altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
dťsinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 18 septembre 2019

Concert d'ouverture de la saison symphonique de l'Orchestre national de Lyon sous la direction de Jun Märkl en collaboration avec la biennale de la danse à l'Auditorium de Lyon.

Danse ou musique, il faut choisir

Jun Märkl

L'ouverture de la saison derni√®re d√©j√† plac√©e sous le signe de l'union entre geste et musique, l'Auditorium de Lyon franchit cette ann√©e un degr√© suppl√©mentaire avec une collaboration entre l'ONL et la Biennale de la Danse. Chronique d'une belle soir√©e d'ouverture o√Ļ musique et chor√©graphie ne font pourtant pas toujours bon m√©nage.
 

Auditorium Maurice Ravel, Lyon
Le 29/09/2006
Benjamin GRENARD
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Violetta et ses followers

  • Vieux pr√™tre d‚ÄôIsra√ęl

  • Salzbourg 2019 (8) : Et puis s‚Äôen va‚Ķ

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • En septembre 2005, l'ouverture de saison de l'Orchestre national de Lyon avait d√©j√† vu la mise en espace et en image de Liszt et de Messiaen, pour un r√©sultat gu√®re probant. Cette ann√©e encore, l'aspect visuel donne corps √† une soir√©e d'ouverture se situant dans la perspective d'une saison consacr√©e aux Ballets russes. L'Auditorium a donc d√©cid√© de collaborer cette fois de mani√®re beaucoup plus pertinente avec la Biennale de la Danse.

    Sauvage, convulsif, habit√© par un rut poussif qui engendre des r√Ęles aussi continuels qu'animaux, le Faune de Marie Chouinard est d'une lascivit√© quasi forcen√©e. C'est √† peine s'il peut dominer cette pulsion enfi√©vr√©e au co√Įt, p√©niblement contrainte par un g√©nitoir absent, dont la reconqu√™te constituera l'ultime soulagement. La chor√©graphie s'av√®re toujours prenante, r√©cup√©rant le style nijinskien dans une d√©marche personnelle et achev√©e.

    Mais la respiration furieuse et p√©nible du Faune, perceptible jusqu'au premier balcon malgr√© la musique, appara√ģt en flagrante contradiction avec la respiration po√©tique de Debussy, si nouvelle pour l'√©poque. Dans ce pr√©lude o√Ļ l'√©rotisme conduit √† une dissolution dans un onirisme moite et sensuel affranchi de toute contingence, la sensation de tension et de conflit cr√©√©e par les choix chor√©graphiques jure avec la partition, quand elle ne perturbe pas tout √† fait l'√©coute. D'autant que Jun M√§rkl joue au pupitre la carte de la transparence et de l'√©vidence, laissant s'√©panouir naturellement la substance d'une musique √† la libert√© si inou√Įe.

    Le style de la chorégraphe colle en revanche à merveille au Sacre du printemps, recomposant un espace nerveux, enfiévré, au moyen de corps sculptés à la Rodin et de mouvements en blocs massifs et tranchants. L'Orchestre national de Lyon ne démérite pas techniquement et s'attache à une mise en place scrupuleuse d'une pièce des plus complexes, qui demande un chef à poigne ou du moins avec quelques prises de risques à défaut de véritable vision, ce qui n'est pas le cas ce soir du très consensuel Märkl.

    Une lecture proprette

    Car si cette interprétation ne froissera personne, elle n'enthousiasmera pas davantage. On perçoit clairement une certaine recherche, un certain travail sur les textures, notamment dans les cordes, mais le chef allemand ne va pas reste en surface d'une partition qui demande impérativement à être creusée : Danse sacrale proprette, aux attaques de cordes pas assez sabrées, timbres loin de l'écorchure et donc de l'expression adéquate, sonorités parfois délavées, cuivres sans acuité, ne rendant jamais toute la démesure nécessaire.

    S'il nous faudra ce soir choisir entre danse et musique, on restera néanmoins globalement saisi par un spectacle qui en vaut la peine et par une bonne tenue d'orchestre, en espérant que Märkl sache opérer des choix interprétatifs plus décisifs pour les Ballets russes à venir.




    Auditorium Maurice Ravel, Lyon
    Le 29/09/2006
    Benjamin GRENARD

    Concert d'ouverture de la saison symphonique de l'Orchestre national de Lyon sous la direction de Jun Märkl en collaboration avec la biennale de la danse à l'Auditorium de Lyon.
    Claude Debussy (1862-1918)
    Prélude à l'après-midi d'un faune (1892)
    chorégraphie : Marie Chouinard
    éclairages : Alaine Lortie
    costume : Luc Courchesne, Louis Montpetit et Marie Chouinard
    maquillage : Jacques-Lee Pelletier

    Igor Stravinski (1882-1971)
    Le sacre du printemps, tableaux de la Russie pa√Įenne en deux parties (1913)

    conception et chorégraphie : Marie Chouinard
    éclairages : Marie Chouinard
    costumes : Vandal
    accessoires : Zaven Paré
    maquillages : Jacques-Lee Pelletier
    coiffures : Daniel Ethier
    musique d'introduction : Signatures sonores, Robert Racine, 1992.

    Orchestre national de Lyon
    direction : Jun Märkl

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com