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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2019

Troisi√®me concert de la Staatskapelle Berlin sous la direction de Daniel Barenbo√Įm, avec la participation du pianiste Radu Lupu dans le cadre de Piano**** au Th√©√Ętre du Ch√Ętelet, Paris.

Résignation sereine
© D.R.

Point final √† la s√©rie de concerts de la Staatskapelle Berlin sous la direction de Daniel Barenbo√Įm au Th√©√Ętre du Ch√Ętelet, avec pour cette troisi√®me soir√©e le toucher pianistique infiniment subtil de Radu Lupu et une 9e symphonie de Mahler in√©gale mais conclue dans un magnifique apaisement.
 

Th√©atre du Ch√Ętelet, Paris
Le 25/10/2006
Yannick MILLON
 



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  • Fascinante personnalit√© que celle de Radu Lupu ! Plus les ann√©es passent, plus ce toucher d√©licat entre tous tend √† se d√©pouiller, quel que soit le r√©pertoire abord√©. Le pianiste roumain aime √† prendre son temps, celui de faire chanter l'instrument, de laisser au son toute latitude pour s'√©panouir. Cal√© bien au fond d'une simple chaise, au plus pr√®s du clavier, il semble d'embl√©e coup√© du monde, grognant, chantonnant pour soi, comme ab√ģm√© dans une intense contemplation.

    D√®s lors, le concerto de Schumann n'est plus que le pr√©texte √† une r√™verie infinie. Difficile de r√©sister √† pareil voyage po√©tique, o√Ļ ce piano √† l'amour triste sait convaincre malgr√© toutes les licences stylistiques ; car ce Schumann qui se veut nettement plus le petit fr√®re de Schubert que celui de Liszt manque √† l'√©vidence de s√®ve, d'√©lan romantique, de fermet√© aussi.

    Qu'importe. Lupu n'a sans doute jamais eu un toucher aussi miraculeux, √† fleur de clavier, au d√©triment d'une virtuosit√© limit√©e, contraignant √† des tempi tr√®s lents, particuli√®rement dans le premier mouvement. Et si ce piano √©pur√© r√©ussit toujours √† capter l'attention, l'ossature orchestrale dessin√©e par Barenbo√Įm, elle, semble atteinte d'ost√©oporose : attaques molles, accords toujours √©mouss√©s, absence d'un v√©ritable soutien, manque d'√©nergie pour propulser ce piano quasi autiste.

    Apr√®s l'entracte, changement de d√©cor avec une 9e symphonie de Mahler autrement cursive. Barenbo√Įm y d√©fend une avanc√©e qui refuse toute sculpture architecturale, lui pr√©f√©rant l'urgence, la r√©activit√© dans l'instant, la flexibilit√© de l'agogique. La Staatskapelle Berlin a ce professionnalisme palpable des formations d'outre-Rhin, une tenue offrant quelques timbres de la plus belle facture, dont une fl√Ľte, un piccolo parmi les plus magnifiques entendus r√©cemment.

    Et si les forces berlinoises semblent un peu fragiles ce soir, comment ne pas noter que la gestique si personnelle, rarement tr√®s efficace ¬Ė les d√©parts, brouillons, l'incapacit√© √† tenir l'orchestre dans les mesures √† un temps ¬Ė, la nervosit√© du chef sur son podium en sont sans doute les principaux responsables ? Car le d√©rapage n'est jamais loin : √† l'arriv√©e en gare du troisi√®me th√®me du Scherzo, le train Barenbo√Įm oublie presque de s'arr√™ter, provoquant un beau cafouillage ; dans les grands d√©veloppements des mouvements centraux, le capitaine du navire semble ne plus ma√ģtriser son gouvernail, laissant filer l'orchestre sans hi√©rarchiser les plans sonores.

    Accomplissement dans la seule raréfaction

    En revanche, √† chaque fois que la texture perd de la densit√©, le tempo se distend, la mati√®re s'√©tale √† l'infini. √Ä l'√©vidence, comme Lupu en premi√®re partie, Barenbo√Įm est nettement plus √† son affaire dans la rar√©faction, dans les passages apais√©s, et distille une fin de premier mouvement de toute beaut√©, un Adagio terminal lyrique sans exc√®s, o√Ļ les crescendi, parfaitement conduits, sont autant de mouvements de l'√Ęme, o√Ļ l'Adagissimo s'√©l√®ve au firmament d'une nuit sans √©toiles, avec ces cordes au vibrato minimal qui lentement expirent comme un seul homme, entrecoupant des silences de plus en plus charg√©s dans le pianissimo le plus √©th√©r√© qui soit.

    La résignation sereine dans toute sa grandeur, après maints démêlés mahlériens.




    Th√©atre du Ch√Ętelet, Paris
    Le 25/10/2006
    Yannick MILLON

    Troisi√®me concert de la Staatskapelle Berlin sous la direction de Daniel Barenbo√Įm, avec la participation du pianiste Radu Lupu dans le cadre de Piano**** au Th√©√Ętre du Ch√Ętelet, Paris.
    Robert Schumann (1810-1856)
    Concerto pour piano en la mineur, op. 54
    Radu Lupu, piano

    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n¬į 9 en r√© majeur

    Staatskapelle Berlin
    direction : Daniel Barenbo√Įm

     


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