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CRITIQUES DE CONCERTS 24 février 2020

Nouvelle production de La Traviata à l'Opéra de Marseille.

Traviata Ă  la louche

La nouvelle production de l'Opéra de Marseille donne dans le luxe visuel : velours, tentures, champagne, dentelles, diamants ou verroteries scintillantes, rien ne manque. On s'y ennuie fastueusement.
 

Opéra, Marseille
Le 26/04/2000
Sylvie BONIER
 



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  • Il faut s'y faire. Avec plus d'une heure et demie de rallonge pour cause de chan-gements de dĂ©cors, la Traviata marseillaise prend des allures de Walkyrie. Le public impatient n'a qu'Ă  se venger sur les boissons lors des trois entractes amĂ©nagĂ©s pour installer un environnement sans imagination ni sĂ©ductions parti-culières. Ce ne sont pas les dĂ©bauches de velours et de tentures, les avalanches de vaisselle scintillante et les immenses verrières attendues qui vont donner du sens Ă  ce spectacle des plus convenus. D'autant que la direction musicale d'Antonello Allemandi ne donne ni dans la finesse, ni dans la lĂ©gèretĂ©, et s'embourbe dans un maniĂ©risme insistant que l'orchestre suit dans des dĂ©calages frĂ©quents. Cela posĂ©, le spectateur marseillais se dĂ©lecte de tous les tubes dĂ©livrĂ©s dans cette ?uvre dont, Ă  l'Ă©vidence, il n'attend rien d'autre qu'un dĂ©ferlement de romantisme. Le voilĂ  donc servi Ă  la louche. Les VĂ©nitiens Flavio Trevisan (dĂ©cors et mise en scène) et Eugenio Girardi (costumes) se rĂ©unissent autour d'un style commun. Tout cela se veut zeffirellien, mais n'en possède nullement le panache. Certes, on croule sous les diamants, le champagne, les dentelles et les anglaises Ă  rubans. Mais on reste dĂ©sespĂ©rĂ©ment Ă  la porte du frisson tant l'omniprĂ©sence de l'imagerie Ă©crase l'expression de sentiments relĂ©guĂ©s, eux, au grenier. Aussi froide qu'un marbre blanc, la Violetta d'Hasmik Papian Ă  la jouissance bien sage. Sa voix sombre et charpentĂ©e n'est pas sans charme, mais elle ne correspond pas au tempĂ©rament fĂ©brile et extrĂŞme d'une courtisane Ă  l'aigu autrement plus ravageur. Quant aux brĂ»lures de l'engagement physique et Ă  l'effritement vocal progressif requis par ce rĂ´le qui dĂ©ambule sur le fil du rasoir, la soprano armĂ©nienne n'en possède pas les clĂ©s. Et ce n'est pas l'Alfredo grimaçant et caricatural d'Octavio ArĂ©valo qui peut l'aider Ă  les retrouver. Avec le Germont au paternalisme raide de Giovanni Meoni, la classe du Baron Douphol de François Castel et le docteur Grenvil aux beaux gra-ves d'Enrico Turco, l'essentiel de la distribution s'avère, au demeurant, plutĂ´t honorable.




    Opéra, Marseille
    Le 26/04/2000
    Sylvie BONIER

    Nouvelle production de La Traviata à l'Opéra de Marseille.
    La Traviata de Giuseppe Verdi
    Orchestre et ch?urs de l'Opéra de Marseille.
    Direction musicale : Antonello Allemandi.
    Mise en scène et décors : Flavio Trevisan.
    Avec Violetta : Hasmik Papian, Alfredo : Octavio Arévalo, Giorgio Germont : Giovanni Meoni, Flora Bervoix : Florence Oundjian, Gastone de Letorières : Wilfried Tissot, Baron Douphol : François Castel, Marquis d'Obigny : Jean Vendassi, Annina : Marie-Louise Evora, Docteur Grenvil : Enrico Turco, Giuseppe : Jacques Labauve, Le Commissaire : Frédéric Leroy, Un domestique : Stefan Roemer.

     


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