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CRITIQUES DE CONCERTS 20 novembre 2019

Reprise des Maîtres Chanteurs de Wagner dans la mise en scène de Thomas Langhoff et sous la direction de Zubin Mehta, en clôture du festival d'Opéra de Munich 2006.

Munich 2006 :
Les adieux de Kurt Moll

Fin de règne spectaculaire pour Sir Peter Jonas, intendant de la Bayerische Staatsoper depuis 1993 : une oeuvre fétiche, une distribution de très belle tenue, l'ultime représentation du directeur musical Zubin Mehta, son collaborateur de treize années, et au final, une surprise de taille et une émotion palpable : les adieux à la scène de Kurt Moll.
 

Nationaltheater, MĂĽnchen
Le 31/07/2006
Renaud LORANGER
 



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  • Comme le veut la tradition Ă  Munich, la saison estivale de la Staatsoper se conclut par une reprĂ©sentation des Meistersinger wagnĂ©riens, cĂ©lĂ©brant l'Art et le culte de la BeautĂ©. Cette annĂ©e, on retrouve la mise en scène sobre de Thomas Langhoff, mais dans des circonstances toutes particulières. En effet, Peter Jonas, dont on raconte qu'il a refusĂ© rien de moins que la direction gĂ©nĂ©rale du Metropolitan et du festival de Salzbourg, part Ă  la retraite Ă  un âge oĂą nombre de directeurs de théâtre entament la dernière ligne droite de leur carrière.

    Pour cette ultime soirée, le plateau réuni sous la direction souple et énergique de Zubin Mehta se surpasse. Peter Seiffert, s'il n'est pas Ben Heppner, apporte à Walther un souffle généreux, un timbre d'une clarté et d'un héroisme juvéniles, une belle ligne de chant, des aigus ronds et faciles, tout en dressant du jeune aspirant un portrait crédible et efficace.

    Adrianne Pieczonka, idéale dans les Wagner intermédiaires

    On attendait son épouse Petra-Maria Schnitzer à ses côtés en Eva ; on retrouve finalement avec le même bonheur la Canadienne Adrianne Pieczonka, actuelle Sieglinde du nouveau Ring de Bayreuth, actrice aboutie, au physique charmant et dotée de moyens vocaux idéaux pour les emplois wagnériens intermédiaires. La sûreté de l'aigu, l'ampleur du phrasé, la longueur du souffle et la couleur dramatique naturelle de l'instrument permettent de souhaiter, ou à tout le moins d'envisager des incursions futures dans un certain répertoire italien en manque de porte-paroles adéquats.

    Tom Fox est un Kothner de luxe, Matti Salminen un Pogner surprenant de charisme et d'autorité. C'est toutefois à Eike Wilm Schulte, truculent Beckmesser, que revient, paradoxalement, la palme du Maître Chanteur. Déployant des ressources scéniques et vocales confondantes, le vétéran atteint une caractérisation qui, si elle frise par moments le too much, ne rompt jamais l'équilibre fragile entre dérision subtile et vulgarité. Heike Grötzinger est une Magdalena honorable, Kevin Conners un David d'exception.

    On se désole qu'ainsi entouré, Jan-Hendrik Rootering ne soit pas à la hauteur des exigences de Hans Sachs. Censé cimenter l'action, son personnage, la plupart du temps inaudible, dérange plus qu'il ne captive et passe pratiquement inaperçu.

    De la part de Zubin Mehta, on eût pu souhaiter un soupçon supplémentaire de largeur, voire d'emphase, dans l'échafaudage structurel de son interprétation. On lui saura néanmoins gré d'avoir maintenu à chaque instant une tension solide dans la fosse.

    Des adieux quasi improvisés

    Finalement, comment ne pas revenir sur la prestation du Veilleur de Nuit ? Kurt Moll, dont la participation à cette représentation n'était pas initialement annoncée, avait choisi ce lieu précis, ce public, et évidemment, les Maîtres Chanteurs, pour mettre un terme à une carrière scénique de quarante-sept ans. À la lecture du feuillet remis à l'entrée, un certain scepticisme était de mise : la légendaire basse ne devait-elle pas, quelques jours plus tard, chanter le Commandeur à Salzbourg ?

    On sait maintenant ce qu'il en est, et c'est avec beaucoup d'émotion que nous nous sommes levés, avec toutes celles et ceux et présents au Nationaltheater ce 31 juillet, à peine tue cette voix d'une autre époque après un ultime Lobet, Gott, den Herrn !, en hurlant bravo !, mais surtout, merci !




    Nationaltheater, MĂĽnchen
    Le 31/07/2006
    Renaud LORANGER

    Reprise des Maîtres Chanteurs de Wagner dans la mise en scène de Thomas Langhoff et sous la direction de Zubin Mehta, en clôture du festival d'Opéra de Munich 2006.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Die Meistersinger von Nürnberg, opéra en trois actes (1868)
    Livret du compositeur

    Choeur et Orchestre du Bayerische Staatsoper
    direction : Zubin Mehta
    mise en scène : Thomas Langhoff
    décors et costumes : Gottfried Pilz
    chorégraphie : Marco Santi
    lumières : Manfred Voss
    préparation des choeurs : Andrés Máspero

    Avec :
    Jan-Hendrik Rootering (Hans Sachs), Matti Salminen (Veit Pogner), Kenneth Roberson (Kunz Vogelgesang), Christian Rieger (Konrad Nachtigall), Eike Wilm Schulte (Sixtus Beckmesser), Tom Fox (Fritz Kothner), Ulrich Reß (Balthasar Zorn), Hermann Sapell (Ulrich Eißlinger), Francesco Petrozzi (Augustin Moser), Rüdiger Trebes (Hermann Ortel), Alfred Kuhn (Hans Schwarz), Gerhard Auer (Hans Foltz), Peter Seiffert (Walther von Stolzing), Kevin Conners (David), Adrianne Pieczonka (Eva), Heike Grötzinger (Magdalena), Kurt Moll (Nachtwächter).

     



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