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CRITIQUES DE CONCERTS 13 aoűt 2020

Concerts de l'Orchestre National de France sous la direction de Stamatia Karampini et Kurt Masur à la salle Olivier Messiaen de Radio France le 23 septembre, et sous la direction de Kurt Masur au Théâtre des Champs-Élysées le 28 septembre.

Chostakovitch transfiguré

En deux concerts, l'Orchestre National de France a rendu hommage à Chostakovitch dans une impressionnante 5e symphonie sous la direction de la jeune Stamatia Karampini et dans une bouleversante Symphonie Babi Yar sublimée par l'interprétation intense de Kurt Masur, servie au mieux par le baryton Serguei Leiferkus.
 

Le 28/09/2006
Michel LE NAOUR
 



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  • Pour inaugurer la saison 2006-2007, Radio France dans sa sĂ©rie de concerts Portes Ouvertes accueillait l'Orchestre National de France le 23 septembre dernier. La jeune chef grecque Stamatia Karampini, âgĂ©e de 28 ans, offrait de la 5e symphonie de Chostakovitch une interprĂ©tation d'une densitĂ© et d'une architecture tout Ă  fait Ă©tonnantes qui tĂ©moignent d'une appropriation en profondeur de cette oeuvre Ă  l'intensitĂ© inĂ©luctable oĂą ont jadis brillĂ© des chefs du calibre de Mravinski (son crĂ©ateur en 1937), Kondrachine, Ancerl, Sanderling, Bernstein et plus près de nous Haitink.

    Tenue de bout en bout par une baguette précise, expressive, la partition portée à bout de bras et par coeur semblait transmise à l'orchestre par un fluide contagieux. Chauffé à blanc par cette conception tendue comme un arc (Moderato – Allegro non troppo) où l'émotion égale la perfection du geste et de la construction, le National déploie tous ses artifices – en particulier les cuivres et les bois.



    Une interprétation massive mais aussi très claire, distinguant chaque pupitre et aérant le discours. Stamatia Karampini n'en est pas à son coup d'essai : elle a déjà dirigé à Saint-Pétersbourg, Munich, Prague, Londres, Berlin. Après une telle prestation, elle a incontestablement de beaux jours devant elle ! En seconde partie Kurt Masur, malgré le métier qu'on lui connaît, par une exécution routinière, ne parvient pas à porter la 5e symphonie de Beethoven sur les mêmes cimes inspirées. Quoi qu'il en soit, on sort de ce concert avec l'impression d'avoir vécu un événement et la naissance d'une étoile.

    Le 28 septembre au TCE, le chef allemand retrouve tout son charisme et son énergie. L'Inachevée de Schubert semble hésiter entre la générosité lyrique – le chant des cordes – et la force parfois appuyée des accords. La transparence comme l'humanité qui se dégagent de cette vision sensible où l'orchestre, d'une homogénéité discutable, apporte une lumière et un climat sensuel qui ne laissent pas indifférent.

    On est davantage saisi par l'approche bouleversante de la 13e symphonie de Chostakovitch où le baryton Serguei Leiferkus – qui a déjà enregistré l'oeuvre en 1993 avec Masur – donne des cinq poèmes d'Evgeni Evtouchenko – sur le massacre des Juifs à Babi Yar, la tragédie du peuple russe et le rôle de l'artiste confronté à la dictature – toute sa dimension intérieure.

    Maelström sonore

    Soutenu par une diction implacable malgré une émission qui, avec le temps, semble s'assourdir et perdre de sa couleur, il sait créer une atmosphère angoissée qui s'inscrit dans une tradition de la musique russe celle en particulier des Chants et danses de la mort de Moussorgski. Partie intégrante de l'orchestre, il est entraîné dans un maelström sonore qui envahit tout l'espace.

    Très narrative, conduite par une volonté inexorable, la conception de Masur privilégie l'efficacité jusqu'à la porter à son point culminant avec une cohérence et une urgence parfois au détriment de cette ironie au second degré dont l'oeuvre est pourtant gorgée (l'Humour). Il faut souligner l'extraordinaire prestation du choeur d'hommes de Radio France préparé par Vladislav Tchernouchenko, remarquable par sa diction et partie prenante de ce drame de l'humanité tout entière sublimé par Chostakovitch.




    Le 28/09/2006
    Michel LE NAOUR

    Concerts de l'Orchestre National de France sous la direction de Stamatia Karampini et Kurt Masur à la salle Olivier Messiaen de Radio France le 23 septembre, et sous la direction de Kurt Masur au Théâtre des Champs-Élysées le 28 septembre.


    Salle Olivier Messiaen, Radio France, 23/09/2006

    Dimitri Chostakovitch (1906-1975)
    Symphonie n° 5 en ré mineur op. 47 (1937)

    Ludwig von Beethoven (1770-1827)
    Symphonie n° 5 en ut mineur op. 67 (1808)*

    Orchestre National de France
    direction : Stamatia Karampini (* Kurt Masur)

    Théâtre des Champs-Élysées, 28/09/2006

    Franz Schubert (1797-1828)
    Symphonie n° 8 en si mineur D. 759, « InachevĂ©e Â» (1825)

    Dimitri Chostakovitch (1906-1975)
    Symphonie n° 13 en si bĂ©mol mineur op. 113, « Babi Yar Â» (1962)
    Serguei Leiferkus, baryton-basse
    Choeur d'hommes de Radio France
    direction : Vladislav Tchernouchenko

    Orchestre National de France
    direction : Kurt Masur

     


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