable.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 10/02/2006
Gérard MANNONI
 



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  • Gerard Mortier ayant fait le choix ? très adéquat ? de donner les opéras du XXe siècle à la Bastille, la Juliette de Martinů selon Richard Jones a donc changé de salle pour cette reprise. Inutile de préciser que le transfert ne pose aucun problème et que les astucieux décors en noir et blanc d'Antony McDonald s'adaptent idéalement dans ce cadre sans dorures ni cariatides. On retrouve l'amusante maison accordéon, la belle, mystérieuse et décorative forêt nocturne un peu bleutée et l'irrésistible bureau central des rêves, aux frontières, comme tout le reste, du cauchemar et de la réalité.

    Tout cela fonctionne à la perfection, totalement dans l'esprit de l'oeuvre, avec la légèreté et la profondeur qu'il faut, une touche parodique au bon moment, dans une démarche générale où l'esthétisme reste discret bien qu'omniprésent. C'est un régal pour les yeux, et le type même de ce qui peut aider à comprendre et à vivre une partition. Somptueusement dirigée par Jirí Belohlávek, cette dernière s'affirme plus jamais comme une page majeure du XXe siècle, tant par le traitement des voix que pour l'invention qui préside à l'orchestration dont les couleurs, les contrastes et les agencements de timbres ne cessent de surprendre et de séduire, en restant toujours expressifs et en situation.

    © Éric Mahoudeau

    Ajoutons à cela que, à l'exception d'Elena Semenova, ravissante Juliette à la belle voix claire et fraîche, tous les chanteurs ont une excellent diction française, ce qui permet, pour une fois, de se dispenser de lire le surtitage. C'est assez rare pour mériter d'être souligné et facilite grandement l'approche et la compréhension de cette univers déjanté avec tant délicatesse, d'humour, de sagesse, qui nous revoie une image nos propres passions avec une sagesse non dénuée de cruauté.

    Les chanteurs entrent tous dans cette mise en scène faussement simple avec un art théâtral accompli, notamment ceux qui incarnent plusieurs personnages. John Graham-Hall est un Michel vocalement sans défauts, excellent comédien, qui parvient à faire évoluer son personnage du simple étonnement au désarroi total. Nous entendons dans sa voix, nous lisons sur son visage cette irrésistible plongée dans un subconscient qui nous colle à peau, nous rebute et nous attire tout à la fois.

    Tous les autres sont excellents, en particulier Martine Mahé, aussi crédible en Marchande de poisson qu'en touchante Petite vieille qui, avec son Petit vieux d'Alain Vernhes ne se lasse pas de se faire raconter d'imaginaires souvenirs. Paul Gay aussi passe avec dextérité de l'Homme au casque au Marchand de souvenirs et au Bagnard, belle voix et grande aisance scénique.

    Voilà donc une très belle soirée d'opéra, devant une salle pas pleine du tout. Il serait quand même bien que le public parisien finisse un jour par s'intéresser à autre chose qu'à la Bohème, la Traviata et la Flûte enchantée, quel que soit par ailleurs l'intérêt incontestable de ces chefs-d'oeuvre !




    Opéra Bastille, Paris
    Le 10/02/2006
    Gérard MANNONI

    Reprise de Juliette ou la clé des songes de Martinů dans la mise en scène de Richard Jones et sous la direction de Jirí Belohlávek à l'Opéra de Paris.
    Bohuslav Martinů (1890-1959)
    Juliette ou la clé des songes, opéra en trois actes (1938)
    Livret d'après la pièce de Georges Neveu
    En langue française

    Choeurs et Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : Jirí Belohlávek
    mise en scène : Richard Jones
    décors et costumes : Antony McDonald
    éclairages : Matthew Richardson
    préparation des choeurs : Peter Burian

    Avec :
    Elena Semenova (Juliette), John Graham-Hall (Michel), Andreas Jäggi (le Commissaire / le Facteur / l'Employé), Paul Gay (l'Homme au casque / le Marchand de souvenirs / le Bagnard), Alain Vernhes (l'Homme à la fenêtre / le Petit Vieux / le Mendiant), Gaële Le Roi (le Petit Arabe / Premier monsieur / le Chasseur), Christian Tréguier (le Vieil arabe / le Vieux matelot), Michèle Lagrange (la Marchande d'oiseaux / le Chiromancien), Martine Mahé (la Marchande de poissons / la Petite vieille / la Vieille dame), Diana Axentii (Deuxième monsieur), Marie-Thérèse Keller (Troisième monsieur), René Schirrer (le Vieillard), Xavier Mas (le Jeune matelot).

     



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