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CRITIQUES DE CONCERTS 22 février 2018

Concert de l'Orchestre National de France sous la direction de Kurt Masur avec la participation du violoniste Vadim Repin au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

L'état de grâce

Vadim Repin n'a pas attendu le nombre des années pour occuper le devant de la scène. Avec un National galvanisé, il donne du Concerto de Beethoven une interprétation au lyrisme épuré et au classicisme souverain, tandis que Kurt Masur, après un Britten très animé, rend à l'Écossaise de Mendelssohn une dimension picturale digne des paysages tourmentés de Constable.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 22/06/2006
Michel Le Naour
 



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  • La Simple symphony de Benjamin Britten, oeuvre de jeunesse écrite par un compositeur de 21 ans constitue, pour les orchestres à cordes, un lever de rideau où la simplicité le dispute à la gaieté. Même si cette page n'eut guère, ultérieurement, les faveurs de Britten, elle n'en demeure pas moins une partition fétiche à laquelle Kurt Masur, dépassant le cadre un peu conventionnel de l'écriture, transmet un sentiment où l'alacrité le dispute au lyrisme du modèle haydnien.

    Belle mise en bouche pour préparer l'exécution du Concerto pour violon de Beethoven, pont aux ânes des violonistes où le moindre écart peut déstabiliser un édifice à la construction pourtant assurée. Pour l'interprète, toujours exposé ? et souvent dans le registre aigu de l'instrument ?, la tâche est rude d'autant que pour lui, comme l'exprime si bien Matisse : « Les choses simples sont difficiles à expliquer ».

    On peut attendre de la part de Vadim Repin une parfaite maîtrise du discours tant sa technique redoutable est toujours mise au service de la musique. Du tempo assez lent mais majestueux imposé par Kurt Masur dans l'Allegro ma non troppo initial, il tire admirablement son épingle du jeu par une capacité à se lover dans la rhétorique du discours. La pulsation naturelle et cette manière allante et évidente de relancer sans cesse la phrase mélodique, rend admiratif.

    Repin ne brise jamais l'impression d'improvisation et réussit sans cesse à se mouvoir dans l'écrin orchestral très symphonique que lui offre Masur. La cadence de Kreisler ? comme plus tard le bis consacré à la 3e sonate d'Ysaÿe ? est un exemple de densité et d'intériorité où la pyrotechnie s'efface au profit de la seule musicalité.

    Pefection, simplicité et mesure

    On aura les mêmes yeux de Chimène pour ce Larghetto si féminin de ton mais aussi si subtil auquel succède le Rondo primesautier et d'un classicisme souverain. D'autres ont manifesté plus de liberté (Oïstrakh, Kogan, Perlman), plus de frémissement (Menuhin, Heifetz), mais dans le domaine de la perfection, de la simplicité de l'expression, de la mesure dans la conception, Repin n'a pas de concurrent tant son intelligence se diffuse dans ce jeu irisé, souple et d'une plénitude totale.

    Kurt Masur n'a quant à lui jamais été aussi à son aise que dans le répertoire mendelssohnien. Pour clore ce concert en apnée, il rappelle tout ce qu'il doit à son illustre prédécesseur à la tête du Gewandhaus de Leipzig qui créa, dans cette ville, sa Symphonie écossaise le 3 mars 1842. La vision dramatique et contrastée d'un romantisme à fleur de peau est servie par une lecture claire malgré la complexité de l'écriture rythmique.

    Le souffle des grands espaces, la vitalité de l'air des Hébrides se transmettent de pupitre en pupitre dans ce voyage fait de lyrisme mélancolique et d'orages désirés proches du Hollandais volant de Wagner mais aussi des paysages de Constable. Les musiciens s'en donnent à coeur joie ? en particulier le basson de Philippe Hanon déjà remarquable dans ses interventions dans Beethoven, le cor de David Guerrier, la flûte de Michel Moraguès ou la sensualité de la clarinette de Patrick Messina ? dans cette vision emportée et visionnaire où la grâce se confronte au bonheur et à l'enthousiasme partagé.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 22/06/2006
    Michel Le Naour

    Concert de l'Orchestre National de France sous la direction de Kurt Masur avec la participation du violoniste Vadim Repin au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Benjamin Britten (1913-1976)
    Simple Symphony pour orchestre à cordes op. 4 (1934)

    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Concerto pour violon en ré majeur, op. 61 (1806)
    Vadim Repin, violon

    Felix Mendelssohn (1809-1847)
    Symphonie n° 3 en la mineur opus 56, « Écossaise » (1842)

    Orchestre National de France
    direction : Kurt Masur

     


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