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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2018

Spectacle musical et théâtral autour de la Belle Maguelone de Brahms dans le cadre du Festival du Haut-Limousin.

Quand Brahms épouse le théâtre
© Marc Ginot

Le baryton Vincent Le Texier

Spectacle musical et théâtral imaginé à partir du cycle de romances de Brahms et du récit « La merveilleuse histoire d'amour de la belle Maguelonne et du comte Pierre de Provence » de Ludwg Thieck, la Belle Maguelone donne une dimension inédite aux lieder du compositeur viennois.
 

Ferme de Villefavard, Villefavard
Le 16/07/2006
Pauline GARAUDE
 



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  • Une pianiste, une comédienne et un baryton : un effectif minimal pour un résultat optimal. L'argument est simple : un jeune homme découvre l'amour pour une femme autre que celle qu'il devait épouser. Tourments, remords, destinée, initiation, tous les grands thèmes du romantisme sont présents, tant dans les Lieder de Brahms que dans le récit épique et médiéval de Thieck.

    Nicole Aubry, à qui l'on doit une mise en scène très épurée, a complètement réécrit le texte. « J'ai entendu pour la première fois la Belle Maguelone il y a neuf ans, avec les mêmes interprètes, et il y avait un fossé entre des Lieder très forts sur le plan musical et émotionnel et un récit qui faisait vraiment figure de parent pauvre. Toute la difficulté a été de trouer une unité, de contrebalancer ce décalage de façon à ce que le récit prenne de l'importance et que l'on n'ait pas l'impression d'alterner récit et Lieder » raconte-t-elle.

    Le texte de Thieck a donc été complètement réécrit. « Il n'y a plus une seule phrase de Thieck. J'ai conservé bien sûr tous les thèmes, mais j'ai axé l'histoire sur le parcours initiatique du jeune homme ». Pour le chanteur Vincent Texier, le défi a été de théâtraliser son jeu. « Il est évident que je n'aurais pas chanté ces Lieder de la même façon en récital salle Gaveau ! » dit-il ironiquement. « Il y a dans ces Lieder une dimension vériste qui se prête au jeu du théâtre et passer du chanteur au comédien est un exercice de jonglage fascinant ».

    Car il alterne chant et paroles avec la comédienne Rona Hatner, qui elle-même a ce double rôle de comédienne et récitante. Tout s'imbrique et au final, nous voici face à du théâtre chanté. Le jeu des deux protagonistes est fluide, l'histoire fait le lien entre la comédie, le chant et le récit. Et la mise en scène marie de façon extraordinaire le tragique et l'humour. « Il y a certaines scènes du texte que j'ai traitées en saynètes pour donner plus de légèreté et de piquant » explique Nicole Aubry. Et le résultat est là : chaque pointe d'humour de Thieck jouée en saynète prend tout de suite une autre dimension et redonne de l'élan au texte.

    Quant à la mise en scène, on se doit de féliciter le talent d'une femme de théâtre qui a travaillé vingt ans avec Peter brook. « Il m'a appris à toujours tirer l'essentiel d'une pièce. Non pas à mettre en scène un texte mais à mettre en exergue, à révéler le sens intrinsèque de l'oeuvre » confie-t-elle. Un banc et une toile blanche sur laquelle Rona Hartner peint en gris un arbre dont chaque branche pourrait être un chemin initiatique vers le haut : cela suffit à mettre en valeur cette intimité du Lied et à donner du relief au parcours initiatique du jeune homme. L'?il n'est pas distrait par le décor et toute l'écoute se concentre sur cette tension entre le comte Pierre et la belle Maguelone.

    Quand de surcroît, la pianiste Susan Manoff enveloppe cette pièce et donne bien davantage l'impression de la mettre en scène musicalement plutôt que de simplement la jouer, toutes les conditions sont réunies pour donner à Brahms un genre nouveau. D'autant que le lieu où prend vie ce spectacle est unique. Nous sommes dans la ferme de Villefavard, une vieille ferme du Limousin, et la scène se joue dans l'ancien stock à blé. Une salle d'une hauteur de trois étages sous plafond, en bois et en pierre. Un décor à elle seule que l'on doit à son propriétaire, le directeur artistique et chef d'orchestre Jérôme Kaltenbach.




    Ferme de Villefavard, Villefavard
    Le 16/07/2006
    Pauline GARAUDE

    Spectacle musical et théâtral autour de la Belle Maguelone de Brahms dans le cadre du Festival du Haut-Limousin.
    Johannes Brahms (1833-1897) :
    La belle Maguelone
    Vincent Le Texier, baryton-basse
    Susan Manoff, piano
    Rona Hartner, comédienne
    Nicole Aubry, texte & mise en scène

     


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