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CRITIQUES DE CONCERTS 20 juillet 2018

Version de concert des Indes galantes de Rameau sous la direction de Jean-Claude Malgoire au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Les Indes pimpantes

Salomé Haller

Y a-t-il oeuvre plus jubilatoire que les Indes Galantes ? Jean-Claude Malgoire ne s'y est pas trompé, qui clôt son jubilé en beauté avec l'Opéra-ballet le plus exotique de Rameau, relevant haut la main le défi de la version de concert grâce à une Grande Écurie fringante et une distribution dominée par une Salomé Haller aux mille facettes.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 10/05/2006
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Pionnier en Rameau comme en tout, Jean-Claude Malgoire gravait avec les Indes galantes son premier opéra, encore tout ébloui de la production légendaire de Maurice Lehmann, qui signa le retour de Rameau à l'Opéra de Paris. Depuis ce premier essai sur instruments d'époque, William Christie a fait sien cet Opéra-ballet, imposant sa vision élégante mais souvent trop lisse d'Aix-en-Provence à Zurich.

    Après une Alceste de Lully transformée en interminable scène de sommeil, Malgoire revient à Rameau avec la même énergie renouvelée que pour son enthousiasmant Orfeo de Monteverdi. Précise, variée, et surtout bien plus contrastée, de tempête en tremblement en de terre, que ne peut l'être celle de Christie, sa direction anime chacune des entrées avec le même sens du théâtre et du divertissement, palliant la frustration de la version de concert par le spectacle d'un orchestre régénéré. Car malgré quelques défauts de mise en place, la Grande Écurie, secondée par l'impeccable Choeur de chambre de Namur, se révèle à son plus homogène, et surtout son plus brillant, avec des vents superlatifs ? traverso de rêve ? et des cordes le plus souvent exultantes.

    Sans star, mais formée d'une équipe jeune et concernée, au français superlatif, la distribution est dominée par Salomé Haller, dont la maîtrise stylistique kaléidoscopique et la présence réjouissante donnent à chacune des entrées auxquelles elle est conviée un surcroît de vie grâce à une déclamation tour à tour blessée ? le Turc généreux ? et spirituelle ? une Zima débordante de fantaisie à la vocalise virevoltante, bien que privée de Régnez, plaisirs et jeux, dans les très fameux Sauvages. Que l'aigu ne soit pas des plus aisés, parfois même agressif, n'est que vétille, comparé à une palette de couleurs scintillantes et spontanées.

    Délicate et expressive, la voix d'une ampleur trop limitée de Cyrille Gerstenhaber se trouve assez injustement éclipsée par le soprano lumineux et virtuose, mais un rien scolaire de Liliana Faraon, rossignol idéal pour les Papillons inconstants, auquel Malgoire permet de briller davantage encore en intégrant à la Fête persane l'air italien Fra le pupille, où Rameau fait valoir des dons incontestables pour le pasticcio.

    S'ils manquent respectivement d'éclat et de creux pour en imposer par leurs seules voix, Alain Buet et Nigel Smith n'en savent pas moins croquer leurs personnages dans le temps limité de chaque entrée, tandis que le défi de la haute-contre à la française est remporté par James Oxley, de son timbre peu amène mais fièrement projeté, quand Cyril Auvity, certainement plus raffiné malgré son incapacité à exécuter le moindre tremblement, se bat avec la vocalité ramiste, que son émission éprouvée par un appui laryngé constant, contraint à la plus anodine raideur.

    En attendant le retour inespéré de Gardiner dans Castor et Pollux la saison prochaine, Jean-Claude Malgoire prouve que, malgré les offensives violentes, et parfois outrées, d'un Minkowski, les anciens ont encore bien des choses à nous apprendre sur Rameau, qui n'est en aucun cas affaire de mode, achevant son jubilé sur le plus pimpant des points d'orgue.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 10/05/2006
    Mehdi MAHDAVI

    Version de concert des Indes galantes de Rameau sous la direction de Jean-Claude Malgoire au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
    Les Indes galantes, opéra-ballet en un prologue et quatre actes (1735)
    Livret de Louis Fuzelier

    Choeur de chambre de Namur
    La Grande Écurie et la Chambre du Roy
    direction : Jean-Claude Malgoire

    Avec :
    Salomé Haller (Hébé, Émilie, Zima), Cyrille Gerstenhaber (Phani, Zaïre), Liliana Faraon (Amour, Fatime), Cyril Auvity (Valère, Tacmas, Damon), James Oxley (Carlos, Adario), Nigel Smith (Bellone, Huascar), Alain Buet (Osman, Ali, Alvar).

     



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