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CRITIQUES DE CONCERTS 06 juillet 2020

Concert de l'Orchestre national de Lyon sous la direction de Stanislaw Skrowaczewski, avec la participation du pianiste Gary Graffman à l'Auditorium Maurice Ravel, Lyon.

À qui le tour ?

Stanislaw Skrowaczewski

Presque un an jour pour jour après la venue de Zender en tant qu'ambassadeur de Bruckner et de ses propres oeuvres, l'auditorium invite Stanislaw Skrowaczewski à faire de même. Plutôt réputé pour son métier de chef, Skrowaczewski se situe par rapport à Zender davantage dans une certaine tradition de l'interprétation brucknérienne, sans pour autant sacrifier la qualité.
 

Auditorium Maurice Ravel, Lyon
Le 04/02/2006
Benjamin GRENARD
 



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  • Compositeur et chef ne conçoivent pas le lien avec la tradition de la même manière. Le concert de cette semaine à l'Auditorium de Lyon en est l'illustration. Alors que Zender compositeur dirigeait l'année dernière une 3e symphonie totalement en marge de la tradition brucknérienne, Skrowaczewski reprend la tradition à son compte pour mieux repenser la 2e.

    De la tradition, le Bruckner de Skrowaczewski conserve un phrasé souple et ample. S'il adopte des tempi modérés loin de toute emphase, il ne dédaigne pas pour autant une certaine rondeur. Le discours reste néanmoins incisif quand nécessaire – les cordes motoriques du Scherzo – et les cuivres usent toujours d'une puissance parfaitement appropriée. Si quelques imperfections surprennent un peu – approximations du cor, des pizzicati du deuxième mouvement – c'est pour mieux rendre compte de la qualité de l'ensemble.

    D'autant que Skrowaczewski a ses atouts propres qui font qu'il renouvelle tout un pan de l'interprétation brucknérienne tout en la reprenant à son compte : la transparence de l'orchestre et de la beauté des timbres constituent chez lui un souci constant. Le thème initial aux violoncelles, d'emblée très chanté, dénote une attention peu habituelle à l'articulation. En somme, une lecture qui, sans atteindre la radicalité de Zender, redonne à Bruckner davantage de lustre.

    Mais la comparaison entre les deux personnalités ne s'arrête pas là. Car Skrowaczewski est lui-même occasionnellement compositeur et c'est un an presque jour pour jour après que l'Auditorium ait proposé à Zender de défendre Bruckner aux côtés d'une de ses propres oeuvres, que le chef-compositeur polonais est invité à faire de même.

    Toute comparaison avec Zender sur l'envergure de la réflexion créatrice mise à part, le Concerto Nicolò pour piano – reprenant le célébrissime thème du dernier Caprice de Paganini – suffit à montrer un orchestrateur hors pair, se situant dans une optique typiquement XXe siècle par l'importance primordiale accordée au timbre. L'emploi de la percussion rappelle ainsi certaines atmosphères de Dutilleux tandis que le vibraphone utilisé en solo fait nettement songer à la 14e symphonie de Chostakovitch. Par ailleurs, le matériau thématique du Finale semble lui-même apparenté au Concerto de Schumann. On notera enfin que l'oeuvre est écrite dans la tradition des pièces pianistiques pour main gauche tissant habilement un lien fécond entre la virtuosité paganinienne et le défi technique.

    Ces références ajoutées à l'usage d'un thème abondamment utilisé – Brahms, Liszt, Rachmaninov – ne font pas pour autant du Concerto Nicolò un ready-made qui sombre dans la facilité. L'oeuvre se caractérise au contraire par une grande exigence ; le matériau thématique est d'ailleurs traité avec une telle liberté qu'il n'intervient bien souvent qu'en filigrane. Un extrême dépouillement côtoie des gestes névrotiques et compulsifs que l'Orchestre national de Lyon, avec la complicité du pianiste Gary Graffman, s'approprient aisément sous la baguette experte de Skrowaczewski.

    On regrettera une salle parsemée, alors que pour la seconde fois, l'Auditorium met de manière fort pertinente aux commandes de Bruckner une personnalité à la double-casquette. Et l'on se prend à rêver
    À qui le tour en 2007 ? Peut-être Pierre Boulez, qui sait ?




    Auditorium Maurice Ravel, Lyon
    Le 04/02/2006
    Benjamin GRENARD

    Concert de l'Orchestre national de Lyon sous la direction de Stanislaw Skrowaczewski, avec la participation du pianiste Gary Graffman à l'Auditorium Maurice Ravel, Lyon.
    Stanislaw Skrowaczewski (*1923)
    Concerto Nicolò pour piano (main gauche) et orchestre

    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 2 en ut mineur (1873)

    Orchestre national de Lyon
    direction : Stanislaw Skrowaczewski

     


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