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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2018

Récital de Matthias Goerne accompagné au piano par Alexander Schmalcx à la Cité de la Musique, Paris.

L'homme est-il une femme comme les autres ?

Choix curieux et un peu provocateur pour le programme de ce récital du baryton Matthias Goerne à la Cité de la Musique, avec une majorité de Lieder traditionnellement attachés au répertoire féminin. Une réussite inégale, accompagnée au piano par le toujours inspiré Alexander Schmalcx.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 27/04/2006
Gérard MANNONI
 



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  • Il est bien évident qu'avec un artiste de la qualité de Matthias Goerne, on ne court pas grand risque d'être réellement déçu. Même si ce soir, la voix n?est pas au mieux de sa forme, légèrement brumeuse par instants, la musicalité du timbre, l'intelligence de l'interprétation, le rapport au texte et au style, tout se situe à un très haut niveau.

    Le baryton est chez lui dans cet univers, dominant l'esprit et la lettre d'un répertoire qu'il a appris auprès des plus illustres maîtres et qu'il pratique dans le monde entier et au disque avec un incontestable succès. Quelles sont, néanmoins, les raisons qui l'ont poussé à choisir, entre autres, deux groupes de lieder du répertoire féminin, et notamment celui, tout de même très particulier, des Amours et de la vie d'une femme de Schumann ? L'idée que toute oeuvre est nécessairement autobiographique ? Flaubert a dit, il est vrai, « Madame Bovary, c'est moi ». Le désir de sortir des sentiers battus par ses collègues ? L'envie de tenter les mêmes expériences qu'une Christa LKudwig chantant le Voyage d'hiver ? On ne sait trop, mais il faut reconnaître que l'initiative n'est pas vraiment couronnée de succès.

    Certes, rien à reprocher quant au traitement de la musique, sauf une certaine difficulté à maîtriser quelques petits ornements où la voix masculine manque de souplesse. Une belle intériorité, aussi, et un vrai sens philosophico-poétique, comme il convient à ces pages de Schumann. Mais il reste qu'au-delà même de la vraisemblance du texte pour certains poèmes surtout, c'est une couleur de voix qui convient moins, une sincérité qui paraît plus factice, bref, une approche qui, si elle ne trahit pas fondamentalement le cycle, n'y apporte rien de positif justifiant ce choix.

    Il en va tout autrement des Wesendonck Lieder de Wagner, d'inspiration fort différente. La passion y est moins connotée du côté féminin, même si l'auteur des poèmes, Mathilde Wesendonck, était bien une femme. La passion, le rêve, les exaltations exprimés, peuvent aussi bien être ceux d'un homme. Matthias Goerne y est beaucoup plus convaincant car d'une certaine manière plus à l'aise, peut-être même inconsciemment. Son art du phrasé et de l'accentuation, un bel investissement émotionnel généreux mais sans excès confèrent à son interprétation un climat de passion brûlante mais noble, bien dans l'esprit de Tristan.

    Trois belles mélodies de Schumann et les Quatre Lieder op. 2 de Berg complètent cet étrange programme, et c'est sans doute chez l'auteur de Lulu que Matthias Goerne, avec son excellent partenaire Alexander Schmalcx, donne la meilleure image de lui-même.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 27/04/2006
    Gérard MANNONI

    Récital de Matthias Goerne accompagné au piano par Alexander Schmalcx à la Cité de la Musique, Paris.
    Schumann, Berg, Wagner
    Matthias Goerne, baryton
    Alexander Schmalcx, piano

     


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