altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 19 février 2018

Création française de FAMA, de Beat Furrer, dans le cadre des Frontières de l'Opéra de Paris et de l'ouverture du festival Agora 2006 de l'IRCAM aux Ateliers Berthier, Paris.

L'écoute avant le théâtre

Sous l'impulsion de Franck Madlener, l'IRCAM a organisé un Festival Agora 2006 marqué par l'ouverture, jusqu'à intégrer des concerts du Philharmonique de Radio France à la Maison de la Radio, territoire dans lequel on n'attendait pas forcément Agora. Mais pour l'ouverture, FAMA du Suisse Beat Furrer, à qui on ne peut reprocher quelques penchants néo-tonaux que ce soit.
 

Aterliers Berthier, Paris
Le 01/06/2006
Yutha TEP
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Grande musique,
    grands interprètes

  • Une leçon de piano

  • Les goûts réunis

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • FAMA n'est pas une création, puisque l'oeuvre fut créée à Donaueschingen en octobre 2005. Première constatation, la terminologie choisie pour décrire FAMA est hautement représentative des réflexions musico-théâtrales en cours et de leurs caractères à ce jour inachevés : la pièce de Beat Furrer est un « théâtre de l'écoute pour grand ensemble, huit voix, actrice et construction sonore ».

    La construction sonore est en fait une grande boîte élaborée par LIMIT architects qui accueille le public, les cloisons amovibles s'ouvrant et se fermant au gré de l'évolution de la musique et de la dramaturgie, en une dialectique consommée de l'enfermement et de l'ouverture avortée. Le susmentionné grand ensemble se disperse autour de cette boîte, en une savante spatialisation qui semble accompagner les errances intérieures et la déconstruction progressive de la personnalité de l'héroïne, Mademoiselle Else.

    Saluons d'emblée la gestion de cette spatialisation, dont le « point zéro », pourrait-on dire, n'est plus la position géographique du chef ? Beat Furrer lui-même ?, mais bel et bien de l'auditoire, qui se trouve ainsi réellement enveloppé par la texture musicale. Le dispositif permet au passage une image finale forte, celle de Beat Furrer dirigeant devant un simple écran alors que les musiciens ont peu à peu pris leur place autour de la boîte.

    L'écriture elle-même est d'une érudition et d'un raffinement exceptionnels, l'identification très précise des timbres permettant une relance constante du discours musical. Beat Furrer a par ailleurs su ne pas tenter de « tout mettre », adoptant souvent une économie sonore à l'efficacité indéniable.

    Une cohésion instrumentale à toute épreuve

    Pas d'informatique, ce qui peut sembler surprenant s'agissant d'un festival placé sous l'égide de l'IRCAM, mais le scintillement instrumental déployé ici se suffit à lui-même. Rien à redire de la prestation du Klangforum de Vienne, superbe machine sonore, dont les membres n'ont pas forcément la haute virtuosité de l'Ensemble Intercontemporain, mais qui fait montre d'une cohésion à toute épreuve dans une partition difficile. Et les Neue Vocalisten de Stuttgart sont tout aussi impressionnants d'aisance.

    On peut cependant émettre une réserve sur la dramaturgie elle-même. Le texte, en français pour la plus grande part, écrit à partir de Mademoiselle Ese et du De natura rerum de Lucrèce décrit l'évolution psychologique ? en fait, la déréliction progressive ? d'une jeune fille qui se prostitue pour sauver son père de la faillite. Il possède une sombre violence, d'autant plus qu'il est excellemment porté par la comédienne Isabelle Menke.

    Sans remettre sur le tapis les sempiternelles questions au sujet des livrets sans narration, on doit reconnaître que la beauté de la musique prend souvent le pas sur les impératifs textuels, la mise en scène fort sobre de Christoph Marthaler ? on est à mille lieues des gadgets pléthoriques de ses Noces de Figaro ? laisse la musique s'épanouir en toute liberté. Théâtre de l'écoute certes, mais c'est le deuxième terme qui s'impose sans discussion possible.




    Aterliers Berthier, Paris
    Le 01/06/2006
    Yutha TEP

    Création française de FAMA, de Beat Furrer, dans le cadre des Frontières de l'Opéra de Paris et de l'ouverture du festival Agora 2006 de l'IRCAM aux Ateliers Berthier, Paris.
    Beat Furrer (*1954)
    FAMA, théâtre de l'écoute pour grand ensemble, 8 voix, actrice et construction sonore (2005)
    Livret en français d'après le De Rerum Natura de Lucrèce et Mademoiselle Else d'Arthur Schnitzler

    Création française

    Isabelle Menke, actrice
    Klangforum Wien
    Neue Vocalsolisten Stuttgart
    conception et direction musicale : Beat Furrer
    mise en scène : Christoph Marthaler
    architecture : LIMIT architects
    direction technique et éclairages : Harald Godula
    costumes : Sarah Schittek

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com