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CRITIQUES DE CONCERTS 09 aoŻt 2020

Premier des trois concerts de la Staatskapelle Berlin sous la direction de Daniel Barenbo√Įm dans le cadre de Piano**** au Th√©√Ętre du Ch√Ętelet, Paris.

Splendeur orchestrale

Le premier des trois programmes de la Staatskapelle Berlin dans la s√©rie Piano**** au Ch√Ętelet a soulev√© un juste enthousiasme. L'int√©r√™t des approches de Mozart et de Mahler n'a d'√©gal que la somptueuse qualit√© instrumentale de la formation germanique et celle du toucher pianistique de Daniel Barenbo√Įm.
 

Th√©atre du Ch√Ętelet, Paris
Le 23/10/2006
Gérard MANNONI
 



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  • Il n'y a pas √† dire, d√®s que l'on entend un orchestre s'accorder, on sait d√©j√† quelle sera sa sonorit√©. √Ä peine cette formation qui est celle de la Staatsoper Unter den Linden et dont Daniel Barenbo√Įm est depuis 1992 chef √† vie avait elle ¬ę accord√© ses violons ¬Ľ que l'oreille √©tait d√©j√† s√©duite par sa sonorit√©. Impression largement confirm√©e tout au long de cette soir√©e comportant deux parties pourtant bien diff√©rentes.

    Chef et soliste du 23e concerto pour piano de Mozart, Daniel Barenbo√Įm joue sur du velours, dans un r√©pertoire qu'il ma√ģtrise presque depuis l'enfance. Au piano, il est toujours un interpr√®te inspir√©, qui donne l'impression de recr√©er plut√īt que de reprendre une partition qu'il conna√ģt. Il ne joue jamais la m√™me oeuvre exactement pareil, sans que l'on sache vraiment s'il s'agit de l'inspiration du moment ou du r√©sultat d'une √©volution toujours en marche.

    Son Mozart a aujourd'hui une subtilit√© de toucher et une profondeur de pens√©e qui semblent couler de source. Ici, le dessin du phras√©, l'invention qui pr√©side √† l'accentuation, la nature m√™me du toucher juste assez pr√©sent, juste assez distanci√©, tout contribue √† cr√©er l'atmosph√®re plut√īt ludique et sereine de cette partition contemporaine des Noces de Figaro. Et quelle beaut√© que le son des clarinettes de cet orchestre !

    Autre univers et autre voyage que celui propos√© par la 7e symphonie de Gustav Mahler, l'une de ces partitions monumentales qui commencent par vous effrayer un peu et dont on ne voudrait finalement plus sortir. ¬Ćuvre complexe, cette vaste partition frappe par ses contrastes, dus notamment √† la pr√©sence de ces deux Nachtmusik et apportant, sous deux formes diff√©rentes, quelques moments d'apaisement √† la tourmente des trois autres mouvements. Et puis, apr√®s le climat sombre, voire angoiss√© du premier mouvement et du Scherzo, c'est dans une sorte de joie forc√©e et √† peine cr√©dible que se d√©roule l'imposant Finale.

    Comme dans Mozart, Barenbo√Įm apporte aujourd'hui √† ce r√©pertoire postromantique une exp√©rience et une r√©flexion qu'il n'avait pas toujours lorsqu'il le pratiquait avec l'Orchestre de Paris √† la fin des ann√©es 1970. Mais trente ans ont pass√©, et la culture musicale de la Staatskapelle Berlin n'est pas celle de nos musiciens parisiens ; leur sonorit√© non plus.

    Car ici, on ne sait qu'admirer le plus de l'harmonie, du quatuor ou de la percussion, voire des harpes. Tout est superbe, que l'on parle de l'interprétation des multiples passages à découvert de tel ou tel pupitre, de tel ou tel soliste, ou de la qualité sonore de chacun comme des ensembles. Il y a là une osmose, un investissement aussi bien collectif que personnel, une fusion avec les intentions du chef dont la gestique reste un exemple de sobriété efficace, qui ne peuvent que forcer l'admiration et engendrer la plus vive satisfaction.

    Une 7e de Mahler lucide et pleine d'élan

    Barenbo√Įm va bien au fond des intentions d'une musique souvent contradictoire, presque trop riche aussi pour qu'on puisse la cerner sous tous ses aspects. Il est des lectures o√Ļ le r√™ve a plus de place. Celle-ci emporte l'adh√©sion par sa lucidit√©, ses superbes √©lans, sa concentration, sa clart√© et vision d'ensemble totalement coh√©rente qui tient n√©anmoins compte de la diversit√© d'√©criture de chaque partie.

    Comme le disaient certains avant le concert, la Staatskapelle Berlin n'est pas la Philharmonie de Berlin. Certes, mais elle se situe dans la m√™me tradition instrumentale et dans la m√™me culture musicale, et le travail r√©gulier effectu√© depuis maintenant une quinzaine d'ann√©es avec Barenbo√Įm est √©vident.

    Comment alors ne pas attendre avec impatience les deux autres concerts qui auront pour solistes des personnalités aussi diamétralement opposées que celles de Lang Lang et Radu Lupu ?




    Th√©atre du Ch√Ętelet, Paris
    Le 23/10/2006
    Gérard MANNONI

    Premier des trois concerts de la Staatskapelle Berlin sous la direction de Daniel Barenbo√Įm dans le cadre de Piano**** au Th√©√Ętre du Ch√Ętelet, Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour piano n¬į 23 en la majeur, K. 488
    Daniel Barenbo√Įm, piano

    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n¬į 7 en mi mineur

    Staatskapelle Berlin
    direction : Daniel Barenbo√Įm

     


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