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CRITIQUES DE CONCERTS 01 décembre 2021

Nouvelle production de Crépuscule des Dieux de Wagner mise en scène par Tankred Dorst et sous la direction de Christian Thielemann au festival de Bayreuth 2006.

Bayreuth 2006 (6) :
Conclusion honnête d'un Ring prudent

© J√∂rg Schulze / Bayreuther Festspiele GmbH

Linda Watson (Br√ľnnhilde)

La boucle est bouclée. Nous voilà au terme du nouveau Ring de Bayreuth, avec toujours les mêmes constatations : images fortes, mise en scène faible, plateau inégal, direction passionnante mais rarement saisissante. Fin de cycle oblige, chacun tente toutefois de dépasser ses propres limites pour aboutir à une soirée qui se tient.
 

Festspielhaus, Bayreuth
Le 27/08/2006
Yannick MILLON
 



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  • Lorsque le rideau retombe sur les derniers accords de ce nouveau Ring de Bayreuth, on peut l√©gitimement penser n'avoir assist√© qu'√† une T√©tralogie de plus. En √©cho aux petites gens qui traversaient le plateau dans les trois premiers volets, la sc√®ne finale √©claire la seule v√©ritable option du metteur en sc√®ne : la destin√©e du monde se joue dans des sph√®res qui ne sont pas les n√ītres. Ainsi apr√®s l'embrasement du Walhalla, le palais des Gibichungen regagne ses occupants, un peu effray√©s mais sains et saufs. Et la vie continue, comme apr√®s chaque cataclysme.

    La sc√®ne des Nornes est magnifique, o√Ļ les trois parques c√īte √† c√īte sur un tas d'ossements au milieu du vide gouvernent √† la vie des √©toiles ; la demeure de Gunther, g√©om√©trique et design, est habilement peupl√©e d'une bonne soci√©t√© type ann√©es folles en bout de course, int√©ress√©e seulement de prestige et d'argent. L'arriv√©e de Siegfried dans ce monde civilis√©, savamment d√©cadent, fait alors l'effet d'un √©l√©phant dans un magasin de porcelaine, le h√©ros rustaud allant jusqu'√† se mordre au poignet pour faire jaillir son sang au moment du serment.

    © Jochen Quast / Bayreuther Festspiele GmbH

    M√™me si ce Ring de Tankred Dorst n'apporte en d√©finitive rien de neuf √† notre connaissance de l'oeuvre, et surtout ne r√©pond pas aux exigences d'exp√©rimentation qui sont de mise depuis 1951 au festival de Bayreuth, conform√©ment aux souhaits du compositeur qui voulait en faire un perp√©tuel atelier, que reprocher d'autre que les lacunes de sa direction d'acteurs √† cette production traditionnelle et coh√©rente, sans scories, tr√®s belle √† regarder, √† l'heure o√Ļ l'on nous sert partout et y compris dans ces m√™mes murs des horreurs comme le Parsifal de Schlingensief ?

    Compar√© aux trois volets pr√©c√©dents, ce Cr√©puscule affiche un plateau de meilleure tenue, avec notamment d'excellents Gibichungen : Gunther id√©al d'Alexander Marco-Buhrmester, cuivr√© de timbre et noble de ton, Gutrune lumineuse d'Edith Haller ¬Ė qui rempla√ßait dans l'urgence Gabriele Fontana ¬Ė, seul timbre radieux de ce Ring entier, et Hagen charbonneux √† souhait, tr√®s en voix de Hans Peter-K√∂nig.

    Une Immolation sous psychotropes

    Les h√©ros sont √©videmment un cran en dessous, et si Linda Watson a tendance √† sortir de sa torpeur au II, √† tenter enfin de vivre sa rage, sa Br√ľnnhilde traverse son Immolation comme sous psychotropes, sans jamais donner le sentiment que se joue un √©pisode fondamental de l'histoire du monde. Sans avoir tout √† fait non plus l'engagement, l'√©nergie n√©cessaires, Stephen Gould n√©gocie beaucoup mieux l'endurance moins ph√©nom√©nale du Siegfried de Cr√©puscule, et y semble naturellement plus en voix, plus √† l'aise pour traduire les derniers instants du h√©ros.

    Mihoko Fujimura n'a jamais paru si minuscule dans l'immensit√© du cadre de sc√®ne de Bayreuth, et laisse une Waltraute aux belles intentions sinon √† l'ampleur requise, qui a tendance √† crier ses aigus. C'est toutefois plus que chez des Nornes oubli√©es sit√īt √©cout√©es, des Filles du Rhin encore tr√®s vertes ou un Alberich sans √©paisseur.

    Dans l'ab√ģme mystique, Thielemann l√Ęche enfin du lest, sans perdre le sens de l'arche, notamment dans un premier acte plut√īt lent mais qui n'a jamais pass√© aussi vite, parfaitement g√©r√© dans l'alternance des climats et des densit√©s. Et m√™me si les blocs sonores de Cr√©puscule demanderaient l√† encore un geste plus aff√Ľt√©, et si l'on reste √©videmment en de√ß√† des plus grandes prestations d√©livr√©es dans cette m√™me fosse √† l'apr√®s-guerre, on cherchera en vain aujourd'hui pareille conduite, pareil m√©tier dans la ma√ģtrise du temps dramatique √† une √©poque o√Ļ les grands chefs wagn√©riens sont tout aussi rarissimes que les grands chanteurs.




    Festspielhaus, Bayreuth
    Le 27/08/2006
    Yannick MILLON

    Nouvelle production de Crépuscule des Dieux de Wagner mise en scène par Tankred Dorst et sous la direction de Christian Thielemann au festival de Bayreuth 2006.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Götterdämmerung, troisième journée du festival scénique Der Ring des Nibelungen (1876)
    Livret du compositeur

    Choeurs et Orchestre du Festival de Bayreuth
    direction : Christian Thielemann
    mise en scène : Tankred Dorst
    décors : Frank Philipp Schlössmann
    costumes : Bernd Skodzig
    éclairages : Ulrich Niepel
    préparation des choeurs : Eberhard Friedrich

    Avec :
    Stephen Gould (Siegfried), Alexander Marco-Buhrmester (Gunther), Hans-Peter K√∂nig (Hagen), Andrew Shore (Alberich), Linda Watson (Br√ľnnhilde), Edith Haller (Gutrune), Mihoko Fujimura (Waltraute), Janet Collins (Erste Norn), Martina Dike (Zweite Norn), Irene Theorin (Dritte Norn), Fionnuala McCarthy (Woglinde), Ulrike Helzel (Wellgunde), Marina Prudenska√Įa (Flosshilde).

     



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