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CRITIQUES DE CONCERTS 19 aoűt 2019

Nouvelle production de Boris Godounov de Moussorgski dans la mise en scène de Klaus Michael Grüber et sous la direction de Kazushi Ono à la Monnaie de Bruxelles.

Le rayonnant Tsar de José Van Dam
© Ruth Walz

José Van Dam (Boris) et Dimitri Voropaev (l'Innocent).

Depuis Parsifal il y a presque dix ans, Klaus Michael Grüber n'avait pas retravaillé à la Monnaie. Pour ce nouveau Boris Godounov dans sa version initiale de 1869, l'Allemand signe une mise en scène magnifique qui ne va pas sans rappeler l'iconographie religieuse, et bénéficie de la présence rayonnante de José Van Dam dans le rôle-titre.
 

Théâtre royal de la Monnaie, Bruxelles
Le 30/04/2006
Nicole DUAULT
 



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  • Miguel Barroso est dans la salle de la Monnaie de Bruxelles ce dimanche après-midi. Peut-ĂŞtre un bon signe que cette prĂ©sence du prĂ©sident de la Commission europĂ©enne qui, depuis le dĂ©but de son mandat, cherche Ă  donner une place plus importante Ă  la Culture. Gerard Mortier, directeur de l'OpĂ©ra de Paris et ancien patron de la Monnaie, est lĂ  lui aussi ainsi que le chef d'orchestre Sylvain Cambreling.

    C'est la septième représentation. Et, depuis la première, l'enthousiasme pour ce Boris va croissant. La mise en scène triomphe d'abord, avec ses splendides mouvements de foule, ses choeurs et ses figurants en costumes sans âge, ses hommes ordinaires, ses oubliés de l'Histoire. Le décor du peintre espagnol Eduardo Arroyo est constitué d'une grande toile de fond bleu oriental où, au premier acte et au final est fixé un ange aux ailes blanches. Des ailes tombantes, sans doute accablées par le destin du tsar régicide rattrapé par son crime. Sans doute un écho à un un Boris auréé de la tête au pieds, un grand manteau déployant ses basques immenses.

    © Ruth Walz

    Vindicatif, arrogant, le Tsar porte en lui dès sa première apparition la fureur désespérée d'une bête déjà blessée. Et, au moment d'expirer, il s'affale, les ailes d'or écartées, tel un gigantesque et dérisoire papillon épinglé. Les tableaux à la fois vivants et statiques comme des icônes fourmillent de références plastiques. Pimène, vieux moine chroniqueur, est accompagné, tel Saint Jérôme dans l'iconographie religieuse, d'un lion couché à ses pieds.

    La scène de la forêt de Kromy, si souvent coupée afin que l'oeuvre se termine sur la mort de Boris, est un clin d'œil à l'histoire russe autant ancienne que récente : une capsule nucléaire évoque le drame de Tchernobyl. Quant à Dimitri, nouveau tsarevitch, il saute sur un cheval cabré qui rappelle celui des statues équestres de Pierre Le Grand.

    Bernard Foccroulle, directeur de la Monnaie, explique avoir choisi la version sans l'acte polonais qui selon lui brise la courbe globale de l'oeuvre. Et s'il a maintenu la dernière scène après la mort de Boris, si belle sur le plan musical, c'est parce que, selon lui, elle montre que la vie continue, par un renversement des valeurs et le basculement dans l'avenir révolutionnaire tandis que s'élève la plainte de l'Innocent.

    L'oiseau noir de De la maison des morts

    Liens entre GrĂĽber et JosĂ© Van Dam, un arbre coupĂ© et un oiseau noir du goulag nous renvoient Ă  l'une des plus Ă©tonnantes rĂ©alisations du metteur en scène, De la maison des morts de Janaček que chantait en 2005 le baryton belge Ă  la Bastille. A l'OpĂ©ra de Paris, on ne voyait alors que lui et sa prĂ©sence fulgurante. Cette saison encore, dans l'Amour des trois oranges, toujours sur cette mĂŞme scène parisienne, il nous captivait grâce Ă  cette aura singulière que l'on retrouvera sans doute le moins prochain dans son MĂ©phistophĂ©lès de la Damnation de Faust.

    Certes, la voix n'a plus la puissance de naguère, mais Van Dam supplée cette carence due à l'âge par une expression plus intense des sentiments. Il donne une vraie leçon vocale avec une ligne de chant très liée qui force le respect, y compris parmi les interprètes russes de la production. Van Dam que l'on a entendu si souvent en Boris – à Toulouse et surtout voilà vingt ans au Cirque Royal de Bruxelles dans la réalisation d'Adolf Dresen, pendant les travaux de la Monnaie – accentue encore la folie du tsar, le remords qui finira par le tuer.

    L'ensemble de la distribution, avec notamment le Pimène d'Anatoli Kotscherga, le jeune Féodor de la ravissante mezzo croate Janja Vuletic et l'orchestre sous la baguette du directeur musical de la maison Kazushi Ono sont à l'unisson du talent rayonnant du baryton belge.




    Théâtre royal de la Monnaie, Bruxelles
    Le 30/04/2006
    Nicole DUAULT

    Nouvelle production de Boris Godounov de Moussorgski dans la mise en scène de Klaus Michael Grüber et sous la direction de Kazushi Ono à la Monnaie de Bruxelles.
    Modest Moussorgski (1839-1881)
    Boris Godounov, opéra en un prologue et trois actes
    Version initiale de 1869

    Choeurs et Orchestre symphonique de la Monnaie
    direction : Kazushi Ono
    mise en scène : Klaus Michael Grüber
    décors : Eduardo Arroyo
    costumes : Rudy Sabounghi
    Ă©clairages : Dominique Borrini
    préparation des choeurs : Piers Maxim

    Avec :
    José Van Dam (Boris Godounov), Janja Vuletic (Féodor), Irina Samoilova (Xénia), Nina Romanova (la Nourrice) Ian Caley (Chouïski), Andrey Breus (Chtchelkalov), Anatoli Kotscherga (Pimène), Vsevolod Grivnov (Grigori / le faux Dimitri), Vladimir Matorin (Varlaam), Vjacheslav Voynarovskiy (Missaïl), Eketerina Gubanova (l'Aubergiste), Jacques Does (Nikitich / un officier de Police), Dimitri Voropaev (l'Innocent), Bernard Giovani (Levitski), Marcel Schmitz (Tchernikovski), André Platounov (un boyard), René Laryea (Krouchtchev), Aldo de Vernati (Mitioukha).

     



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