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CRITIQUES DE CONCERTS 15 octobre 2019

Version anglaise de la Création de Haydn sous la direction de Paul McCreesh à la salle Pleyel, Paris.

Une Création haendélienne

Si le Gabrieli Consort and Players n'était pas l'ensemble idéal pour mesurer l'adéquation de l'acoustique de la nouvelle salle Pleyel avec les instruments d'époque, Paul McCreesh a offert une lecture enthousiasmante et volontairement haendélienne de la Création de Haydn, dans une version anglaise inhabituelle.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 22/09/2006
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Temple de la musique symphonique, la salle Pleyel se veut √©galement un lieu d'accueil privil√©gi√© pour les ensembles d'instruments anciens les plus prestigieux, dont certains tr√®s rares √† Paris. Ainsi, se succ√®deront cette premi√®re saison les English Baroque Soloists, le Freiburger Barockorchester, les Arts Florissants, le Concert des Nations, le Concentus Musicus Wien, les Musiciens du Louvre-Grenoble et l'Orchestre des Champs-√Člys√©es, dirig√©s par Gardiner, Jacobs, Christie, Savall, Harnoncourt et Minkowski.

    Paul McCreesh et son Gabrieli Consort and Players ont ouvert le bal, avec leur troisi√®me incursion dans le r√©pertoire classique, la Cr√©ation de Haydn, ou plut√īt The Creation, puisque le chef anglais, interpr√®te chevronn√© de l'oratorio haend√©lien, a voulu revenir √† la langue originelle du livret.

    C'est en effet de Londres, o√Ļ il entendit bon nombre d'oratorios de Haendel, que Haydn rapporta ce livret inspir√© de la Bible et du Paradis perdu de Milton. Le baron Gottfried van Swieten, celui-l√† m√™me qui fit d√©couvrir √† Mozart les fugues de Bach, se chargea de l'adaptation et des frais de la premi√®re audition priv√©e, le 30 avril 1798, au palais viennois du Prince Schwarzenberg, membre de la Soci√©t√© des Associ√©s, fond√©e par van Swieten.

    La premi√®re publique eut lieu un an plus tard au Burgtheater, et remporta un immense succ√®s. La partition fut publi√©e en 1800, et, fait exceptionnel, en allemand et en anglais. Mais plut√īt que de revenir au texte original, cette √©dition s'appuie sur une traduction assez maladroite du livret de van Swieten, √† en croire le chef britannique. Cette ex√©cution en anglais, qui accentue davantage encore l'hommage de Haydn √† Haendel, a donc n√©cessit√© quelques retouches, principalement dans les r√©citatifs.

    Dans cette oeuvre pour ainsi dire √©vidente dans sa luminosit√©, ses figuralismes parfois na√Įfs, Paul McCreesh retrouve un √©lan, une souplesse de phras√©, sinon une vari√©t√©, qui lui faisaient d√©faut dans ses derni√®res incursions haend√©liennes, tout du moins en concert. Dans un effectif √©toff√©, le Gabrieli Consort and Players n'en chante pas davantage, particuli√®rement dans l'acoustique analytique de la nouvelle Salle Pleyel qui, si elle ne laisse rien passer aux orchestres symphoniques, est plus redoutable encore pour ce type de formation.

    Un orchestre sec et avare de couleurs

    D'attaques plus franches, mais toujours sec et avare de couleurs, l'ensemble de McCreesh s'efface donc devant un remarquable ensemble de solistes, davantage flatt√© par l'acoustique qu'un choeur dont la disposition, non pas sur les gradins de l'arri√®re-sc√®ne, mais derri√®re l'orchestre, ne nous a pas permis de go√Ľter la virtuosit√©.

    D'une diction parfois p√Ęteuse, Sandrine Piau est id√©ale de fra√ģcheur instrumentale, avec cette malice inimitable dont elle d√©borde toujours dans Haydn. Sans doute court de projection, Neal Davies est un r√©citant inspir√©, qui sait se faire primesautier sous les traits d'Adam, adoucissant sa voix de basse flexible et √©gale, sinon color√©e. Enfin, Uriel proph√©tique, Mark Padmore est toujours l'√©l√©gance personnifi√©e.

    Enthousiasmante, sinon transcendante, cette Cr√©ation o√Ļ jamais ne transpara√ģt la pr√©monition du p√©ch√© originel, accro√ģt surtout, √† l'instar des concerts d'inauguration de l'Orchestre de Paris, notre curiosit√© d'√©couter d'autres formations jouant sur instruments d'√©poque dans une acoustique qui est encore loin d'avoir r√©v√©l√© tous ses secrets.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 22/09/2006
    Mehdi MAHDAVI

    Version anglaise de la Création de Haydn sous la direction de Paul McCreesh à la salle Pleyel, Paris.
    Joseph Haydn (1732-1809)
    The Creation, oratorio en trois parties (1798)
    Livret de Gottfried van Swieten, d'après la Bible et le Paradis perdu de John Milton.

    Sandrine Piau, soprano (Gabriel, Eve)
    Mark Padmore, ténor (Uriel)
    Neal Davies, basse (Raphael, Adam)

    Gabrieli Consort and Players
    direction : Paul McCreesh

     


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