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CRITIQUES DE CONCERTS 20 octobre 2019

Reprise de la Damnation de Faust de Berlioz dans la mise en scène de Robert Lepage et sous la direction de Patrick Davin à l'Opéra de Paris.

Un Berlioz toujours flamboyant
© √Čric Mahoudeau

Reprise de la tr√®s belle production de la Damnation de Faust de 2001 avec deux des principaux interpr√®tes d'alors. Un spectacle qui n'a rien perdu de son impact ni de son originalit√© et une interpr√©tation qui p√Ętit un peu d'une direction orchestrale plus consciencieuse que v√©ritablement inspir√©e.
 

Le 12/06/2006
Gérard MANNONI
 



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  • La Damnation de Faust reste l'une des partitions les plus difficile √† mettre en sc√®ne de tout le r√©pertoire, c'est bien connu. Sa structure bizarre pourrait la rapprocher davantage d'un oratorio que d'un op√©ra, mais en m√™me temps, il y est question de tant de choses extraordinaires √† voir, que la repr√©sentation s'impose. Bref, le pari est irr√©sistible mais dangereux.

    Les solutions proposées par Robert Lepage et son équipe au Japon en 1999 puis ici même en 2001, impressionnent toujours par leur originalité, leur intelligence et leur indiscutable adéquation au sujet. C'est beau, efficace, troublant, aussi délirant que le romantisme exacerbé du texte et de la musique. On y trouve à la fois une grande unité de ton et une réelle diversité d'images, avec notamment les interventions des acrobates, successivement Christs ou démons, voire militaires remontant le décor à la verticale. Les effets sont toujours en situation et réalisés de manière parfaite.

    Et puis, on retrouve certaines visions particulièrement marquantes, comme ce rideau de feu sur lequel se détache Marguerite pendant D'amour l'ardente flamme. Facile, dira-t-on ? Peut-être, mais encore faut-il le réussir de cette manière. Il y aurait bien d'autres exemples à citer, car l'idée de ces caissons qui découpent la scène sur toute sa hauteur fournit maintes possibilités que le metteur en scène utilise avec une imagination foisonnante.

    Le chef belge Patrick Davin dirige cette musique aux immenses beautés avec lucidité, précision, mais sans parvenir à lui donner l'élan qui pourrait galvaniser le plateau. Et pourtant, l'orchestre sonne comme à ses meilleures heures. On sent bien que toute notre école instrumentale est encore fondée sur les principes de cette écriture somptueuse. Les choeurs aussi déploient les mille facettes du travail excellent accompli sous la houlette de Peter Burian, et l'on sait qu'ici, ils sont mis à rude épreuve.

    Giuseppe Sabbatini retrouve le r√īle de Faust qu'il avait d√©j√† tenu en 2001. La voix a de la vaillance et de l'√©clat, m√™me si elle para√ģt un peu lointaine en d√©but de repr√©sentation et le personnage est bien con√ßu, th√©√Ętralement autant que musicalement. Jos√© Van Dam est toujours M√©phisto, grande allure et abattage incomparable. La voix reste solide, bien timbr√©e dans l'ensemble et le texte b√©n√©ficie d'une diction remarquable. Et quelle musicalit√©, quelle ma√ģtrise de l'art du chant !

    Impeccable Brander de Christophe Fel et une nouvelle venue pour Marguerite, en la personne de la jolie Michelle DeYoung. Apr√®s une Ballade du Roi de Thul√© tremblotante et incertaine, l'Am√©ricaine prodigue de beaux moments dans ses interventions ult√©rieures, sans que la voix trouve une stabilit√© permanente. Et ce type d'√©mission tout √† fait typique de l'√©cole anglo-saxonne actuelle, para√ģt assez peu en osmose avec la technique tr√®s italienne de Sabbatini et la d√©monstration magistrale de Van Dam.




    Le 12/06/2006
    Gérard MANNONI

    Reprise de la Damnation de Faust de Berlioz dans la mise en scène de Robert Lepage et sous la direction de Patrick Davin à l'Opéra de Paris.
    Hector Berlioz (1803-1869)
    La damnation de Faust, légende dramatique en quatre parties (1846)
    Poème du compositeur et Almire Gandonnière d'après le Premier Faust de Goethe traduit par Gérard de Nerval.

    Ma√ģtrise des Hauts de Seine/Choeur d'enfants de l'Op√©ra national de Paris.
    Choeurs et Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : Patrick Davin
    mise en scène : Robert Lepage
    décors : Carl Fillion
    costumes : Karin Erskine
    éclairages : Maryse Gautier
    préparation des choeurs : Peter Burian

    Avec :
    Michelle DeYoung (Marguerite), Giuseppe Sabbatini (Faust), José Van Dam (Méphistofélès), Christophe Fel (Brander).

     



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