altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
dťsinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 04 juillet 2020

Concert de l'Ensemble Orchestral de Paris sous la direction de John Nelson, avec la participation de la mezzo Marie-Nicole Lemieux au Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris.

Sur les ailes de la musique

Marie-Nicole Lemieux

Sous la houlette de Jean-Christophe Spinosi, Marie-Nicole Lemieux nous est d'abord apparue sous un masque vivaldien. Mais celle qui remporta en l'an 2000 le Prix Sp√©cial du Lied du prestigieux concours Reine √Člisabeth entretient avec la m√©lodie des affinit√©s plus profondes encore. Ses Nuits d'√©t√© d'une rare subtilit√© prosodique en sont la preuve la plus intime.
 

Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris
Le 27/11/2006
Mehdi MAHDAVI
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • R√©ouverture

  • Des t√©n√®bres √† la lumi√®re

  • R√©chauffement climatique

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Parmi les meilleures choses qui sont arriv√©es √† Berlioz ces derni√®res ann√©es, Marie-Nicole Lemieux est sans doute la plus rare. Car son contralto, voix de la m√®re, de la terre nourrici√®re, poss√®de, justement parce qu'il ne cherche √† √™tre ni le plus sombre, ni le plus profond, mais le plus tendre, cette a√©rienne singularit√© qui lui permet de se fondre dans les textures orchestrales les plus frissonnantes de l'auteur du Grand Trait√© d'instrumentation et d'orchestration modernes.

    Ursule en apesanteur dans les sortil√®ges de la Nuit paisible et sereine de B√©atrice et B√©n√©dict, Anna proph√©tique incitant sa soeur Didon √† ne plus se refuser √† la Nuit d'ivresse et d'extase infinie promise par l'arriv√©e imminente d'√Čn√©e, la chanteuse qu√©b√©coise parach√®ve son tryptique de la nuit berliozienne avec des Nuits d'√©t√© d'une fr√©missante magie.

    D'autres ont sans doute su envelopper dans un souffle in√©puisable les phrases infinies du Spectre de la Rose et de Au cimeti√®re, abordant le cycle tel une plainte lancinante et mortif√®re en quatre mouvements, encadr√©e de ritournelles printani√®res, presque anodines, dans un geste plus lyrique. Mais Marie-Nicole Lemieux se garde d'embrasser des paysages aussi subtilement vari√©s d'un regard trop vaste, sachant go√Ľter l'esprit propre √† chaque m√©lodie pour en r√©v√©ler les d√©grad√©s les plus infimes.

    Plus qu'ils ne sont dits, les mots de Th√©ophile Gautier sont v√©cus, afin d'en extraire l'essence gr√Ęce √† cet art de l'estompe, et, celui, plus rare encore, et pour ainsi dire perdu, jusque chez les chanteurs fran√ßais √† la diction la plus cristalline, de la c√©sure, restituant √† chaque consonne, intens√©ment savour√©e, sa valeur po√©tique, quand bien m√™me certaines voyelles cherchent encore leur clair naturel.

    Balancement hypnotique

    √Ä travers ce chant qui constamment se met en danger par l'investissement extr√™me, o√Ļ l'expression prime sur la pl√©nitude, mais sans que jamais le legato de la ligne ne soit n√©glig√©, bris√©, Marie-Nicole Lemieux d√©voile, √† l'ombre d'un if, dans le balancement hypnotique des flots, ce rapport secret, intime entre texte et musique qui ouvre la voie du paradis.

    Ce secret, John Nelson, qui dirige ce cycle comme il respire, l'a également percé à jour, et dialogue avec la soliste plus qu'il ne l'accompagne, malgré le manque de transparence de l'Ensemble Orchestral de Paris, celui-là même qui sera fatal à ces Lieder de Schubert orchestrés qui ne peuvent échapper à la redondance que si le chef parvient, à l'instar de Claudio Abbado en mai 2002 à la Cité de la Musique, à trouver le point d'équilibre entre l'oeuvre originale et l'apport de l'orchestrateur, d'autant que la chanteuse ici flotte et murmure, en un rêve éveillé.

    Ce n'est pas faire injure √† Beethoven de dire qu'apr√®s un chant aussi irr√©el dans sa profondeur m√™me, sa 7e symphonie aurait pu n'√™tre que le plus brusque des r√©veils. Mais en accentuant le contraste par une lecture fr√©n√©tique, parfois √† la limite de la brutalit√©, qui tiendrait m√™me du coup de massue avec un effectif plus large, John Nelson √©vite paradoxalement cet √©cueil. Son orchestre n'a certes pas toujours les moyens de le suivre dans cette qu√™te √©perdue, dionysiaque, de d√©livrance, o√Ļ la rythmique semble soudain perdre pied pour mieux s'emballer, √† l'image d'une berliozienne course √† l'ab√ģme. Et si l'asphyxie menace le troisi√®me mouvement, le charisme haletant du chef finit par l'emporter.




    Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris
    Le 27/11/2006
    Mehdi MAHDAVI

    Concert de l'Ensemble Orchestral de Paris sous la direction de John Nelson, avec la participation de la mezzo Marie-Nicole Lemieux au Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Ouverture de Rosamunde D. 644

    Hector Berlioz (1803-1869)
    Les Nuits d'été, six mélodies op. 7
    Marie-Nicole Lemieux, contralto

    Franz Schubert
    Du bist die Ruh D. 776 (orchestration d'Anton Webern)
    Nacht und Tra√ľme D. 827 (orchestration d'Anton Webern)
    An die Musik D. 547 (orchestration de Max Reger)
    Die Forelle D. 550 (orchestration de Benjamin Britten)
    Marie-Nicole Lemieux, contralto

    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Symphonie n¬į7 en la majeur op. 92

    Ensemble Orchestral de Paris
    direction : John Nelson

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com