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CRITIQUES DE CONCERTS 11 juillet 2020

Première au Grand Théâtre de Genève de la Clémence de Titus de Mozart mise en scène par Yannis Kokkos et sous la direction de Christian Zacharias.

La Clemenza DiDonato
© Ariane Arlotti / GTG

Anna Caterina Antonacci (Vittelia) et Joyce DiDonato (Sextus).

Avec pas moins de six enregistrements, dont quatre nouveautés, la Clémence de Titus restera comme le grand vainqueur de l'année Mozart, réhabilitation définitive d'une oeuvre condamnée au purgatoire dès sa création. D'un luxe quasi-discographique, la distribution réunie à Genève n'a pas vraiment tenu ses promesses, à l'exception du Sesto absolu de Joyce DiDonato.
 

Bâtiment des Forces motrices, Genève
Le 06/05/2006
Mehdi MAHDAVI
 



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    Aussi prestigieuse soit-elle, la distribution du retour genevois de cet opera seria réduit en véritable opéra par Signore Mazzolà, selon l'expression même de Mozart, promettait sans doute davantage qu'elle ne pouvait tenir. Face à un Publius et une Servilia ordinaires de voix comme d'expression, l'Annius de Marie-Claude Chappuis rayonne. Superbe de timbre, de conduite, de jeunesse et d'investissement, la mezzo-soprano suisse n'en paraît pas moins tendue dans les phrases les plus exposées de son second air.

    Charles Workman (Titus) / © Ariane Arlotti / GTG

    De stature, de diction et de couleur, à la fois sombre et claironnante, Charles Workman est un Titus idéal. Mais son émission contrainte lui interdit tout legato et toute variation dynamique, sinon détimbrée. Dès lors, cette voix ferme et virtuose ne laisse jamais le doute s'insinuer dans l'esprit de l'empereur. De même, Anna Caterina Antonacci possède comme peu avant elle l'exacte couleur de Vitellia, sombre flamme à l'italianità mordante dans le grave et le médium, en vocalises conquérantes.

    Mais la soprano italienne, sacrée diva assoluta un peu aveuglément après une Cassandre certes incendiaire, mais que ses prestations ultérieures ont été loin d'égaler, a malheureusement toutes les peines du monde à venir à bout d'un rôle dont elle ne maîtrise pas l'ambitus meurtrier. Le redoutable trio Vengo
    aspettate
    Sesto !
    la laisse ainsi à court de timbre et de souffle, bridée dans ses élans tragiques par d'indispensables précautions, dont pâtit la ligne rebelle d'un Non più di fiori aux registres superbement fondus.

    Le Sextus absolu de Joyce DiDonato

    Une fois admis que Sextus est le travesti mozartien le plus gratifiant pour une mezzo dotée d'un minimum d'extension et d'agilité, Joyce DiDonato s'y révèle d'emblée exceptionnelle, absolue même, tant elle y déploie les meilleures qualités de ses plus illustres devancières, transcendées par cette violence frémissante qui n'est qu'à elle. Possédée, ardente, dardée dans sa fragilité, la vocalité mozartienne lui inspire les accents les plus saisissants sur une palette dynamique d'une exceptionnelle richesse, expression d'une présence vibrante que Yannis Kokkos semble livrer à elle-même, sans en explorer l'inestimable force, pas plus qu'il ne dirige les formidables acteurs que sont Antonacci et Workman, comme prisonniers de leur corps.

    Et plutôt que de mettre à profit l'exiguïté de la scène en se concentrant sur les conflits entre sphères publique et privée, le metteur en scène tente d'exalter la dimension rituelle du pardon, comme pour mieux fraterniser avec la Flûte enchantée, sans parvenir à dépasser les contraintes d'une scénographie plus étouffée que dépouillée.

    Pour ses premiers pas dans la fosse, Christian Zacharias sait ne pas figer le discours en évitant une lecture concertante, mais ne parvient pas toujours à composer avec la sécheresse du lieu, peu flatteuse pour un Orchestre de chambre de Lausanne dont les sonorités se révèlent trop uniment claires et les accents insuffisamment précis et variés, sans fulgurance aucune dans un Finale de premier acte embrasé par l'incandescente Joyce DiDonato.




    Bâtiment des Forces motrices, Genève
    Le 06/05/2006
    Mehdi MAHDAVI

    Première au Grand Théâtre de Genève de la Clémence de Titus de Mozart mise en scène par Yannis Kokkos et sous la direction de Christian Zacharias.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    La Clemenza di Tito, opera seria en deux actes
    Livret de Pietro Metastasio adapté par Caterino Mazzolà

    Choeur du Grand Théâtre
    Orchestre de chambre de Lausanne
    direction : Christian Zacharias
    mise en scène, décors et costumes : Yannis Kokkos
    Ă©clairages : Patrice Trottier

    Avec :
    Charles Workman (Tito), Anna Caterina Antonacci (Vitellia), Joyce DiDonato (Sesto), Marie-Claude Chappuis (Annio), Corinna Mologni (Servilia), Martin Snell (Publio).

     



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