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CRITIQUES DE CONCERTS 22 mai 2018

Récital de la soprano Natalie Dessay et du ténor Rolando Villazón accompagnés par l'Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Myung-Whun Chung dans le cadre des Grandes voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Un duo sous le signe du plaisir
© D. Maignan

Natalie Dessay, Rolando Villazón et Myung-Whun Chung.

Ils forment un couple magnétique. Tous deux très attachés à l'aspect théâtral de l'opéra, Natalie Dessay et Rolando Villazón ont réussi à desserrer le corset de l'exercice du récital devant une salle littéralement en transe. Une forme de consécration pour deux véritables stars du classique chez qui le plaisir de chanter s'avère à chaque fois aussi communicatif.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 30/04/2006
Séverine GARNIER
 



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  • Pour beaucoup de spectateurs du Théâtre des Champs-Élysées, ce récital signifiait le retour de la soprano française Natalie Dessay. Après quelques concerts annulés la saison dernière et un hiver international très riche, la revoilà sur une grande scène parisienne. La coquine Natalie a joué du répertoire pour faire une chiquenaude aux mauvaises langues qui la voyaient déjà faire ses adieux. Elle prend pour ce faire la voix de Manon de Massenet et murmure au public « N'est-ce plus ma voix ? N'est-elle pour toi plus une caresse
    comme autrefois ?
     » Moment envoûtant, de voix aussi magnifique et précise qu'autrefois, mais avec un supplément de profondeur et de suavité.

    La soprano choisit d'ailleurs comme bis l'air d'Antonia des Contes d'Hoffmann dans lequel elle se demande si elle a perdu sa voix, allusion sans doute aux difficultés que ses cordes vocales ont dû endurer ces dernières années. En dépit de prises d'air souvent trop bruyantes, Natalie Dessay offre des sons nets qui ne laissent aucune place au hasard. L'ancienne colorature prouve qu'elle a réussi à transformer sa technique pour aborder sans encombre des rôles de soprano lyrique. Elle choisit d'ailleurs comme brillante démonstration le célèbre E strano ! de La Traviata, montrant qu'elle est tout à fait prête à aborder Violetta dans les années à venir à Paris. Elle parvient même ce soir à dérider le bien sérieux Myung-Whun Chung, qui à peine terminées les dernières notes de l'air de Juliette Dieu ! Quel frisson !, se retourne vivement pour l'applaudir.

    La Traviata se révèle un terrain de jeu idéal pour Rolando Villazón également, qui n'avait rien à craindre du public français. Ce séducteur au style latin décontracté ? sans cravate, il arbore sur son costume noir une grande fleur de tissu noir à la boutonnière ? a déjà dans sa poche une salle conquise d'avance. Toute émotion dehors, de grands yeux noirs tantôt mi-clos, tantôt grands ouverts, un plissement de front scénarisé, le ténor est parfait en amoureux transi, qu'il s'agisse d'Alfredo ou du jeune Roméo.

    Amusé par ce numéro de charme, on serait prêt à fondre si ne venait la deuxième partie du récital, consacrée aux airs français, dans lesquels la diction du Mexicain s'avère très décevante. Il faut dire qu'il n'avait pas choisi la simplicité avec l'air du Cid de Massenet au célèbre refrain O souverain, O juge, O père ! On lui pardonnerait sans peine cette lacune s'il n'y avait les duos, dans lesquels la voix de ténor fait un écho déformant à celle de la soprano et sa diction sans faille.

    Heureusement, le suave Rolando campe un excellent partenaire pour la pétillante Française. Et pas de doute, ils s'amusent bien ensemble. Enveloppés par le Philharmonique, on les sent un peu coincés par l'armée de micros sur pied qui les entourent. On aurait pu craindre une parodie de récital avec deux chanteurs figés, se tenant à un mètre l'un de l'autre, chacun devant son piquet radiophonique. Heureusement, Villazón a osé braver les éventuelles foudres des ingénieurs du son en prenant la main de sa compagne d'un soir dans Roméo et Juliette, en la serrant dans ses bras dans Manon ou en prétendant lui voler un baiser entre deux bis. Les deux artistes ont le théâtre au coeur et font vibrer la musique comme les drames. Leur complicité vocale et théâtrale s'énonce toujours sous les atours d'un plaisir communicatif.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 30/04/2006
    Séverine GARNIER

    Récital de la soprano Natalie Dessay et du ténor Rolando Villazón accompagnés par l'Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Myung-Whun Chung dans le cadre des Grandes voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Verdi, Donizetti, Gounod et Massenet
    Natalie Dessay, soprano
    Rolando Villazón, ténor

    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Myung-Whun Chung

     


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