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CRITIQUES DE CONCERTS 19 aoŻt 2019

Concert de l'Orchestre de la SWR Baden-Baden und Freiburg sous la direction de Sylvain Cambreling à la salle Pleyel, Paris.

Triomphe parisien pour Cambreling

A la t√™te de son orchestre de la SWR Baden-Baden und Freiburg, Sylvain Cambreling offre un programme parmi les plus exigeants de la saison. Assumant avec conviction la cr√©ation fran√ßaise de Pl√∂tzlichkeit de Brian Ferneyhough, caricature de musique contemporaine, il livre une fulgurante interpr√©tation d'Arcana d'Edgar Var√®se, aussi fougueuse que ma√ģtris√©e.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 18/11/2006
Laurent VILAREM
 



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  • Voil√† un programme qui ne c√®de en rien √† la facilit√© ! Des oeuvres du XXe si√®cle, des auteurs au fort parfum de soufre ¬Ė Ferneyhough, Var√®se ¬Ė, et quand le nom d'Olivier Messiaen appara√ģt, ce n'est pas pour l'Ascension mais pour Chronochromie, la pi√®ce orchestrale la plus aride de son auteur. Il faut donc saluer la rigueur de Sylvain Cambreling et la merveilleuse ma√ģtrise de l'orchestre de la SWR, qui s'affirme de plus en plus comme une phalange d'exception dans le r√©pertoire d'aujourd'hui.

    Chronochromie est en effet une oeuvre assez s√©v√®re. On n'y trouve pas comme dans la Turang√Ęlila ou dans la Transfiguration de notre seigneur J√©sus Christ des √ģlots de consonances qui permettent √† l'auditeur un certain r√©pit. Compos√©e en 1960, la pi√®ce arbore une monumentalit√© un peu sourcilleuse mais finit par impressionner par sa radicalit√© et sa coh√©rence. De longs unissons de cordes mena√ßantes, de lumineux solos de percussions, jusqu'√† cette √Čpode o√Ļ les cordes semblent faire entendre des centaines de chants d'oiseaux simultan√©s : Chronochromie semble finalement une mani√®re de quintessence de l'oeuvre de Messiaen, certes un peu abrupte mais que l'√©nergie employ√©e par Sylvain Cambreling r√©ussit √† extraire avec gr√Ęce.

    L'oeuvre suivante ne r√©compense pas une telle patience, tant durant ces vingt-cinq minutes de musique, l'oreille m√™me la mieux accroch√©e doit consentir √† l√Ęcher prise. Il y a un cas Ferneyhough : professeur de composition parmi les plus respect√©s de la plan√®te, l'Am√©ricain est connu pour pousser l'interpr√©tation instrumentale et le langage musical dans ses derniers retranchements. Le challenge pour ce Pl√∂tzlichkeit, si l'on en croit le pr√©tentieux texte de pr√©sentation dans lequel le public pouvait en dernier recours se r√©fugier, √©tait en quelque sorte de cr√©er une centaine de petits fragments.

    Non pour les lier ou les transformer graduellement mais en en accusant les contours et la ¬ę soudainet√© ¬Ľ. Qu'entend-t-on ? Une centaine de petits morceaux, certains int√©ressants, d'autres tr√®s beaux lorsqu'apparaissent trois voix de soprano, mais l'oeuvre n'est qu'un catalogue d'effets : glissandi, pizzicati... juxtapos√©s sans trajectoire.

    La deuxi√®me partie du concert met en perspective deux compositeurs qui s'appr√©ci√®rent mutuellement : Claude Debussy et Edgar Var√®se. Orchestr√©s par Hans Zender, les Cinq pr√©ludes de Debussy cherchent √† amplifier la version originale pour piano. Sans changer une note, ils sonnent soit trop : trop clinquants, trop grotesques, soit pas assez : pas assez √©vocateurs, pas assez transparents ¬Ė le ratage sans appel des Pas sur la neige ¬Ė et rappellent √† quel point la chimie personnelle de Debussy √©tait un art unique √† son auteur.

    Un Arcana cataclysmique

    Le v√©ritable √©v√©nement revient ainsi Arcana de Var√®se, qui cl√īture cette fin d'apr√®s-midi. Cambreling opte imm√©diatement pour un tempo rapide et son orchestre fait montre d'une fureur qui ne le quittera pas durant ces vingt minutes cataclysmiques. Requ√©rant douze percussionnistes et un arsenal impressionnant de cuivres, le chef-d'oeuvre de Var√®se alterne m√©lodies militaires et grandes masses, sugg√©rant in fine un paysage et une angoisse tout √† fait contemporaines.

    On n'√©piloguera pas sur la qualit√© des orchestres allemands, car c'est v√©ritablement Sylvain Cambreling, le ma√ģtre d'oeuvre de cette gifle magistrale, qui se voit longuement f√™t√© par un public parisien habitu√© pourtant √† le malmener en d'autres lieux de la capitale.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 18/11/2006
    Laurent VILAREM

    Concert de l'Orchestre de la SWR Baden-Baden und Freiburg sous la direction de Sylvain Cambreling à la salle Pleyel, Paris.
    Olivier Messiaen (1908-1992)
    Chronochromie

    Brian Ferneyhough (*1943)
    Plötzlichkeit
    Création française

    Claude Debussy (1862-1918) /
    Cinq préludes
    Orchestration de Hans Zender (*1936)

    Edgar Varèse (1883-1965)
    Arcana

    SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg
    direction: Sylvain Cambreling

     


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