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CRITIQUES DE CONCERTS 19 septembre 2021

Daphnis et Chlo√© de Ravel suivi du Ch√Ęteau de Barbe-Bleue de Bart√≥k par l'Orchestre de Paris sous la direction de Pierre Boulez au Th√©√Ętre du Ch√Ętelet, Paris.

Une brillante fin de saison

Pour conclure une saison symphonique moins riche que d'ordinaire en raison du Ring de Wagner et avant de r√©int√©grer pour de bon la salle Pleyel en septembre, l'Orchestre de Paris avait fait appel √† Pierre Boulez pour un tr√®s long concert Ravel-Bart√≥k au Ch√Ętelet. Une soir√©e o√Ļ le chef fran√ßais d√©livre quelques sortil√®ges et o√Ļ Jessye Norman expose les derniers feux d'une voix sublime.
 

Th√©atre du Ch√Ętelet, Paris
Le 13/06/2006
Yannick MILLON
 



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  • √Ä 81 ans pass√©s, Pierre Boulez n'a rien perdu de son endurance et ne craint pas plus qu'autrefois les programmes aux terribles exigences instrumentales. Il reste d'ailleurs l'un des grands sp√©cialistes de Daphnis, tant au disque ¬Ė Berliner Philharmoniker / Deutsche Grammophon, l'un des plus grands enregistrements de musique symphonique des ann√©es 1990 ¬Ė qu'au concert ¬Ė parmi lesquels la prestation inoubliable de Lucerne avec le m√™me orchestre.

    Il serait d'ailleurs difficile de nier que ce concert de 2002 avait atteint des sommets nettement plus √©lev√©s que celui de ce soir dans la sensualit√©, l'√©ventail dynamique, la motricit√© et la profusion coloriste. Demeure toutefois la m√™me science de l'orchestre, des dosages instrumentaux, avec cette introduction aux fronti√®res de l'impalpable, aux harpes instillant une lumi√®re feutr√©e, avec ces cordes miroitantes, ces textures extr√™mement fines et a√©r√©es, typiques de l'√©cole fran√ßaise, et surtout le vertigineux solo de fl√Ľte de Vicens Prats, jou√© comme en r√™ve, au vibrato rar√©fi√©, √† la sonorit√© immacul√©e.

    Le choeur de l'Orchestre de Paris, remplissant parfaitement son r√īle de commentateur √† l'antique, s'instrumentalise au contact de l'orchestre, mais d√©tonne s√©rieusement dans l'√©pisode a cappella, avant de se ressaisir pour accompagner une Danse g√©n√©rale plus fuyante que dionysiaque, d'une virtuosit√© admirablement contr√īl√©e, par un orchestre qui ne force jamais la dynamique et semble privil√©gier l'horizontalit√© sur la verticalit√©. Un tr√®s beau Daphnis, d'une sensualit√© peu d√©brid√©e et au cor solo d√©ficient, mais d'une qualit√© d'ensemble trop rare pour √™tre pass√©e sous silence.




    Boulez d√©die naturellement la seconde partie du concert √† Ligeti, disparu la veille √† l'√Ęge de 83 ans, en pr√©cisant que son contemporain et ami √©tait un h√©ritier direct de B√©la Bart√≥k. Dans le Ch√Ęteau de Barbe-Bleue, le chef fran√ßais prend le temps de sculpter les phrases sans que jamais l'avanc√©e n'en p√Ętisse, et aime √† souligner les originalit√©s timbriques de l'orchestration, d'un geste souple et toujours attentif √† la continuit√© dramatique. Sans doute d√©fendait-il autrefois une vision plus aiguis√©e, mais il semble parvenu aujourd'hui √† un point d'√©quilibre dans l'architecture ramass√©e de cet op√©ra d'une petite heure.

    Jessye Norman est une Judith inqui√©tante dans son obsession, quasi visionnaire, et expose les derniers feux d'une voix qui laisse sporadiquement passer quelques sons radieux, m√™me si le m√©dium est aujourd'hui mang√© par l'orchestre, et que l'aigu passe tout en petitesse, l√† o√Ļ on aimerait que les vannes s'ouvrent ¬Ė le contre-ut de la 5e porte. Mais le magn√©tisme reste impressionnant, par ce pouvoir de captiver par la seule pr√©sence, sans m√™me avoir √† produire un son. Le Barbe-Bleue solide et sonore de Peter Fried n'en para√ģt que plus monochrome et prosa√Įque, en phrases hach√©es, en sons engorg√©s.

    L'Orchestre de Paris, quant √† lui, affiche une tenue stup√©fiante ¬Ė les irisations de la 4e porte ; la rar√©faction progressive des sonorit√©s de la 7e ¬Ė jusqu'√† prodiguer quelques moments d'anthologie ¬Ė les cuivres en grandes orgues de la 5e porte, surpuissants et chauff√©s √† blanc. Une forme d'apoth√©ose pour une saison riche en exp√©riences.




    Th√©atre du Ch√Ętelet, Paris
    Le 13/06/2006
    Yannick MILLON

    Daphnis et Chlo√© de Ravel suivi du Ch√Ęteau de Barbe-Bleue de Bart√≥k par l'Orchestre de Paris sous la direction de Pierre Boulez au Th√©√Ętre du Ch√Ętelet, Paris.
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Daphnis et Chloé, ballet intégral avec choeur (1912)

    Choeur de l'Orchestre de Paris
    direction : Didier Bouture et Geoffroy Jourdain

    Béla Bartók (1881-1945)
    Le Ch√Ęteau de Barbe-Bleue, drame lyrique en un acte (1918)
    Livret de Béla Balázs
    Jessye Norman (Judith)
    Peter Fried (Barbe-Bleue)
    Frigyes Funtek (récitant)

    Orchestre de Paris
    direction : Pierre Boulez

     


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