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CRITIQUES DE CONCERTS 15 novembre 2018

Concert de l'Ensemble Orchestral de Paris sous la direction de John Nelson, avec la participation de la mezzo Marie-Nicole Lemieux au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Sur les ailes de la musique

Marie-Nicole Lemieux

Sous la houlette de Jean-Christophe Spinosi, Marie-Nicole Lemieux nous est d'abord apparue sous un masque vivaldien. Mais celle qui remporta en l'an 2000 le Prix Spécial du Lied du prestigieux concours Reine Élisabeth entretient avec la mélodie des affinités plus profondes encore. Ses Nuits d'été d'une rare subtilité prosodique en sont la preuve la plus intime.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 27/11/2006
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Parmi les meilleures choses qui sont arrivées à Berlioz ces dernières années, Marie-Nicole Lemieux est sans doute la plus rare. Car son contralto, voix de la mère, de la terre nourricière, possède, justement parce qu'il ne cherche à être ni le plus sombre, ni le plus profond, mais le plus tendre, cette aérienne singularité qui lui permet de se fondre dans les textures orchestrales les plus frissonnantes de l'auteur du Grand Traité d'instrumentation et d'orchestration modernes.

    Ursule en apesanteur dans les sortilèges de la Nuit paisible et sereine de Béatrice et Bénédict, Anna prophétique incitant sa soeur Didon à ne plus se refuser à la Nuit d'ivresse et d'extase infinie promise par l'arrivée imminente d'Énée, la chanteuse québécoise parachève son tryptique de la nuit berliozienne avec des Nuits d'été d'une frémissante magie.

    D'autres ont sans doute su envelopper dans un souffle inépuisable les phrases infinies du Spectre de la Rose et de Au cimetière, abordant le cycle tel une plainte lancinante et mortifère en quatre mouvements, encadrée de ritournelles printanières, presque anodines, dans un geste plus lyrique. Mais Marie-Nicole Lemieux se garde d'embrasser des paysages aussi subtilement variés d'un regard trop vaste, sachant goûter l'esprit propre à chaque mélodie pour en révéler les dégradés les plus infimes.

    Plus qu'ils ne sont dits, les mots de Théophile Gautier sont vécus, afin d'en extraire l'essence grâce à cet art de l'estompe, et, celui, plus rare encore, et pour ainsi dire perdu, jusque chez les chanteurs français à la diction la plus cristalline, de la césure, restituant à chaque consonne, intensément savourée, sa valeur poétique, quand bien même certaines voyelles cherchent encore leur clair naturel.

    Balancement hypnotique

    À travers ce chant qui constamment se met en danger par l'investissement extrême, où l'expression prime sur la plénitude, mais sans que jamais le legato de la ligne ne soit négligé, brisé, Marie-Nicole Lemieux dévoile, à l'ombre d'un if, dans le balancement hypnotique des flots, ce rapport secret, intime entre texte et musique qui ouvre la voie du paradis.

    Ce secret, John Nelson, qui dirige ce cycle comme il respire, l'a également percé à jour, et dialogue avec la soliste plus qu'il ne l'accompagne, malgré le manque de transparence de l'Ensemble Orchestral de Paris, celui-là même qui sera fatal à ces Lieder de Schubert orchestrés qui ne peuvent échapper à la redondance que si le chef parvient, à l'instar de Claudio Abbado en mai 2002 à la Cité de la Musique, à trouver le point d'équilibre entre l'oeuvre originale et l'apport de l'orchestrateur, d'autant que la chanteuse ici flotte et murmure, en un rêve éveillé.

    Ce n'est pas faire injure à Beethoven de dire qu'après un chant aussi irréel dans sa profondeur même, sa 7e symphonie aurait pu n'être que le plus brusque des réveils. Mais en accentuant le contraste par une lecture frénétique, parfois à la limite de la brutalité, qui tiendrait même du coup de massue avec un effectif plus large, John Nelson évite paradoxalement cet écueil. Son orchestre n'a certes pas toujours les moyens de le suivre dans cette quête éperdue, dionysiaque, de délivrance, où la rythmique semble soudain perdre pied pour mieux s'emballer, à l'image d'une berliozienne course à l'abîme. Et si l'asphyxie menace le troisième mouvement, le charisme haletant du chef finit par l'emporter.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 27/11/2006
    Mehdi MAHDAVI

    Concert de l'Ensemble Orchestral de Paris sous la direction de John Nelson, avec la participation de la mezzo Marie-Nicole Lemieux au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Ouverture de Rosamunde D. 644

    Hector Berlioz (1803-1869)
    Les Nuits d'été, six mélodies op. 7
    Marie-Nicole Lemieux, contralto

    Franz Schubert
    Du bist die Ruh D. 776 (orchestration d'Anton Webern)
    Nacht und Traüme D. 827 (orchestration d'Anton Webern)
    An die Musik D. 547 (orchestration de Max Reger)
    Die Forelle D. 550 (orchestration de Benjamin Britten)
    Marie-Nicole Lemieux, contralto

    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Symphonie n°7 en la majeur op. 92

    Ensemble Orchestral de Paris
    direction : John Nelson

     


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