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CRITIQUES DE CONCERTS 17 juillet 2019

Concert de l'Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Peter Eötvös, avec la participation du flûtiste Emmanuel Pahud, du hautboïste François Leleux et du clarinettiste Paul Meyer à la Maison de la Radio, Paris.

Une création peut en cacher d'autres

Concert événement : solistes prestigieux – Emmanuel Pahud, Paul Meyer, François Leleux –, chef renommé, grands compositeurs – Dalbavie, Jarrell, Murail –, et au final, un concert qui confirme le talent de chacun sans apporter de vraie révélation. L'Orchestre philharmonique de Radio France, en assurant sa mission de création, se couvre en revanche de gloire.
 

Salle Olivier Messiaen - Maison de la Radio, Paris
Le 01/12/2006
Laurent VILAREM
 



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  • L'affiche avait de quoi faire rĂŞver l'amateur de musique contemporaine ! En un seul et mĂŞme concert, trois crĂ©ations françaises de grands compositeurs français – ou francophones dans le cas de Michael Jarrell. La première, de Marc-AndrĂ© Dalbavie, prĂ©alablement nĂ©e sous les auspices des Berliner Philarmoniker et d'Emmanuel Pahud, a Ă©tĂ© donnĂ©e en première mondiale en octobre Ă  la Philharmonie de Berlin.

    Ce Concerto pour flĂ»te jouĂ© par un miraculeux Emmanuel Pahud n'est hĂ©las pas la grande oeuvre attendue. Et pourtant, on reconnaĂ®t la patte du compositeur : les mĂ©lodies vibrionnantes du Concerto pour violon, les gammes par tons de Color, la course Ă©perdue du Concerto al Suono. Bref, tout ce qui fait de lui le maĂ®tre français le plus « fun Â» de sa gĂ©nĂ©ration.

    Il se pourrait bien cependant, au regard de la chétivité des applaudissements parisiens et de l'importance des commandes étrangères, que Dalbavie devienne à l'export une incarnation moderne du Gallic charm, c'est-à-dire d'une musique claire, facile et brillante, à peu près inoffensive, frôlant de plus en plus la convention.

    Michael Jarrell est, quant à lui, particulièrement doué pour les épisodes lents. Dans ses Sillages, réécriture sous la forme d'un triple concerto pour flûte, clarinette, hautbois et orchestre d'une pièce antérieure pour électronique, on entend – comme à l'accoutumée – de merveilleuses ténèbres ponctuées par une utilisation très raffinée de la percussion. Il ne s'agit pas d'un triple concerto habituel – les solistes, particulièrement le hautbois, paraissant en retrait – mais de jeux de timbres constamment renouvelés et intéressants – notamment entre la clarinette et la flûte. On admire le métier instrumental, mais à trop se surveiller, une certaine monotonie du discours rend cette musique assez extérieure.

    Vaste paysage granitique

    Terre d'ombre de Tristan Murail qui clôt ce programme est une création de plus grande ampleur par sa durée – vingt-cinq minutes – mais également par sa sonorité. Mêlant un immense orchestre à des sons électroniques, elle a pour particularité de désaccorder les vents, un quart de ton en dessous de l'orchestre. En résultent des sons véritablement inouïs, conférant aux cordes une ductilité et une finesse qui n'appartiennent qu'à leur auteur.

    L'orchestre de Tristan Murail dessine un véritable territoire : ombre portée sur un vaste paysage granitique qui s'érige soudain, s'immobilise puis se dissout dans l'air. Si l'on reste saisi par l'environnement sonore, la pièce est néanmoins trop longue, et sa trajectoire indiscernable à la première écoute. On trouve néanmoins chez Murail de plus en plus d'épisodes consonants, instants de tendresse proprement bouleversants qui élargissent encore le monde de cet infatigable arpenteur de sons.

    Le public et l'Orchestre philharmonique de Radio France, d'une très haute tenue pour cette dernière pièce, font un triomphe à Peter Eötvös, maître d'oeuvre de ces trois créations.




    Salle Olivier Messiaen - Maison de la Radio, Paris
    Le 01/12/2006
    Laurent VILAREM

    Concert de l'Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Peter Eötvös, avec la participation du flûtiste Emmanuel Pahud, du hautboïste François Leleux et du clarinettiste Paul Meyer à la Maison de la Radio, Paris.
    Marc-André Dalbavie (*1961)
    Concerto pour flûte et orchestre
    Création française
    Emmanuel Pahud, flûte

    Michael Jarrell (*1958)
    Sillages, pour flûte, hautbois, clarinette et orchestre
    Création française
    Emmanuel Pahud, flûte
    François Leleux, hautbois
    Paul Meyer, clarinette

    Tristan Murail (*1947)
    Terre d'ombre, pour grand orchestre et Ă©lectronique
    Création française

    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction: Peter Eötvös

     


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