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CRITIQUES DE CONCERTS 12 novembre 2019

Récital du pianiste András Schiff au festival de Salzbourg 2006.

Salzbourg 2006 (3) :
DĂ©fier la mort

© Clive Barda

Il est de ces soirées rares, voire improbables, qui non seulement rendent au génie créateur ses lettres de gloire mais participent, de la manière la plus profonde et la plus durable, à une catharsis ontologique dont notre époque a grand besoin. Le récital-fleuve offert par András Schiff à un public salzbourgeois quelque peu indifférent entre dans cette catégorie.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 08/08/2006
Renaud LORANGER
 



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  • Sur le papier, le programme aurait pu paraĂ®tre, osons le dire, un brin acadĂ©mique : du Mozart exclusivement, Ă  l'image de la programmation 2006 du festival de Salzbourg ; des compositions isolĂ©es, relativement peu frĂ©quentĂ©es, puis des sonates un peu plus communes. De fait, il faudra passer la cĂ©lĂ©brissime Sonate en la majeur pour parvenir Ă  la dĂ©finition d'une atmosphère confortable.

    Ici, le pianiste semble adopter volontairement une certaine distance, au risque de faire seulement du « joli Â». Ce ne sera, en somme, que pour mieux interpeller son public, pour interroger avec plus de pertinence et surtout d'Ă©loquence l'immensitĂ© du gĂ©nie mozartien, pour transmettre une intuition de la vĂ©ritĂ© qui se rapproche, de mĂ©moire de mĂ©lomane, de la plus belle incarnation du sublime qu'il nous ait jamais Ă©tĂ© donnĂ© d'entendre.

    Car Schiff, une fois bien en selle, chante la condition humaine dans son inextricable richesse avec la plus confondante justesse. On pourrait certes disserter sur le jeu pianistique à proprement parler, sur ce toucher exceptionnellement raffiné, qui peut passer pour précieux en certains milieux, sur un usage de la pédale et des effets instrumentaux qui, en ces temps de piété historicisante, ne manqueront pas de faire froncer quelques sourcils garant du musicologiquement correct. Réaffirmons simplement à quel point l'approche du pianiste nous semble, toute sensibilité schoslastique mise à part, du meilleur goût stylistique. Et insistons, surtout, sur l'essentiel : ce que Schiff commet sur la scène du Grosses Festspielhaus ce soir va largement au delà d'un simple récital de piano.

    Une victoire sur le temps

    C'est plutôt un rendez-vous avec la vie, avec le doute, avec les larmes, la passion, avec la désillusion, avec, enfin, une victoire extatique sur le temps. On a l'impression d'entendre cette musique pour la première fois, ou du moins de ne jamais l'avoir entendue aussi poignante (la Fantaisie en ré mineur), aussi pure et dénuée d'artifice (la Sonate facile), aussi amusante, aussi criante de vérité et bouleversante. Le programme en lui-même est pensé comme un véritable crescendo, tendant ni plus ni moins vers la révélation de ce que l'on nommera « divin » à défaut de meilleur vocable, avec comme points focaux la Sonate en la mineur, le Rondo en la mineur, l'Adagio en si mineur, moments de grâce absolue.

    Et au final, c'est à travers l'abstraction humoristique transcendante des Variations en sol majeur que se dissout la peur, que les questions existentielles trouvent des réponses, et que si exquis mouvement de l'âme trouve sa résolution, paisible et de la plus sereine douceur.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 08/08/2006
    Renaud LORANGER

    Récital du pianiste András Schiff au festival de Salzbourg 2006.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Sonate pour piano en la majeur, KV 331
    Fantaisie en ré mineur, KV 397
    Adagio en si mineur, KV 540
    Rondo en ré majeur, KV 485
    Sonate pour piano en la mineur, KV 310
    Sonate pour piano en ut majeur, KV 545
    Rondo en la mineur, KV 511
    10 variations en sol majeur sur « Unser dummer Pöbel meint Â», KV 455

    András Schiff, piano

     


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