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CRITIQUES DE CONCERTS 17 octobre 2018

Récital Piano**** de Stephen Kovacevich à salle Gaveau, Paris.

Leçon de sonates
© Jillian Edelstein

Avec un art infini, Stephen Kovacevich a défendu la sonate viennoise sur la quasi totalité de son histoire. De Mozart à Berg, en passant par Beethoven et Schubert, une magnifique leçon de musique et d'interprétation, de style et de réflexion. Encore un récital Piano**** de très haut vol.
 

Salle Gaveau, Paris
Le 27/03/2006
Gérard MANNONI
 



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  • La Sonate en mib majeur K. 282 de Mozart appartient à ce que l'on parfois appelé le style galant du compositeur. Écrite entre 1773 et 1774, elle oscille en effet entre un caractère un peu italianisant et un climat plus salzbourgeois, le tout dans une structure originale, commençant par un adagio que suivent deux menuets et un allegro. Nous sommes loin du climat dramatique d'autres pages du même type, mais il y a là autant à apprendre sur l'évolution de la forme sonate que sur celle de la sensibilité de Mozart à cette époque. Avec une sincérité qui ne recherche jamais les effets extérieurs, un toucher parfaitement adapté pour produire un son rond mais sobre, un phrasé d'un goût sans faille, Stephen Kovacevich rend tout cela absolument perceptible.

    Avec la Sonate n° 5 en ut mineur op. 10 de Beethoven, composée vers 1795, nous nous trouvons au commencement de cette grande histoire si évolutive que fut celle de la sonate beethovénienne. C'est une démonstration de ce que le compositeur pourra faire dans ce genre dont il contribuera plus que tout autre à fixer les normes. Mais ici également, on va de surprise en surprise, comme ce Finale qui se termine quasiment en point d'interrogation. On sait que Kovacevich est l'un des plus éminents beethovéniens de notre époque. Il en a apporté ce soir une preuve de plus, s'il en était besoin.

    Composée entre 1908 et 1909, la Sonate pour piano op. 1 de Berg eût été mieux placée en fin de deuxième partie qu'avant l'entracte, car elle marque un point d'aboutissement important de la forme. En un seul mouvement mais d'une grande complexité d'écriture et d'une richesse sonore incomparable, elle est aussi un passage dans l'oeuvre du compositeur, ancré dans un certain postromantisme, mais déjà en marche vers la modernité. Le pianiste y déploie des trésors de sonorités et de générosité, dans jamais brouiller la pureté des structures.

    La Sonate en la majeur D. 959 de Schubert, bien que n'étant pas la plus longue, constitue à elle seule la deuxième partie d'un programme finalement assez court. Témoignage touchant des derniers mois de la vie du compositeur, elle est une synthèse des rapports de Schubert avec le genre sonate et même de son rapport plus général avec la musique pour piano. On y retrouve tout ce qui fait le charme et la profondeur du plus discret et du plus désespéré des romantiques, avec ces couleurs de voyage, aussi bien celui de la Wanderer Fantaisie que du Voyage d'hiver ou de l'ultime voyage qu'il allait bientôt entreprendre.

    Beauté absolue, traduite avec autant de respect que de sensibilité par Kovacevich, interprète rare, assez miraculeux dans sa capacité à passer d'un monde à l'autre en gardant l'unité d'un style et d'une forme, avec un regard qui reste néanmoins personnel.




    Salle Gaveau, Paris
    Le 27/03/2006
    Gérard MANNONI

    Récital Piano**** de Stephen Kovacevich à salle Gaveau, Paris.
    Récital Stephen Kovacevich
    Mozart-Beethoven-Berg-Schubert

     


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