altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
dťsinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 26 septembre 2020

R√©cital du t√©nor Rolando Villaz√≥n accompagn√© par l'Orchestre national de France sous la direction de Marco Armiliato au Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris.

Le bonheur de chanter
© Ana Bloom

Il y a d√©sormais un style Villaz√≥n bien caract√©ris√© et √† nul autre pareil. Les concerts du t√©nor ne ressemblent √† aucuns autres. Au-del√† de toute analyse de qualit√©s vocales et musicales, incontestables, le Mexicain a su cr√©er un rapport affectif direct avec son auditoire. Il est gagnant d√®s qu'il para√ģt en sc√®ne, et il le m√©rite.
 

Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris
Le 01/04/2006
Gérard MANNONI
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Retour √† la vie moderne

  • Salzbourg 2020 (5) : R√©apprendre la coh√©sion

  • Salzbourg 2020 (4) : √Čvidence bruckn√©rienne

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Il a l'air tellement heureux de chanter et se donne avec tant de g√©n√©rosit√© et d'intensit√© dans tous les r√©pertoires qu'assister √† l'un de ses r√©citals constitue une exp√©rience √† part enti√®re. S'il entre et sort de sc√®ne quasiment au pas de charge, le sourire au l√®vres, l'¬úil allum√© d'un plaisir anticip√©, d√©j√† complice du public qui l'ovationne d'avance, il ne lui faut qu'un quart de seconde pour plonger dans le drame ou la grandeur d'un air avec toute son √©nergie et toute sa conviction.

    Charles Munch disait à ses musiciens de jouer à chaque concert comme si c'était le dernier de leur vie. Villazón, lui, chante chaque air comme s'il était vital pour lui, comme s'il voulait y investir une dernière fois toute sa puissance émotionnelle. C'est touchant, émouvant et quasiment toujours beau. Le geste, le regard, le visage, tout le corps accompagnent musique et parole avec une foi qui ne peut laisser indifférent.

    Très rares sont les artistes qui au concert, comme autrefois Elisabeth Schwarzkopf dans le domaine du Lied, donnent cette impression de vivre texte et musique du plus profond de leur corps et les traduisent justement de manière aussi physique et palpable. Le public est subjugué, conquis, et criera debout, pendant de longues minutes, son enthousiasme et sa reconnaissance devant une telle envie de donner sans la moindre restriction. Et puis, avouons-le, quand le chef est lui aussi toute décontraction, tout sourire, en totale complicité affectueuse et amicale avec le ténor, les deux hommes jeunes, simples et si talentueux, acquièrent un capital sympathie assez irrésistible.

    Magnifiques accompagnateurs

    Et la musique, dira-t-on ? Puisqu'il vient d'√™tre question du chef, Marco Armiliato m√©rite d√©j√† l'admiration pour la mani√®re dont il sait motiver les musiciens de l'Orchestre national de France dans un exercice que bien des grandes formations symphoniques prennent d'assez haut. Ici, tant dans l'accompagnement des airs que dans les passages purement orchestraux, orchestre et chef auront √©t√© magnifiques. On aura en particulier remarqu√© l'intervention de la petite harmonie dans l'ouverture de la Force du destin, grand moment de musique instrumentale rarement servi avec autant de go√Ľt et d'imagination.

    Quant au ténor lui-même, inutile de rappeler les qualités de couleur et la malléabilité d'une voix au timbre rayonnant, chaleureux, riche, ni la facilité d'une émission que seules les nécessités de l'expression dramatique semblent gouverner. Il y a bien un ou deux sons et quelques attaques un peu bizarres, mais des broutilles comparées à tant de notes et de phrases si amplement délivrées avec un souffle quasi inépuisable, apanage des voix bien placées.

    Reste la question : Villazón a-t-il eu raison de débuter son concert par deux airs de Mozart, le Dies Bildnis de Tamino et Il mio tesoro de Don Ottavio ? Pourquoi pas, même si ce n'est pas là que sa carrière trouvera ses meilleurs développements. Mais au moins, à ces airs si souvent chantés de manière un peu distanciée, un peu trop coincée dans un stylistiquement correct peu expressif, il apporte une couleur latine, une force expressive et dramatique qui leur donne une vie différente, un intérêt renouvelé.

    Un ténor soucieux de belcanto

    Et puis, il montre aussi √† quel point il ma√ģtrise non seulement l'art du sanglot lyrique adapt√© au v√©risme, mais, en vrai belcantiste, celui du phras√© et de la vocalise. Tosca, un Bal masqu√©, Lenski, Lucia de Lammermoor et m√™me le tr√®s oubli√© air du Mage de Massenet sont n√©anmoins plus dans sa voix et son temp√©rament, comme le Mamma quel vino de Cavalleria rusticana. On retrouve d'ailleurs la plupart de ces airs sur le CD que Virgin vient de publier. Michel Plasson y est √† la t√™te de l'Orchestre de la Radio munichoise et un DVD de quarante minutes nous initie aux secrets de l'enregistrement. Indispensable √† tout amateur de belles voix en g√©n√©ral et de t√©nors en particulier !

    Ne boudons donc pas notre plaisir devant un tel bonheur de donner du beau chant et du beau th√©√Ętre. Villaz√≥n rejoint ici, √† sa mani√®re, le mythe du grand t√©nor populaire, qu'il est sans doute le seul avec Roberto Alagna √† assumer avec pareil magn√©tisme et, certes, une personnalit√© diff√©rente. Nous avons bien de la chance, en ce d√©but de si√®cle, de poss√©der pareils artistes qui ont encore bien de l'avenir devant eux !




    Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris
    Le 01/04/2006
    Gérard MANNONI

    R√©cital du t√©nor Rolando Villaz√≥n accompagn√© par l'Orchestre national de France sous la direction de Marco Armiliato au Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris.
    Mozart-Donizetti-Massenet-Verdi-Tcha√Įkovski-Puccini-Mascagni
    Rolando Villazón, ténor
    Orchestre national de France
    direction : Marco Armiliato

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com