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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2019

La Veuve Joyeuse pour la première fois au Metropolitan Opera de New-York.

Le gai veuvage de Frederica von Stade

Après le Staatsoper de Vienne, c'est au tour du Metropolitan Opera d'ouvrir tout grand ses portes à Hanna Glawari, la très charmante héritière de la principauté du Pontevedro. La Veuve est désormais reconnue.
 

Metropolitan Opera, New York
Le 24/03/2000
Francesco Maria COLOMBO
 



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  • La nouvelle mise en scène prend la partition de Franz Lehar pour ce qu'elle est : un chef-d'oeuvre. La production est due à Tim Albery et Antony McDonald. Sans se réfugier dans la nostalgie classique d'une Vienne qui n'existe plus - et n'a sans doute jamais existé -, ceux-ci ont joué avec mesure et intelligence sur certaines dimensions suggérées dans l'oeuvre, et peut-être jamais explicitées jusqu'ici. Au premier acte, c'est l'atmosphère délétère de l'ambassade pontévédrine à Paris : tapisseries un peu déchirées, domestiques en livrée à demi assoupis. Au second, de très loin l'acte le plus réussi, le folklore slave transposé à Paris en plein hiver : Hanna arrive à une fête au jardin des Tuileries en traîneau sur la neige, grande jupe et bottines rouges, comme pour un bal tzigane sur le lac Balaton. Au troisième acte, c'est le " glamour " de chez Maxim's, ses grisettes qui dansent dans un immense chapeau haut-de-forme. Cependant, tout se passe sous l'égide de la tour Eiffel illuminée, avec escaliers de cinéma et guirlandes de lampions. Albery et McDonald ont ainsi retrouvé une série de liens que l'¦uvre de Lehar entretient avec la culture cinématographique et iconographique du XXe siècle, en lui donnant un relief ironique et mesuré.
    La distribution, qui s'exprime dans une nouvelle traduction anglaise très efficace, est dominée par l'Hanna de Frederica von Stade, plus gamine et espiègle que princière, plus gaie et étonnée des plaisirs de la vie qu'héroïne prestigieuse à la Lubitsch, comme pouvait l'être Élisabeth Schwartzkopf. Si les aigus de Frederica n'ont plus le brillant d'antant, sa Veuve reste délicieuse de caractère et de sympathie. À ses côtés, Placido Domingo campe un Danilo de style plutôt " latin lover " que slave ; son anglais est sucré, il enfle les syllabe centrales, se montre légèrement convenu dans l'expression. Mais quand on est Domingo et que l'on doit jouer un rôle de séducteur, la chose est par trop facile. Paul Groves est un Rosillon délicat, rêveur, plein de style ; Emily Pulley, une Valencienne tout simplement enchanteresse à la technique magistrale. Le chef, Sir Andrew Davis, fait sonner l'orchestre du Met comme un harmonica de verre : des sons légers, cristallins, jamais envahissants.




    Metropolitan Opera, New York
    Le 24/03/2000
    Francesco Maria COLOMBO

    La Veuve Joyeuse pour la première fois au Metropolitan Opera de New-York.
    La Veuve joyeuse de Franz Lehar
    Mise en scène, décors, costumes : Tim Albery et Antony McDonald
    Direction : Sir Andrew Davis
    Avec Frederica von Stade (Hanna Glawari), Placido Domingo (Danilo), Paul Groves (Rosillon), Emily Pulley (Valencienne).

     


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