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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2017

Récital de Juan Diego Florez accompagné au piano par Vincenzo Scalera au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Sous le soleil péruvien
© Trevor Leighton / Decca

Cinq minutes d'applaudissements avant même de commencer à chanter : dans un TCE plein à craquer, on se serait attendu à l'arrivée de quelque latin crooner. Celle du latin tenor Juan Diego Florez est à peu près équivalente. Le charme du chanteur péruvien déclenche un enthousiasme qui ira grandissant à mesure du concert.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 20/02/2006
Nicole DUAULT
 



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  • Juan Diego Florez n'est pas une découverte. La Cenerentola à l'Opéra de Paris, la Donna del lago à Montpellier ont beaucoup fait pour la renommée en France de cet ténor au timbre lumineux qui porte en lui le soleil même de la musique sud-américaine. Bien plus qu'à l'opéra, c'est en récital qu'un chanteur dévoile les qualités et les imperfections de son art. Aux côtés de Florez, au piano, un musicien qui n'est pas un simple accompagnateur. Vincenzo Scalera fut souvent le partenaire de Carlo Bergonzi, de Montserrat Caballe, de Renata Scotto ou encore de Leontina Vaduva, assise ce soir au premier rang de la corbeille.

    Année Mozart oblige, Florez débute son récital par trois airs pleins de tendresse du compositeur autrichien : Dies Bildnis, de Tamino dans la Flûte enchantée, Ah, lo veggio, de Ferrando dans Così fan tutte puis Il mio tesoro de Don Ottavio dans Don Giovanni. Voix pas assez chauffée, le ténor déçoit. Le public n'en a cure et applaudit à tout rompre. Pourtant Florez n'a ni le timbre, ni le phrasé, ni la couleur mozartienne et sa voix de tête s'avère un peu âpre et acide. Reste que ce n'était pas vraiment dans ce répertoire qu'on l'attendait.

    Des vocalises sensuelles et éclatantes

    Avec Rossini, il entre dans son élément. C'est au festival de Pesaro, en remplaçant un chanteur souffrant, que Florez se fit connaître et accueillir comme une révélation. C'était en 1996. Depuis, il est devenu l'une des plus belles voix du moment. Dans la mélodie l'Exilé, (Qui sempre ride il cielo) qui valorise l'agilité, il sidère par des roulades, des vocalises sensuelles, éclatantes. Ce feu d'artifice paraît jaillir simplement, naturellement, sans aucun effort. Cette leçon rayonnnante de bel canto rossinien, Florez la réitère toute la soirée sous les acclamations du public. Il ajoute en prime un brin d'ironie à Intesi, ah ! tutto intesi de Narciso dans le Turc en Italie.

    La démonstration est loin d'être terminée. Le Péruvien sait aussi émouvoir. Dans la mélancolie, celle de mélodies de Bellini, sa voix se fait transparence et raffinement, avant d'exposer un tranchant et la pureté d'un acier bien trempé dans la romance de Linda de Chamonix de Donizetti ou encore l'ardente passion dans le chant d'amour de Gennaro de Lucrèce Borgia.

    La palette miroitante de Juan Diego Florez est impressionnante de subtilité. Certes, le tenorino n'a pas ce qu'on peut appeler une « grande » voix, de celles par exemple du Pavarotti des splendides années, qui faisait vibrer. Et pourtant, le tenorissimo italien voit en le jeune chanteur l'un de ses plus brillants successeurs. Car Florez possède une intelligence bien au-delà de celle d'une bête de scène. C'est en cela sans doute qu'il subjugue la sensibilité des spectateurs d'aujourd'hui, sans jamais la moindre trace de vulgarité ou de racolage.

    Florez nous hisse au summum du luxe de l'art vocal. Il peut en bis se complaire à entonner des chansons populaires de son pays, car il sait en communiquer le plus intime, le plus personnel, de l'élégance et de la classe, sous un radieux soleil péruvien.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 20/02/2006
    Nicole DUAULT

    Récital de Juan Diego Florez accompagné au piano par Vincenzo Scalera au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Récital
    Juan Diego Florez, ténor
    Vincenzo Scalera, piano

     


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