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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2018

Concert de l'Orchestre de la Staatskapelle de Dresde sous la direction de Georges Prêtre au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

L'éloge de la liberté

À quatre-vingt deux ans, Georges Prêtre n'a plus rien à prouver. Le concert qu'il donne ce dimanche au TCE, à la tête de l'Orchestre de la Staatskapelle de Dresde dans un programme Bartók-Beethoven où on ne l'attend pas toujours, l'aura montré maître de ses intentions, non sans une certaine dose de singularité.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 24/09/2006
Michel LE NAOUR
 



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  • Reconnu comme l'un des plus grands chefs lyriques de son temps, acclamé dans le monde entier, Georges Prêtre est aussi invité régulièrement pour diriger les plus grandes oeuvres symphoniques, en particulier en Allemagne et en Autriche. Il est d'ailleurs, depuis 1995, chef d'honneur à vie de l'Orchestre Symphonique de Vienne.

    Phalange historique, l'Orchestre de la Staatskapelle de Dresde est à lui seul un instrument dont on peut user sans limite, voire abuser, tant ses musiciens ont conscience de leur métier considéré comme un sacerdoce. Au Théâtre des Champs-Élysées, le programme proposé ce soir, entre Beethoven et Bartók, n'hésite pas à opposer deux des plus grandes fresques orchestrales de l'histoire de la musique, distantes de presque un siècle et demi, mais qui ont en commun d'avoir ouvert des horizons nouveaux.

    Le Concerto pour orchestre écrit par Bartók peu avant sa mort aux États-Unis ne peut souffrir d'aucune approximation stylistique mais laisse une grande marge de liberté dont Prêtre, qui officie de mémoire, sait distiller tous les poisons et les délices. L'extrême virtuosité de l'orchestre (Presto final), sa transparence (Élégie), la respiration qui se dégage de tous les pupitres, l'équilibre et le dosage des nuances rendent justice à cette partition exigeante parfaitement dominée de bout en bout où le chef se permet parfois un important rubato que n'aurait pas désavoué Leopold Stokowski.

    L'Héroïque de tous les possibles

    Une telle expérience capte sans cesse l'attention, et la dimension narrative en arche est sublimement développée par un orchestre d'une sensualité et d'une sensibilité accordées aux intentions de Prêtre. Il en va de même de la Symphonie Héroïque de Beethoven dont l'interprétation se permet là encore toutes les libertés ? en particulier dans le Finale à variations sur le thème de Prométhée).

    Plus encore que l'Allegro con brio, la Marche funèbre est un moment de perfection orchestrale d'une densité sonore et d'une religiosité à couper le souffle, alors que le Scherzo où les cors brillent de leur sonorité ambrée entretient un climat de ferveur et de joie presque débridée. Économe de ses gestes, loin de la gesticulation parfois métronomique de certains de ses confrères, Georges Prêtre recherche davantage la jouissance sonore, la volupté, que la précision ou l'orthodoxie parfois battue en brèche ? fluctuations de tempo, alourdissement de certaines variations du Finale, arrêts sur image parfois insistants.

    Cette singularité qui est celle d'un interprète qui affirme haut et fort son indépendance trouve dans cet orchestre d'excellence toutes les possibilités de s'exprimer. On s'en rendra encore davantage compte dans une 1re danse hongroise de Brahms donnée en bis qui frise, au-delà de la virtuosité orchestrale, la caricature par son déhanchement tzigane outré, et surtout dans une Farandole de l'Arlésienne de Bizet d'une juvénilité hallucinante, assénée comme un coup de poing.

    On sort d'un tel concert interrogatif sur les options parfois défendues et assumées par le chef, mais exalté par la prestation de cet orchestre de tradition pluriséculaire qui continue de briller « comme l'éclat du vieil or ».




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 24/09/2006
    Michel LE NAOUR

    Concert de l'Orchestre de la Staatskapelle de Dresde sous la direction de Georges Prêtre au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Béla Bartók (1881-1945)
    Concerto pour orchestre (1944)

    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Symphonie n° 3 en mi bémol majeur op. 55, « Héroïque » (1805)

    Orchestre de la Staatskapelle de Dresde
    direction : Georges Prêtre

     


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