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CRITIQUES DE CONCERTS 03 juillet 2020

Récital du pianiste Nicholas Angelich à l'Auditorium du Louvre, Paris.

Angelich sur les cimes

Nicolas Angelich

Dans un programme o√Ļ il a d√©j√† fait ses preuves, Nicholas Angelich a confirm√© lors d'un court r√©cital de midi √† l'Auditorium du Mus√©e du Louvre la valeur et l'int√©r√™t de son apport dans l'approche actuelle du grand r√©pertoire romantique. Un jeu impressionnant de ma√ģtrise et d'intelligence dans l'approche de ma√ģtres du clavier comme Beethoven ou Brahms.
 

Auditorium du Louvre, Paris
Le 11/04/2006
Gérard MANNONI
 



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  • Son r√©cent disque Brahms est l√† pour en t√©moigner : Nicholas Angelich est aujourd'hui parvenu √† un degr√© de maturit√© artistique qui d√©passe largement la simple prouesse technique et digitale. Certes, il prend plaisir √† adopter souvent des tempi extr√™mes, comme dans le premier mouvement de la Sonate Waldstein de Beethoven ou dans les Variations Paganini de Brahms.

    Et l√†, c'est vrai, on est d'abord admiratif devant tant de s√Ľret√© et d'habilit√© digitiale, devant la souplesse, la fermet√© et l'agilit√© du travail de bras et de poignets. Une sorte d'√©motion au premier degr√©, comme en procurent d'ailleurs beaucoup de ses contemporains.

    Mais, comme il joue aussi la 12e sonate de Beethoven et les 2 rhapsodies op. 79 de Brahms qui appellent des climats plus calmes ¬Ė tout comme le deuxi√®me mouvement de la Waldstein ¬Ė on se rend vite compte que toutes ces interpr√©tations vont infiniment au-del√† et qu'un propos des plus approfondis soutient ces √©difices.

    Le Beethoven de Nicholas Angelich est bien s√Ľr respectueux d'une certaine tradition et de r√®gles de base incontournables. N√©anmoins, par le jeu des accentuations souvent nouvelles et inattendues, par la mani√®re dont certaines phrases sont dessin√©es, model√©es, color√©es ¬Ė et on pense encore au deuxi√®me mouvement de la Waldstein ou √† certaines variations de Brahms, y compris les plus acrobatiques ¬Ė c'est un √©clairage diff√©rent qui est port√© sur le piano romantique, ou tout au moins une approche si pertinente qu'elle donne √† r√©fl√©chir.

    Il n'y a là rien d'ostentatoire. Juste une terrible et absolue sincérité qui révèle de manière exemplaire comment on peut vivre aujourd'hui, à 35 ans, des pages qui regorgent d'une sève vitale si souvent oubliée au fil des ans et des écoles. Alors, on reçoit cela en plein visage, ou en plein coeur, selon la nature des oeuvres.

    Plus qu'une redécouverte, il s'agit d'une nouvelle appropriation mise à la disposition de notre sensibilité. Il y a assez de repères pour qu'on ne s'affole pas, mais assez de personnalité pour que le voyage proposé soit pour nous stimulant, différent, bien plus proche de nous et nous pousse même à écouter d'autres interprétations d'une oreille plus perspicace, plus exigeante. C'est impressionnant de talent, et aussi d'intelligence.




    Auditorium du Louvre, Paris
    Le 11/04/2006
    Gérard MANNONI

    Récital du pianiste Nicholas Angelich à l'Auditorium du Louvre, Paris.
    Beethoven¬ĖBrahms
    Nicholas Angelich, piano

     


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