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CRITIQUES DE CONCERTS 21 octobre 2018

Solomon de Haendel par l'Orchestre de l'Âge des Lumières sous la direction de René Jacobs au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Salomon miraculé
© Alvaro Yanez

À l'instar de Gardiner dans les années 1980, René Jacobs affirme un peu plus sa domination sur l'oratorio haendélien à chaque nouvelle étape de son exploration des drames sacrés du caro sassone. Ainsi de Solomon, dont l'homme de théâtre sait parer le statisme glorificateur d'une palette orchestrale et chorale d'une richesse sans égale.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 04/04/2006
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Après une série d'oratorios guerriers d'une solennité à même de rivaliser, selon Catherine Talbot, spectatrice de Judas Maccabaeus, avec « le ululement des hiboux », Haendel eut à coeur de revenir à une musique moins prompte à flatter le goût des Anglais pour « quelque chose sur quoi ils puissent battre la mesure, quelque chose qui les frappe directement au tympan ».

    Oratorio de la paix retrouvée, Solomon chante la gloire du souverain en trois actes d'une fulgurante diversité. Sphères publique et privée s'y confondent en une succession de fresques sans lien dramatique pour peindre la foi, la sagesse, et la munificence de Salomon, permettant au compositeur de déployer une palette d'une richesse inouïe, du tendre duo d'amour du roi et de la fille du pharaon à la monumentale arrivée de la Reine de Saba, culminant dans la prière de la première prostituée.

    René Jacobs s'en saisit évidemment avec l'habileté d'un maître. Bien que l'Orchestra of the Age of Enlightenment n'ait ni la netteté d'attaque ni la sûreté d'intonation d'un Concerto Köln ou d'un Freiburger Barockorchester, partenaires haendéliens habituels du chef gantois, ce dernier sait en obtenir les couleurs les plus variées par un traitement infinitésimal du détail. Plus soucieux de progression que de respiration, il n'en exalte pas moins la sonorité épanouie du choeur de l'English Voices, dont l'étonnante souplesse ? rares sont les pupitres de sopranos capables de triller avec une telle régularité ? compense un certain défaut de clarté.

    Plus problématiques encore que dans le Messie de décembre dernier, les solistes, particulièrement insuffisants au premier acte, ne parviennent pourtant pas à faire vaciller le Temple. La basse sans relief d'Henry Waddington et le ténor ingrat mais parfaitement musicien de Jeremy Ovenden ne sont ainsi qu'un piètre soutien au Solomon dépourvu de majesté de David Hansen, dont le timbre peu séduisant et l'aigu court sont loin de justifier l'attribution à un contre-ténor d'une partie composée pour une mezzo-soprano.

    Fille du pharaon à la vocalise placide, Malin Christensson serait à peine plus marquante si son timbre de lait ne contrastait idéalement, dans le face à face entre les prostitués, avec la pugnacité de Marie Arnet, Reine de Saba d'une sensualité éclatante, jusque dans ses défaillances.

    Sans doute René Jacobs méritait-il mieux, mais ce qu'il obtient des forces en présence, sans toutefois égaler la réussite absolue de John Eliot Gardiner, est à bien des égards miraculeux.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 04/04/2006
    Mehdi MAHDAVI

    Solomon de Haendel par l'Orchestre de l'Âge des Lumières sous la direction de René Jacobs au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Georg Friedrich Haendel (1685-1759)
    Solomon, oratorio en trois actes HWV 67 (1749)
    Livret anonyme, attribué à Newburgh Hamilton

    The English Voices
    Orchestra of the Age of Enlightenment
    direction : René Jacobs

    Avec : David Hansen (Solomon), Malin Christensson (la fille du pharaon, première prostitué), Marie Arnet (seconde prostitué, la Reine de Saba), Jeremy Ovenden (Zadok), Henry Waddington (un lévite).
     



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