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CRITIQUES DE CONCERTS 22 août 2018

Reprise d'Aida de Verdi dans la mise en scène de Brian Deedrick, sous la direction de Richard Buckley à l'Opéra de Montréal.

Regard sur le passé

Fin de saison en flash-back pour l'Opéra, alors que la production originale du chef-d'oeuvre verdien signée Bernard Uzan retrouve les planches de la maison pour une troisième fois en vingt ans. À défaut de grande surprise plastique, l'attrait de cette reprise réside avant tout dans la prestation d'un plateau vaillant et dans la direction subtile de Richard Buckley.
 

Salle Wilfrid Pelletier, Place des Arts, Montréal
Le 24/05/2006
Renaud LORANGER
 



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  • On l'admettra, le type de soprano que requiert le rôle-titre d'Aïda, un peu comme celui qu'appellent les Léonore du Trouvère et de la Forza, ou encore l'Amelia du Bal masqué, ne court pas exactement les rues de nos jours. Depuis le retrait de Leontyne Price, les directeurs de théâtre se cassent la tête à distribuer le rôle ? de ce côté-ci de l'Atlantique du moins ?, la popularité indéniable de l'ouvrage garantissant au surplus un succès de box-office prévisible.

    Susan Patterson, artiste à la carrière mature et au tempérament dramatique saisissant, brosse ici un portrait un peu pâle de la princesse éthiopienne : l'engagement scénique est certes total, mais la voix ne semble pas au rendez-vous. Le timbre est devenu ingrat, l'aigu opaque et strident. La technique comme la projection sont sûres, mais le chant est finalement desservi par un instrument à la registration hétéroclite et avare de couleurs.

    Le reste de la distribution ne démérite pas. Richard Margison, dont le retour sur les planches montréalaises était depuis longtemps attendu, livre un Radamès exemplaire, musical. La caractérisation a quelque chose d'unidimensionnel, mais le musicien rachète l'acteur à cinq contre un, offrant un Celeste Aida remarquable de phrasé comme d'homogénéité, avec des teintes dans le haut-médium et une manière de produire le son qui ne sont pas sans faire écho à l'idole absolue du chanteur, un certain Jussi Björling.

    Nancy Maultsby, mezzo américaine ayant fait forte impression il y a deux ans lors de la création locale du doublé Barbe-Bleue/Erwartung mis en scène par Robert Lepage, est une Amnéris particulièrement crédible. On excusera une certaine insécurité dans les aigus, quelque faiblesse dans le bas-médium ; ici encore, l'écriture fait appel à une voix autrement plus large. C'est le portrait de la femme qui retient l'attention, son amour, sa jalousie, son aveuglement, sa chute.

    La vaillance de Grant Youngblood en Amonasro et de Daniel Sumegi en Ramfis est éclipsée par le Roi sculptural de Valerian Ruminski. La voix est tellement belle et sonore que l'on regrette, dans un tel contexte, qu'elle soit limitée à la partie congrue de l'ouvrage.

    Reste la question de la mise en scène, ou plus précisément de la production en elle-même, récupérée des années Uzan ? prédécesseur de Bernard Labadie ?, dépoussiérée spécialement pour l'occasion avec plus ou moins de bonheur. Les opinions varieront, bien entendu. On peut trouver les décors et les costumes en question beaux et lisibles ; osons dire qu'ils franchissent plutôt les frontières du kitsch et du suranné. Brian Deedrick se montre habile dans l'utilisation du peu d'espace qui s'offre à lui ; les chorégraphies inventives imaginées par son collègue Jean Léger jurent cependant avec l'ensemble du tableau.

    C'est finalement dans la fosse que réside une grande partie de la valeur du spectacle. Le chef invité Richard Buckley tire du Métropolitain un commentaire puissant et agissant, sans jamais pour autant négliger les voix comme principaux instruments du drame, atteignant un équilibre surprenant entre force et éloquence du geste.




    Salle Wilfrid Pelletier, Place des Arts, Montréal
    Le 24/05/2006
    Renaud LORANGER

    Reprise d'Aida de Verdi dans la mise en scène de Brian Deedrick, sous la direction de Richard Buckley à l'Opéra de Montréal.
    Giuseppe Verdi (1813-1901) :
    Aida, opéra en quatre actes (1871)
    Livret d'Antonio Ghislanzoni d'après Mariette-Bey

    Choeurs de l'Opéra de Montréal et Orchestre Métropolitain du Grand Montréal
    direction : Richard Buckley
    mise en scène : Bernard Uzan, reprise par Brian Deedrick
    décors : Bernard Uzan et Claude Girard
    costumes : Claude Girard
    éclairages : Matthieu Gourd
    préparation des choeurs : Jean-Marie Zeitouni

    Avec :
    Daniel Sumegi (Ramfis), Richard Margison (Radames), Nancy Maultsby (Amneris), Susan Patterson (Aida), Grant Youngblood (Amonasro), Valerian Ruminski (Il Re), Thomas Macleay(un messager), Allison Angelo (une prêtresse).

     



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