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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Concert de l'Orchestre Les Siècles sous la direction de François-Xavier Roth au festival Juventus de Cambrai.

Des Siècles bien dans leur siècle
© Keith Saunders / LSO

L'orchestre Les Siècles, en résidence au festival Juventus de Cambrai, prend le pari de marier au cours de chaque concert musique contemporaine et musique baroque. Que ce soit dans la musique contemporaine ou dans la vie même de l'ensemble, la phalange nouvellement créée dégage une fraîcheur et une absence de préjugés salutaires dans le paysage musical français.
 

Festival Juventus, Cambrai
Le 08/07/2006
Laurent VILAREM
 



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  • On assiste depuis quelques années en France à l'émergence de nombreuses nouvelles formations. Si le choeur Accentus a indiscutablement diffusé l'art vocal dans l'Hexagone, et s'il est encore trop tôt pour dresser un bilan concernant La chambre philharmonique créée il y a peu par Emmanuel Krivine, les nouveaux arrivants ne sont-ils pas, tôt ou tard, voués à une certaine uniformisation ?

    L'orchestre des Siècles, crée en 2003, part d'un concept original. Inscrire à l'intérieur d'un même concert un vaste répertoire et jouer sur instruments d'époque. C'est ainsi que les musiciens peuvent être amenés au cours d'une même soirée à changer d'archet ou d'instrument.

    Invité par le festival Juventus de Cambrai, l'Orchestre des Siècles donné une preuve de son éclatante vitalité et de sa bonhomme modernité. En effet, quand d'autres formations assignent en résidence un compositeur au métier établi, le charismatique fondateur de l'ensemble, le chef d'orchestre François-Xavier Roth, a choisi pour la première oeuvre inscrite au programme de passer commande à un jeune compositeur atypique.

    Né en 1968, Pierre Charvet a effectué une grande partie de son parcours aux États-Unis, et a depuis son retour en France côtoyé aussi bien l'IRCAM que les plateaux de télévision de la Cinquième où il a animé une émission musicale. Il y a trois ans lui était consacré un CD monographique intitulé l'Invitation au voyage où transparaissait un goût puissant pour l'informatique et où s'affirmait une écriture aux effets très lisibles.

    Regardez-le ! ? titre d'un spectacle du comédien Philippe Caubère auquel Charvet voue une admiration sans bornes ? est une pièce d'une dizaine de minutes, bâtie comme une symphonie classique, montrant les qualités et les défauts d'un compositeur situé en-dehors des systèmes. D'une naïveté parfois confondante dans sa volonté de lier musique savante et musique populaire ? le quatrième mouvement ?, l'oeuvre assume mal son immédiateté et semble par la fragmentation courir après une reconnaissance officielle.

    Patchwork mal assuré

    En découle une pièce hybride, étrangement aride, qui ressemble parfois à un patchwork mal assuré mais où passe la recherche d'une personnalité neuve. Car il y a de la fraîcheur dans ce mélange orchestre-informatique ! Le deuxième mouvement, le plus réussi, alterne bruits informatiques de jeu vidéo et sons instrumentaux et on pense soudain que la musique contemporaine semble davantage en prise avec notre époque que de nombreux essais à l'écriture plus assurée. Il s'agira maintenant pour Charvet de développer sa spécificité propre, prendre le risque de déplaire et installer ses pièces dans la durée.

    Cette volonté d'énergie et de partage se retrouve dans un Triple Concerto de Beethoven malheureusement gâché par la préciosité de trois anciens lauréats du festival Juventus, puis dans les deux autres pièces inscrites au programme : tout d'abord, le 2e Konzertstück pour deux clarinettes de Mendelssohn ? avec Ronald Van Spaendonck et Fredrik Fors, tous deux également lauréats d'une ancienne édition ? ainsi que dans deux mouvements de la Symphonie Jupiter de Mozart jouées cordes debout et menés à un train d'enfer par le bondissant François-Xavier Roth.

    En bis, l'orchestre donne la célèbre marche du Bourgeois gentilhomme de Lully. La bonne entente est visible dans cet orchestre dont la moyenne d'âge ? chef d'orchestre inclus ? avoisine les trente ans. En un peu plus de deux heures, on a franchi quatre siècles de musique, avec un orchestre ennemi des cloisonnements, à l'enthousiasme contagieux.




    Festival Juventus, Cambrai
    Le 08/07/2006
    Laurent VILAREM

    Concert de l'Orchestre Les Siècles sous la direction de François-Xavier Roth au festival Juventus de Cambrai.
    Pierre Charvet (*1968)
    Regardez-le !
    Création mondiale

    Ludwig Van Beethoven (1770-1827)
    Triple concerto pour piano, violon et violoncelle en ut majeur, op. 56
    Peter Laul, piano
    Graf Mourja, violon;
    Françoise Groben, violoncelle;

    Felix Mendelssohn (1809-1847)
    Konzertstück n° 2 pour deux clarinettes, op. 114
    Ronald van Spaendonck, Fredrik Fors, clarinettes

    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Symphonie n° 41 en ut majeur, K. 551, « Jupiter »

    Orchestre Les Siècles
    direction : François-Xavier Roth

     


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