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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2019

Le Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach par Daniel Barenboïm à la Philharmonie de Berlin.

Le goût de l'intégralité
© Sheila Rock

Daniel Barenboïm a le goût des cycles, comme il l'a prouvé en 2002 avec un véritable marathon Wagner qui restera dans les annales de la direction wagnérienne. Pour les Festtage berlinoises de cette année, le chef et pianiste argentin avait choisi, au piano, de présenter sur deux soirées, en dehors du programme d'opéra, les deux cahiers du Clavier bien tempéré de Bach.
 

Philharmonie, Berlin
Le 15/04/2006
Hermann GRAMPP
 



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  • Daniel Barenboïm aime les aventures, comme il aime les cycles. Son approche musicale se caractérise de plus en plus par l'ambition de présenter les grandes oeuvres de l'histoire de la musique dans leur intégralité. Cela concerne surtout les deux compositeurs qui ont joué, dans sa vie, un rôle majeur : Beethoven et Wagner.

    En 2000, il gravait au disque les neuf symphonies de Beethoven, puis en 2002 à Berlin, lors des Festtage de la Staatsoper Unter den Linden dont il est le Generalmusikdirektor, il réalisait un incomparable tour de force en dirigeant les dix grands opéras de Wagner à deux reprises et sans interruption entre les deux cycles, soit vingt représentations wagnériennes en vingt-huit jours. Certainement un record dans l'histoire de la direction d'orchestre. Pour les Festtage de cette année, le chef-pianiste entreprend une aventure moins colossale sinon moins impressionnante : jouer les deux recueils du Clavier bien tempéré de Bach au milieu d'une série de représentations de Tristan et Parsifal.

    Bach et Wagner sont-ils bien compatibles ? Wagner, pianiste fort médiocre, éprouvait une grande admiration pour l'ancien maître de la musique allemande et surtout pour le Clavier bien tempéré. Le 14 décembre 1878, jouant quelques préludes et fugues, il confiait à Cosima que le Clavier était « la quintessence de l'art de Bach ». C'est donc, selon l'auteur du Ring, l'opus majeur de Bach que Barenboïm présente sur deux soirées, en s'inscrivant clairement dans une tradition romantique de l'interprétation, avec la conviction que l'oeuvre de Bach peut être jouée de façon « moderne » sans perdre sa valeur musicale.

    Subjectivité romantique

    Le pianiste emprunte, sur un Steinway bien entendu, la voie de la subjectivité romantique qui prône une interprétation personnelle des nuances, de la dynamique et de l'agogique, avec pour but ultime de ne suivre que son sentiment musical et de le transmettre pur et intact au public. Dès le premier Prélude en ut majeur, le ton est emprunt d'une largeur qui vise toujours l'aspect du tout. Et comme si Barenboim voulait faire comprendre qu'il conçoit ce cycle hétérogène comme un seul et même système musical, il garde avec la pédale le dernier mi de la fugue en mi majeur pour enchaîner sans pause avec le mi du prélude en mi mineur.

    Certes, l'oeuvre perd un peu de sa précision digitale, et l'on assiste plutôt à l'élaboration d'un splendide flou organique, au risque de perdre tel ou tel détail. Dans le fond, est-ce si grave quand le but est d'atteindre une vision de l'oeuvre très claire, aux accents très prononcés ? Car lors de ces deux soirées, on se sent guidé par la main de Barenboïm, dans un grand souffle, vers le point culminant des deux Fugues en si mineur qui laissent, surtout à la fin du deuxième livre, l'impression d'un cycle qui s'achève.




    Philharmonie, Berlin
    Le 15/04/2006
    Hermann GRAMPP

    Le Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach par Daniel Barenboïm à la Philharmonie de Berlin.
    Jean-Sébastien Bach (1685-1750)
    Le Clavier bien tempéré, Volume 1 (1722) et 2 (1743)
    Daniel Barenboïm, piano

     


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