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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

Partenope de Leonardo Vinci et de Georg Friedrich Haendel par La Cappella de'Turchini sous la direction d'Antonio Florio à la Cité de la Musique, Paris.

Partenope triomphante

Sonia Prina

Depuis la création de la Cappella de'Turchini, Antonio Florio s'est attaché à défendre le répertoire napolitain des XVIIe et XVIIIe siècles. Pour honorer Parthénope, mythe fondateur de la ville de Naples, le chef italien a mené ses troupes jusqu'à Londres, après un détour par Venise, révélant de superbes affinités avec l'opéra haendélien.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 28/02/2006
Mehdi MAHDAVI
 



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  • En Parthénope, mythe fondateur de la ville de Naples, deux personnages légendaires se confondent. Mais à la sirène au corps d'oiseau vaincue par la lyre d'Orphée, puis la ruse d'Ulysse, sur le corps échoué de laquelle fut bâtie la ville, le librettiste romain Silvio Stampiglia (1664-1724) a préféré la vierge grecque, fille du Roi de Thessalie, fondatrice de la ville après sa victoire sur le peuple de Cumes, héroïne idéale pour le dramma in musica alors en pleine mutation. Si le livret de Partenope ne manque pas de faire triompher la fidélité, ce membre fondateur de l'Académie de l'Arcadie se garde bien d'appliquer à la lettre les normes instituées par des réformateurs plus zélés, tel Apostolo Zeno, en s'illustrant dans le mélange des genres tant prisé à Venise.

    De Caldara à Vivaldi, et au gré des adaptations, le livret de Partenope, parfois transformé en Rosmira fedele, connut une fortune considérable durant la première moitié du XVIIIe siècle. À cet égard, la version de Leonardo Vinci, créée à Venise en 1725, n'est pas loin de réhabiliter le musicien calabrais, considéré comme le meilleur compositeur d'opéras de sa génération. Sa veine mélodique inépuisable permet en effet à l'intrigue de progresser avec une rare fluidité.

    Flattée par la tessiture courte et les accents belliqueux de Partenope, Sonia Prina ne fait qu'une bouchée de la vierge guerrière, malgré une justesse approximative et les gargarismes qui lui tiennent lieu de vocalises. Sans se départir de ses accents de soubrette, Maria Grazio Schiavo anime sa rivale Rosmira avec style et musicalité, la voix trémulante et la tessiture hybride de Maria Ercolano apportant une fragilité bienvenue au malheureux Arsace.

    L'esprit des intermèdes comiques

    Si l'élan qui caractérisait sa lecture lors de la première française de l'oeuvre au Festival de Beaune lui fait parfois défaut, Antonio Florio sait retrouver l'esprit des intermèdes comiques, où éclate le génie bouffe de Domenico Sarro, magistralement servi par l'irrésistible Eurilla de l'inénarrable Giuseppe de Vittorio.

    Le succès de l'opéra fut tel qu'il ne tarda pas à parvenir aux oreilles de Haendel, qui en réutilisa une douzaine d'airs dans son pasticcio Elpidia, avant d'en donner sa propre version en 1730. Sensiblement modifié, le livret de Stampiglia permit au caro sassone de s'illustrer dans un genre qu'il avait jusqu'alors peu fréquenté, la comédie. Confié à une soprano, Partenope n'en est que plus volage, tandis que la tessiture d'alto confère au travestissement de Rosmira davantage d'ambiguïté et de détermination.

    Malgré quelques inégalités d'émission et une justesse parfois très relative, Roberta Invernizzi et Sonia Prina y font preuve de vertus comparables, en lignes sculptées, ornées avec un art infini. Face au pouvoir suprême de l'idiome vocal, l'entourage ne peut que s'incliner. Renata Pokupic révèlerait pourtant une belle sensibilité si elle ne courait tant après les graves d'Arsace, alors que les belles manières de haute-contre à la française de Cyril Auvity sont loin de remplir la superbe armure d'Emilio.

    Dès lors, l'orchestre haendélien a toute latitude pour triompher, d'autant que pour son coup d'essai en la matière, Antonio Florio réalise un véritable coup de maître, tirant le maximum d'une Cappella de'Turchini tour à tour rutilante, subtile, ironique, et surtout théâtrale, comme pour mieux contredire les propos acerbes de l'impresario Owen Swiney : « Partenope [
    ] est le plus mauvais livret que j'ai lu de ma vie : Signor Stampiglia essaie d'y être humoristique et spirituel ». Il y est indiscutablement parvenu.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 28/02/2006
    Mehdi MAHDAVI

    Partenope de Leonardo Vinci et de Georg Friedrich Haendel par La Cappella de'Turchini sous la direction d'Antonio Florio à la Cité de la Musique, Paris.
    Dimanche 26 février

    Leonardo Vinci (1690 (?)-1730)
    Rosmira fedele (Partenope), opéra en trois actes (1725)
    Intermèdes comiques de Domenico Sarro (1679-1744)
    Livret de Silvio Stampiglia

    Sonia Prina (Partenope)
    Maria Ercolano (Arsace)
    Maria Grazia Schiavo (Rosmira)
    Lucia Cirillo (Emilio)
    Makoto Sakurada (Armindo)
    Rosario Totaro (Ormonte)
    Giuseppe Naviglio (Beltramme)
    Giuseppe de Vittorio (Eurilla)

    Mardi 28 février

    Georg Friedrich Haendel (1685-1759)
    Partenope, opéra en trois actes (1730)
    Livret de Silvio Stampiglia

    Roberta Invernizzi (Partenope)
    Renata Pokupic (Arsace)
    Sonia Prina (Rosmira)
    Cyril Auvity (Emilio)
    Valentina Varriale (Armindo)
    Christian Senn (Ormonte)

    La Cappella de'Turchini
    direction : Antonio Florio

     


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