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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2018

Concert « Mozart et le Concert Spirituel » par William Christie et les Arts florissants au Théâtre du Châtelet, Paris.

Bill et le Concert Spirituel, ou le ballet superficiel
© Ana Bloom / Virgin Classics

Heureuse idée de William Christie que de ressusciter le Concert Spirituel l'espace d'une utopique soirée, où la Symphonie parisienne de Mozart côtoie des extraits de Castor et Pollux. Malgré une direction sacrifiant l'efficacité sur l'autel de la chorégraphie, l'exécution d'oeuvres aussi rares que In exitu Israel de Mondonville et la Sortie d'Égypte de Rigel suscite le plus vif intérêt.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 07/06/2006
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Première entreprise parisienne de concerts publics, le Concert Spirituel ouvrit ses portes le 17 mars 1725 à l'initiative d'Anne Danican Philidor, après négociations avec l'Académie royale de musique, dont le privilège hérité de Lully avait jusqu'alors interdit toute exécution payante de musique, en dehors des salons privés. D'abord limité à la musique sacrée et instrumentale, le répertoire de la salle des Cent-Suisses s'ouvrit à la musique profane dès 1727.

    En 1778, année du troisième et dernier séjour de Mozart à Paris, le Concert Spirituel était une entreprise prestigieuse et florissante, dirigée depuis peu par Joseph Le Gros, titulaire des emplois de la légendaire haute-contre Pierre Jelyotte, et créateur des opéras composés par Gluck pour l'Académie royale de musique. Celui-ci commanda à Mozart des choeurs pour compléter le Miserere d'Holzbauer, exécutés sans grand succès le 16 ou le 17 avril, puis une symphonie concertante qui ne sera pas jouée. S'ensuivit une brouille, à laquelle Le Gros mit fin en lui commandant une nouvelle symphonie, créée avec succès le 18 juin, et pour laquelle Mozart dut composer un nouvel Andante, le premier n'étant pas du goût du directeur du Concert Spirituel.

    La 31e symphonie fut reprise avec son nouveau mouvement central dès le 15 août, et ce jusqu'en 1789. Au sein d'un programme voué à ressusciter les fastes divers du Concert Spirituel, William Christie l'expédie en moins de temps qu'il n'en faut pour l'entendre, et surtout pour bien la jouer, dans un mouvement toujours allègre qui ne lui donne qu'une allure bien superficielle.

    Il est vrai que les Arts Florissants se montrent sous un jour des moins flatteurs, étirant les sons jusqu'à l'aigreur et uniformément brouillons dès les extraits de Castor et Pollux, dont pas une seule note ne résonna au Concert Spirituel, tant les apparitions de Rameau y furent rares, à l'exception d'ouvertures jouées à l'orgue. Le choeur ne se porte guère mieux, à court de justesse, de souffle, d'agilité, et surtout de cohésion.

    Sans doute encouragé par ses récents succès dans le domaine de la comédie-ballet, William Christie danse désormais davantage qu'il ne dirige, maître d'une chorégraphie certes élégante, mais des plus inefficaces, à en juger par la débâcle de ses troupes, qui ne se démentira ni dans In exitu Israel de Mondonville, ni dans la Sortie d'Égypte de Rigel, dont la seule rareté pouvait dès lors susciter l'intérêt.

    Moment de grâce

    Dernier des grands motets de Mondonville qui nous soit parvenu, In exitu Israel fut présenté pour la première fois au Concert Spirituel le 18 mars 1755, près de deux ans après sa création, et fut repris sept fois dans le courant de l'année. L'oeuvre frappe par son assimilation du goût italien, notamment par les rythmes pointés de l'ouverture, et une vocalité superbement mélismatique, dans la suavité ? moment de grâce de Paul Agnew, qu'il serait toutefois douloureux de comparer à lui-même dans l'enregistrement réalisé par Christie en 1996, dans un envoûtant récit de haute-contre où le ténor britannique use jusqu'à l'hypnose de la voix de tête pure ? comme l'agilité ? le baryton André Morsch, issu du Jardin des Voix, insolent de santé vocale ?, et surtout délicatement ornée dans un récit de dessus, où la relative tension de Karine Deshayes s'accommode fort mal d'un orchestre émollient.

    Quant à la puissance d'évocation des choeurs, qui n'ont en cela rien à envier à ceux d'Israël en Égypte de Haendel, elle se laisse deviner malgré l'anonymat de l'exécution, qui n'épargne guère le hiérodrame de Rigel, créé en 1774 et repris tous les ans jusqu'en 1788, notamment le 15 août 1778, avec la Symphonie n° 31 de Mozart. Admirée de Gluck, la Sortie d'Égypte est surtout remarquable par l'opposition entre le calme confiant des Israélites et l'ardeur belliqueuse des Égyptiens dans l'avant-dernier choeur.

    La redécouverte de cette oeuvre d'un genre nouveau dans une France jusqu'alors attachée au grand motet méritait à n'en pas douter un plateau de solistes moins fragiles, et surtout une exécution plus soignée, à l'instar de l'ensemble d'un programme passionnant, et que l'on préférera croire insuffisamment préparé.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 07/06/2006
    Mehdi MAHDAVI

    Concert « Mozart et le Concert Spirituel » par William Christie et les Arts florissants au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
    Castor et Pollux, tragédie lyrique (1737), extraits

    Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)
    In exitu Israel, grand motet (1753)

    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Symphonie n°31 en ré majeur, « Paris », KV 297 (1778)

    Henri-Joseph Rigel (1741-1779)
    La Sortie d'Égypte, oratorio (1774)

    Claire Debono, soprano
    Karine Deshayes, mezzo-soprano
    Paul Agnew, ténor
    André Morsch, baryton
    Alain Buet, basse

    Les Arts Florissants
    direction : William Christie

     


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