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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Concert de l'Orchestre du Capitole de Toulouse sous la direction de Tugan Sokhiev au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

La Fantastique à la rescousse

Bilan mitigé pour cette première apparition parisienne du jeune Tugan Sokhiev à la tête de son Orchestre du Capitole de Toulouse. Après une première partie où Debussy et Ravel s'embourbent loin de toute esthétique française, une Symphonie fantastique haletante et menée de main de maître remet les pendules à l'heure.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 24/05/2006
Yannick MILLON
 



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  • Un programme cent pour cent français pour une première apparition parisienne à la tête de la formation dont il a été nommé directeur musical l'année passée : le jeune chef ossète Tugan Sokhiev n'a visiblement pas froid aux yeux, surtout en succédant à Michel Plasson dont on sait les accointances avec le répertoire national.

    Seulement, la première partie de la soirée reste bien en-deçà des espérances. Le Prélude à l'après-midi d'un faune, d'abord, s'enlise très vite dans le rubato, dans des suspensions de fins de phrases hors-sujet, dans une touffeur et une luxuriance orchestrales que n'aurait sans doute pas dénigrées un Karajan mais qui semblent bien loin des textures aérées et vaporeuses, de l'orchestration tout en touches, de l'esprit même d'une musique ici engluée dans une lenteur rien moins que chorégraphique et un symphonisme mal à propos.

    À l'orchestre, les mêmes caractéristiques demeurent dans Shéhérazade de Ravel, qui s'y plie toutefois moins mal. C'est surtout la partie vocale qui pose véritablement problème, en raison du timbre anémié et de l'émission livide de Magdalena Kozená, presque méconnaissable ce soir. Voûtée comme si l'exercice lui était pénible, la mezzo délivre un chant chaotique et heurté, problématique de diction sinon de prononciation, sans une once de legato, en aigus criés, avec pour servir l'univers tout de suggestion et de nostalgique évocation de Tristan Klingsor des effets véristes et des attaques par en-dessous à hurler.

    En deuxième partie de soirée, on croirait assister à un autre concert où d'emblée, la première phrase de la Symphonie fantastique de Berlioz sait capter l'attention. Malgré de fréquents incidents de parcours et une texture orchestrale pas toujours très propre, l'Orchestre du Capitole de Toulouse y brille de mille feux et semble enivré par la battue électrisante de son nouveau chef, qui ne fait qu'une bouchée de Rêveries-Passions, avec de soudaines successions d'élans puis de prostrations parfaitement maniaco-dépressives, illustrant au mieux la confusion mentale du héros berliozien.

    Sabbat psychédélique et transe munchienne

    Il est jusqu'au Bal d'exhaler des vapeurs d'opium, avant les abîmes frénétiques d'une Marche au supplice et surtout d'un Songe d'une nuit de sabbat psychédéliques et fracassants, où une parfaite gestion de la dynamique et un brin d'hystérie tout à fait de circonstance, quelques éclats grisants, des tempi rapides, une énergie à la cravache, des cordes graves, tubas et cloches sinistres et éloquents viennent sonner l'heure de la damnation.

    Les timbales et les cuivres toulousains, chauffés à blanc, participent en plein à une transe quasi munchienne servant au mieux les débordements d'un compositeur échevelé qui pour calmer ses ardeurs amoureuses aimait à se rouler dans la neige. Voilà une exaltation parfaitement contrôlée qui change des habituels excès tantôt de prudence tantôt de zèle grevant si souvent la symphonie la plus emblématique du romantisme musical. Chapeau bas à Tugan Sokhiev pour pareil coup de maître à tout juste 29 ans !




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 24/05/2006
    Yannick MILLON

    Concert de l'Orchestre du Capitole de Toulouse sous la direction de Tugan Sokhiev au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Claude Debussy (1862-1918)
    Prélude à l'après-midi d'un faune (1894)

    Maurice Ravel (1875-1937)
    Shéhérazade, trois poèmes pour chant et orchestre (1904)
    Poèmes de Tristan Klingsor
    Magdalena Kozená, mezzo-soprano

    Hector Berlioz (1803-1869)
    Symphonie fantastique, épisodes de la vie d'un artiste op. 14 (1830)

    Orchestre du Capitole de Toulouse
    direction : Tugan Sokhiev

     


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