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CRITIQUES DE CONCERTS 07 décembre 2019

2e symphonie de Mahler par l'Orchestre national de France sous la direction de Paavo Järvi au festival de St-Denis 2006.

À réveiller les morts
© Sheila Rock

Copieux programme pour ce premier grand concert symphonique du festival de St-Denis 2006. À la tête d'un Orchestre national tout acquis à sa cause, Paavo Järvi défend un Mahler à poigne, aux ruptures et contrastes marqués qui conviennent mieux aux mouvements extrêmes qu'aux mouvements centraux de la 2e symphonie.
 

Basilique, Saint-Denis
Le 05/06/2006
Yannick MILLON
 



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  • Mahler dans la Basilique des rois de France, voilà bien un choix hasardeux sur le papier, à même de rebuter maints amateurs de grand frisson symphonique. D'ailleurs, la 8e symphonie du Philharmonique et Chung l'année passée avait tourné au carnage sonore, particulièrement dans sa première partie. Mais force est de constater que la Résurrection fait partie des symphonies de Mahler qui s'accommodent le mieux des quatre grosses secondes de réverbération de l'immense édifice.

    D'emblée, Paavo Järvi joue de contrastes marqués entre ses tempi, ses accents, et à des lenteurs parfaitement habitées succèdent des embardées foudroyantes, dans un Allegro maestoso liminaire implacable, à l'impact souvent effrayant – des cuivres et percussions laconiques ne manquant aucune sinistre évocation de la mort.

    En revanche, dans les deuxième et troisième mouvements, de mesure à trois temps, l'attention se relâche et les décalages foisonnent, l'orchestre n'émergeant pas d'approximations bien préjudiciables. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, le chef estonien a tendance à abuser du Schlagobers viennois, cette délicieuse crème fouettée dont il nappe le thème de l'Andante moderato, aussi tangué qu'une valse du divin Johann. La simplicité du discours n'en demande pas tant, et le yo-yo rythmique a même tendance à désarticuler la sobre architecture des phrases.

    L'Urlicht pâtit quant à lui d'une Marie-Nicole Lemieux en petite forme, d'allemand peu idiomatique, aux graves tubés, aux prises avec une ligne de souffle bien courte et surtout dépourvue de toute intériorité. La mezzo négociera mieux ses interventions du Finale, où Christine Schäfer, qui déjà dans les entêtants Altenberg Lieder de Berg en première partie donnait en parfaite osmose avec le chef une leçon de style, distille toujours une lumière diaphane – aussi ténue soit-elle dans la nef de St-Denis – et une bouleversante fragilité à fleur de timbre.

    Coups de boutoir

    Dans les dédales de cette immense fresque terminale de trente-cinq minutes, Järvi retrouve les coups de boutoir, la pugnacité et les ruptures abruptes du premier mouvement. Les cuivres « en coulisse Â», ô combien évocateurs quoique trop présents, rehaussent en majesté la tenue d'une battue qui ne s'apesantit jamais et évite toute pompe au profit d'un message moins mystique, plus immanent que d'ordinaire, auquel se joint magistralement un Orfeón Donostiarra aux voix masculines sépulcrales.

    Une 2e de Mahler à réveiller les morts, qu'on aurait hélas pu sous-titrer « Symphonie des téléphones portables Â», une petite dizaine d'esprits simples ayant rivalisé d'ingeniosité toute la soirée durant pour nous gratifier de leurs dernières sonneries à la mode, parmi lesquelles une spectatrice visiblement amusée de son incapacité à faire taire son joujou pendant l'entrée aux confins du silence des Auferstehen du choeur, moment sublime anéanti par la bêtise humaine !

    Un confrère avait la saison passée préconisé l'électrification des sièges à la Bastille pour éradiquer les toux intempestives. Nous le rejoignons aujourd'hui dans sa croisade contre les nuisances sonores dans les salles de spectacle.




    Basilique, Saint-Denis
    Le 05/06/2006
    Yannick MILLON

    2e symphonie de Mahler par l'Orchestre national de France sous la direction de Paavo Järvi au festival de St-Denis 2006.
    Alban Berg (1885-1935)
    Altenberg Lieder, op. 4
    Christine Schäfer, soprano

    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 2 en ut mineur, « Résurrection Â»
    Christine Schäfer, soprano
    Marie-Nicole Lemieux, mezzo-soprano

    Orfeón Donostiarra
    direction : José Antonio Sainz Alfaro
    Orchestre national de France
    direction : Paavo Järvi

     


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