altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
dťsinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 05 juillet 2020

Nouvelle production de l'Or du Rhin de Wagner mise en scène par Tankred Dorst et sous la direction de Christian Thielemann au festival de Bayreuth 2006.

Bayreuth 2006 (2) :
Une mythologie figée

© Jochen Quast / Bayreuther Festspiele GmbH

Impression pour le moins mitig√©e apr√®s ce prologue du nouveau Ring de Bayreuth confi√© au dramaturge Tankred Dorst, d'un statisme, d'un jeu th√©√Ętral on ne peut plus convenus, et servi de surcro√ģt par un plateau fort m√©diocre. Seule la direction de Christian Thielemann d√©livre quelques sortil√®ges, mais pas vraiment l√† o√Ļ on les attendait.
 

Festspielhaus, Bayreuth
Le 22/08/2006
Yannick MILLON
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • R√©ouverture

  • Des t√©n√®bres √† la lumi√®re

  • R√©chauffement climatique

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • On sait que Tankred Dorst, dramaturge allemand majeur de notre √©poque, 81 ans √† la fin de l'ann√©e, jamais rompu √† l'exercice lyrique, n'a eu qu'un temps limit√© pour concevoir et r√©aliser sa mise en sc√®ne, apr√®s le retrait tardif du cin√©aste Lars von Trier. On sait aussi que se faire la main sur pareil ouvrage pour un homme de th√©√Ętre rel√®ve du challenge, surtout dans un lieu mythique comme Bayreuth. Comment pourtant ne pas ressentir une franche d√©ception devant cet Or du Rhin qui ne tient pas les promesses que laissaient augurer tant les forces musicales que l'√©quipe dramaturgique ?

    Aucune scorie dans ce travail sc√©nique, aucune provocation gratuite ni contresens dans ce Rheingold litt√©ral, √† tendance mythologique et dont la principale lacune reste la placidit√© du jeu, le statisme, la gaucherie des chanteurs livr√©s √† eux-m√™mes ¬Ė une Fricka empot√©e, une Freia nunuche au-del√† de l'imaginable, un Loge mou et sans caract√®re. √Čcueil d'autant plus pr√©jucidiable que les d√©cors √©vocateurs de Frank Philipp Schl√∂ssmann, loin de la laideur qu'on nous inflige si souvent de nos jours √† l'op√©ra, offraient un espace id√©al au metteur en sc√®ne.

    Seule originalit√©, la pr√©sence de passants, monsieurs tout le monde √©voluant au milieu des dieux sans les voir ¬Ė un badaud qui prend en photo les tags de l'un des murs de b√©ton entourant le contrefort du Walhalla ; un √©lectricien venant relever les compteurs au Nibelheim ; des gamins qui jouent √† se faire la guerre au tomber de rideau.

    © Jochen Quast / Bayreuther Festspiele GmbH

    Une distribution très faible ne risque pas d'atténuer la déception. Des voix féminines ne surnage que l'Erda de Mihoko Fujimura, voix naturelle déjà haut perchée et pointue pour Fricka, mais qui triche admirablement. Car ses comparses font peur à entendre : des filles du Rhin grêles, dont une Woglinde étranglée dans l'aigu ; une Fricka blanche de timbre, sans une once de personnalité ; une Freia épouvantable.

    C√īt√© masculin, constat √† peine moins effrayant. Kwangchoul Youn, beau timbre noble, chante Fasolt tout dans la gorge pour faire g√©ant, Jyrki Korhonen est un Fafner inexistant, Ralf Lukas un Donner sans subtilit√©, Arnold Bezuyen un Loge ni lyrique ni bouffe, sans s√©duction et souvent vulgaire de ton ¬Ė des sons pris par en dessous √† s'en d√©crocher le larynx ¬Ė, Andrew Shore un Alberich impersonnel et √† l'aigu difficile.

    Reste le haut du panier, avec le Froh de Clemens Bieber, le Mime à tendance fort-ténor de Gerhard Siegel et le Wotan de Falk Struckmann, trogne vocale et moyens adéquats, aigu puissant, autorité et projection impressionnantes, même si la voix n'est pas la plus séduisante, avec cette émission vérouillée et écrasée, ces nasalités, et surtout cet allemand rugissant, aux consonnes surarticulées jusqu'à la triphtongue.

    Une direction aérée et fluide

    Christian Thielemann, tr√®s attendu pour son premier Ring sur la Colline, frappe l√† o√Ļ on ne l'attendait gu√®re. Pourtant grand chantre √† l'ancienne, il ne renoue jamais avec la tradition de puissance, de massivit√©, de sculpture au burin de la mati√®re wagn√©rienne, leur pr√©f√©rant des textures a√©r√©es ¬Ė les harpes ¬Ė, un discours fluide, de la souplesse dans les transitions.

    Le pr√©lude, hypnotique, est l'un des plus lents que l'on ait entendus, sans ce d√©bordement terminal n√©cessaire √† lancer l'action, les cuivres manquent de mordant et d'ampleur au Walhalla, mais toujours cette majest√©, que le chef allemand pourrait parfois troquer contre plus de tranchant ¬Ė l'entr√©e des g√©ants ¬Ė, ce rubato tr√®s √† propos dans les fins de phrase, qui sont d'un authentique interpr√®te √† personnalit√©.




    Festspielhaus, Bayreuth
    Le 22/08/2006
    Yannick MILLON

    Nouvelle production de l'Or du Rhin de Wagner mise en scène par Tankred Dorst et sous la direction de Christian Thielemann au festival de Bayreuth 2006.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Das Rheingold, prologue au festival scénique Der Ring des Nibelungen (1869)
    Livret du compositeur

    Orchestre du Festival de Bayreuth
    direction : Christian Thielemann
    mise en scène : Tankred Dorst
    décors : Frank Philipp Schlössmann
    costumes : Bernd Skodzig
    éclairages : Ulrich Niepel

    Avec :
    Falk Struckmann (Wotan), Ralf Lukas (Donner), Clemens Bieber (Froh), Arnold Bezuyen (Loge), Kwangchul Youn (Fasolt), Jyrki Korhonen (Fafner), Andrew Shore (Alberich), Gerhard Siegel (Mime), Michelle Breedt (Fricka), Satu Vihavainen (Freia), Mihoko Fujimura (Erda), Fionnuala McCarthy (Woglinde), Ulrike Helzel (Wellgunde), Marina Prudenska√Įa (Flosshilde).

     



      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com