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CRITIQUES DE CONCERTS 20 mai 2019

Concert de l'Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Pierre Boulez, avec la participation du pianiste Lang Lang et du trompettiste Håkan Hardenberger au festival de Salzbourg 2006.

Salzbourg 2006 (10) :
Boulez et la grâce mozartienne

Boulez à son aise dans le classicisme de l'harmonie, la forme à échelle modérée et les barres de reprise de Mozart ? Après une Gran Partita un rien droite, le chef français qui semble avoir trouvé un nouveau compositeur à explorer se montre tout aussi éblouissant que Lang Lang dans un 17e concerto pour piano littéralement touché par la grâce.
 

Großes Festspielhaus, Salzburg
Le 20/08/2006
Yannick MILLON
 



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  • Il est des concerts où l'on se rend plutôt par curiosité que dans l'espoir de recevoir un choc, une révélation. Question de répertoire et d'interprètes, ou plus exactement d'adéquation de l'un avec les autres. Et pourtant
    Qui aurait attendu, il y a encore quelques années, Boulez dirigeant un concert Mozart autrement qu'avec un couteau sous la gorge ? Non que le plus brillant chef d'orchestre français de notre temps n'ait de respect pour ce répertoire, mais plutôt qu'on l'imagine en faire assez rapidement le tour, lui le compositeur contemporain abreuvé de chromatisme, de décadence viennoise, d'atonalité, de sérialisme. Qui aurait cru, surtout, vivre une expérience mozartienne aussi intense dans ce concert salzbourgeois pas plus alléchant que cela sur le papier ?

    Expérience toute relative en première partie, avec une Gran Partita d'une absolue probité, sans une once de mauvais goût, très propre sur elle. Netteté de la polyphonie, de l'intonation verticale, équilibres inouïs, texture tout sauf orphéonique ? et pourtant, même la contrebasse à cordes est remplacée par un contrebasson ?, ciselée dans les moindres détails. Manque toutefois un certain naturel dans le déroulement des phrases, une certaine souplesse agogique dans une battue plutôt vive mais souvent un rien corsetée, et surtout un soupçon de tendresse ? l'Adagio.

    Lang Lang / © DG / Kasskara

    Le parc instrumental tout particulier des Wiener Philharmoniker fait pourtant merveille. Seule la première clarinette de Peter Schmidl trahit aujourd'hui une certaine paresse de souffle et un manque de soutien qui occasionnent quelques aigus très bas et quelques attaques flottantes, mais la qualité du son est presque intacte.

    On ne s'attardera pas ensuite sur la création mondiale de
    miramondo multiplo
    d'Olga Neuwirth ouvrant la deuxième partie, qui en dépit d'une certaine habileté dans le maniement de l'orchestration, nous paraît inférieure en tous points aux compositions habituelles de l'Autrichienne, trop attachée à l'effet et au mélange des genres dans une pièce composite ? les pseudo citations de Haendel et du Sacre de Stravinski ? voulue en hommage à Miles Davis, et dont l'écriture pour la trompette solo sombre souvent dans le décoratif et la facilité, malgré l'excellence du Suédois Håkan Hardenberger.

    Entre apesanteur et douleur rentrée

    Arrive enfin pour clore ce concert de onze heures l'expérience mozartienne tant inattendue, avec un 17e concerto pour piano transfiguré par un Lang Lang magicien des sons, au phrasé d'une liberté, d'une invention sans limite, aux sublimes nuances qui sont autant d'espaces de douleur rentrée, de désillusion dans l'Andante, puis d'une légèreté de touche et d'une espièglerie grisantes dans le Finale. Dès l'exposition d'orchestre du premier mouvement, on sent les Viennois comme en apesanteur, et Boulez beaucoup plus impliqué qu'en première partie.

    À chaque instant, entre le jeune pianiste et le vieux maestro, cette même précision maniaque dans les articulations, ce même travail millimétré, d'une justesse stylistique renversante, cette simultanéité des intentions, des inflexions, des attaques, des variations agogiques qui donnent l'impression que le concert a été préparé pendant des mois. Un moment de pure grâce mozartienne, accueilli par une standing ovation des plus justifiées.




    Großes Festspielhaus, Salzburg
    Le 20/08/2006
    Yannick MILLON

    Concert de l'Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Pierre Boulez, avec la participation du pianiste Lang Lang et du trompettiste Håkan Hardenberger au festival de Salzbourg 2006.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Sérénade en sib majeur K. 361, « Gran Partita » (1784)

    Olga Neuwirth (*1968)

    miramondo multiplo
    pour trompette et orchestre (2006)
    Création mondiale, commande du festival de Salzbourg
    Håkan Hardenberger, trompette

    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour piano n° 17 en sol majeur, K. 453 (1784)

    Wiener Philharmoniker
    direction : Pierre Boulez

     


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