altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
dťsinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 15 novembre 2019

Versions de concert de la Betulia liberata et d'Idomeneo de Mozart sous la direction d'Antonio Florio et Jérémie Rhorer au Festival de Beaune 2006.

Révélations mozartiennes

Antonio Florio

Qu'y a-t-il de baroque chez Mozart ? C'est la question que semble poser le Festival International d'Opéra Baroque de Beaune avec les deux oeuvres programmées à l'occasion du 250e anniversaire de sa naissance. Si la Betulia Liberata s'inscrit parfaitement dans le sillage de ses prédécesseurs, Idomeneo représente un indiscutable point de non-retour dans le domaine de l'opera seria.
 

Cour des Hospices, Beaune
Le 08/07/2006
Mehdi MAHDAVI
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • M√©lancolie d‚Äôestampes

  • Comic strip

  • La fougue intacte de Martha

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • √Ä l'instar de Mitridate dans le domaine de l'op√©ra, la Betulia liberata, oratorio en deux actes sur un livret de M√©tastase, n'a rien qui le distingue des autres oeuvres du m√™me genre compos√©es au tournant des ann√©es 1770. La place de l'aria da capo, particuli√®rement d√©velopp√©e, y est pr√©dominante, le choeur n'intervenant que trois fois, et la plupart du temps en dialogue avec un soliste. Malgr√© le ton souvent sentencieux d'un livret qui n'est pas, loin s'en faut, le meilleur de son auteur, Mozart parvient √† cr√©er de v√©ritables caract√®res en parcourant le catalogue d'airs impos√©s par un genre calqu√© sur l'opera seria.

    D'une √©criture plus instrumentale que vocale, tous les r√īles exigent des chanteurs une tenue acrobatique sans faille. La partie d'Ozia, prince de B√©thulie, est √† cet √©gard particuli√®rement redoutable, exhortant son peuple √† ne pas c√©der au d√©sespoir d√®s les premi√®res mesures avec une implacable virtuosit√©. Timbre et expression √©vang√©liques, Makoto Sakurada triomphe de la plupart des emb√Ľches, mod√®le de concentration dans la conduite de l'air Se Dio veder tu vuoi.

    Malgr√© quelques acidit√©s, Maria Grazia Schiavo confirme un abattage souverain dans l'aria di tempesta Quel nocchier che in gran procella, et Valentina Varriale s'impose par une voix √©clatante de jeunesse, quand l'Achior de Sergio Foresti, remarquable de ligne et de couleur, trille avec art. Mais la Giuditta de Marina de Liso, contrainte de jongler entre les registres de sa voix de mezzo, se r√©v√®le trop floue dans l'envo√Ľtant Prigionier che fa ritorno, apr√®s un r√©cit de la mort d'Holopherne men√© avec fougue.

    Un rien dispersée et fragile d'intonation, la Cappella de'Turchini chante superbement sous la direction toujours attentive à la respiration d'Antonio Florio, bien que l'écriture orchestrale ne fasse que rarement le poids face à la pyrotechnie vocale déployée par Mozart.

    Dans Idomeneo, de dix ans post√©rieur, la tendance s'inverse. Disposant des virtuoses de l'orchestre de Mannheim, que l'√©lecteur palatin Karl Theodor, devenu Prince √©lecteur de Bavi√®re, avait fait venir √† Munich, o√Ļ l'op√©ra fut cr√©√© le 29 janvier 1781, le compositeur y paie son tribut au mod√®le fran√ßais, en s'inspirant de Gluck certes, mais peut-√™tre plus encore de Rameau, comme le montrent l'interm√®de qui cl√īt le premier acte, l'extraordinaire temp√™te de la fin du deuxi√®me acte, ou encore la puissance dramatique des choeurs, o√Ļ, plus lointain encore que la Betulia liberata, le Choeur de Chambre de Namur ne peut laisse que deviner son excellence.

    J√©r√©mie Rhorer en √©tat de gr√Ęce

    L'√©nergie que d√©ploie J√©r√©mie Rhorer √† la t√™te de son ensemble le Cercle de l'Harmonie, o√Ļ chaque musicien semble jouer comme si sa vie en d√©pendait, n'est sans doute pas √©trang√®re √† l'√©vidence de cette filiation. Car le jeune chef est en √©tat de gr√Ęce, soignant le galbe du r√©citatif accompagn√©, le dialogue concertant entre voix et instruments, sans que jamais ne fl√©chisse une tension dramatique presque insoutenable : Idomeneo n'aura sans doute jamais paru si essentiel, et si court.

    Ainsi stimulés, les chanteurs ne peuvent donner que le meilleur d'eux-mêmes. Magali Léger n'en est pas moins en-deçà des exigences d'Ilia, qu'elle transforme en midinette, certes ravissante, mais d'une ligne trop superficielle. L'Idamante de Renata Pokupic déploie un mezzo lumineux, facile, mais parfois neutre d'expression, surtout face à l'Elettra électrisante de Raffaella Milanesi. La soprano italienne n'en a pourtant pas les moyens, aussi bien en termes d'ampleur que de couleur, mais la musicienne est inspirée, habitée, et trouve, bien qu'un peu courte de tessiture, des ressources inattendues pour les rires furieux de D'Oreste et d'Aiace.

    Stefano Ferrari poss√®de en revanche l'exact profil vocal d'Idom√©n√©e, r√īle quasiment impossible √† distribuer. Technique sans faille, le t√©nor italien d√©livre un Fuor del mar √† la vocalise intense, et ne cesse d'impressionner par une autorit√© naturelle dont l'affirmation devrait lui permettre d'acqu√©rir la profondeur qui lui fait parfois d√©faut dans ce r√īle de la maturit√©.




    Cour des Hospices, Beaune
    Le 08/07/2006
    Mehdi MAHDAVI

    Versions de concert de la Betulia liberata et d'Idomeneo de Mozart sous la direction d'Antonio Florio et Jérémie Rhorer au Festival de Beaune 2006.
    7 juillet :

    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    La Betulia liberata, oratorio en deux parties (1771)
    Livret de Métastase

    Choeur de Chambre de Namur
    Cappella de'Turchini
    direction : Antonio Florio

    Avec : Marina de Liso (Giuditta), Maria Grazia Schiavo (Amital), Makoto Sakurada (Ozia), Sergio Foresti (Achior), Valentina Varriale (Cabri, Carmi).

    8 juillet :

    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Idomeneo, re di Creta, dramma per musica en 3 actes (1781)
    Livret de Giovanni Battista Varesco d'après Idoménée d'Antoine Danchet

    Choeur de Chambre de Namur
    Le Cercle de l'Harmonie
    direction : Jérémie Rhorer

    Avec : Stefano Ferrari (Idomeneo), Renata Pokupic (Idamante), Magali Léger (Ilia), Raffaella Milanesi (Elettra), Robert Getchell (Arbace), Sergio Foresti (La Voix), Thibault Lenaerts (Le Grand Prêtre de Neptune).

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com