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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Nouvelle production de Simon Boccanegra de Verdi dans la mise en scène de Johan Simons et sous la direction de Sylvain Cambreling à l'Opéra de Paris.

L'expérience du vide
© Éric Mahoudeau

Pour son nouveau Simon Boccanegra, l'Opéra de Paris a misé sur une transposition contemporaine dans les affres de la politique italienne. Bonne idée en soi, n'était la déplorable vacuité d'un travail scénique ni fait ni à faire. Heureusement que les fulgurances de la fosse et l'homogénéité du plateau parviennent à faire vivre une partition qui demande avant tout qu'on y mette le feu.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 03/05/2006
Yannick MILLON
 



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  • Pour sa première mise en scène lyrique, le directeur du Théâtre municipal de Gand aura reçu un déluge de huées parmi les plus cuisants qu'on ait entendus dans une maison d'opéra. La sanction du public, qui avait auparavant ovationné les chanteurs, est rude, mais ce soir parfaitement méritée.

    Le postulat de base du Simon Boccanegra de Johan Simons, plutôt intéressant, n'est pas en cause ? une transposition dans l'Italie contemporaine sur fond d'insurrections, de meetings politiques et de corruption ? mais sa réalisation laisse vraiment à désirer. Le dispositif scénique, en premier lieu, frôle le misérabilisme : un lamé argent pour tout fond de scène, au milieu une estrade avec une affiche électorale, quelques rangées de chaises. Les costumes, ensuite, sont de ceux qu'on a vus cent fois et partout à travers le monde ? les costards-cravate et treillis dont plus une salle ne saurait se passer sous prétexte de modernité.

    Enfin, et c'est là le véritable point noir de cette nouvelle production, la direction d'acteurs frise le degré zéro. Une fois les entrées et sorties réglées ? grossièrement en ce qui concerne le choeur, qui vient par deux fois bombarder ses décibels en frontal, au bord de la fosse ?, la mise en scène s'enlise dans la vacuité la plus totale ? des airs, duos et ensembles au statisme amateur ? pour ne rien dire d'une première partie de premier acte donnée comme en version de concert, devant un autre lamé à l'avant-scène.

    En conséquence, pas une situation à laquelle on croie un tant soit peu, pas un semblant d'épaisseur psychologique chez des personnages cantonnés à de simples fonctions théâtrales ? un Paolo caricatural, un Fiesco torturé jusqu'au ridicule ? avec la gestuelle la plus éculée, bref, la terrible expérience du vide pendant quelque deux heures et quart de spectacle.

    © Éric Mahoudeau

    Situation d'autant plus dommageable que les forces musicales sont parmi ce qu'on peut espérer de mieux à notre époque. Le plateau d'abord, affiche un certain luxe quant aux clés de fa. Pour sa prise de rôle, Carlos Alvarez s'avère l'un des meilleurs Simon du moment, l'un des seuls à en domestiquer la tessiture très élevée, avec une émission d'une égalité admirable. Parfois un rien monochrome, l'incarnation devrait pouvoir rapidement gagner en vécu. Ferruccio Furlanetto, dont le timbre est à lui seul une présence, fait sienne la ligne vocale abyssale de Fiesco avec intelligence du texte et italianità, même si l'émission est aujourd'hui souvent engorgée. Franck Ferrari a la solidité et la veulerie requises pour Paolo, mais aussi la fêlure du timbre qui en fait d'emblée le traître de l'histoire.

    Les jeunes amants, tous deux surdistribués, affichent toutefois de belles qualités. Stefano Secco réserve un beau lyrisme et une indéniable justesse stylistique à Gabriele, même si l'aigu paraît souvent un peu fluet, et l'air au II empêtré dans une demi-teinte assez difficile. Ana María Martínez est une Amelia jeune, légère, qui gère aussi bien que ses moyens lui permettent une voix de poitrine verdienne pas très naturelle et un aigu joli mais peu incendiaire.

    Reste un élément d'importance sans lequel Simon ne peut prétendre à un vrai caractère, la direction d'orchestre. Peu italienne, la lecture analytique et très contrastée dans ses nuances de Sylvain Cambreling joue d'oppositions marquées, éminemment théâtrales, entre ample respiration, infimes pianissimi, calme inquiétude d'une part ? l'introduction du prologue, du I ? et brusques éclats dans les moments clé du drame ? fin du prologue ; malédiction au I ; Finale du II ? avec quelques coups de cravache aux cuivres et aux timbales du meilleur effet.




    Retransmission en direct sur France Musique le 20 mai à 19h30

    Retransmission en direct sur ARTE le 23 mai à 19h45




    Opéra Bastille, Paris
    Le 03/05/2006
    Yannick MILLON

    Nouvelle production de Simon Boccanegra de Verdi dans la mise en scène de Johan Simons et sous la direction de Sylvain Cambreling à l'Opéra de Paris.
    Guiseppe Verdi (1813-1901)
    Simon Boccanegra, melodramma en un prologue et trois actes (1857)
    Livret de Francesco Maria Piave et Arrigo Boito d'après la pièce d'Antonio Garcia Guttiérrez
    Version révisée de 1881

    Choeurs et Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : Sylvain Cambreling
    mise en scène : Johan Simons
    décors : Bert Neumann
    costumes : Nina von Mechow
    éclairages : Lothar Baumgarte
    préparation des choeurs : Peter Burian

    Avec :
    Carlos Alvarez (Simon Boccanegra), Ferruccio Furlanetto (Jacopo Fiesco), Ana María Martínez (Maria Boccanegra, aka Amelia Grimaldi), Stefano Secco (Gabriele Adorno), Franck Ferrari (Paolo Albiani), Nicolas Testé (Pietro), Jason Bridges (un araldo).

     



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