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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2019

Nouvelles productions du Journal d'un disparu de Jan√°ček et du Ch√Ęteau de Barbe-Bleue de Bart√≥k mises en sc√®ne par La Fura dels Baus et sous la direction de Gustav Kuhn √† l'Op√©ra de Paris.

Le Palais Garnier de Barbe-Bleue
© Ruth Walz

Si l'id√©e d'orchestrer ¬ę √† la Bart√≥k ¬Ľ le Journal d'un disparu de Jan√°ček est pour le moins incongrue, sa r√©alisation sc√©nique, son interpr√©tation vocale comme celles du Ch√Ęteau de Barbe-Bleue de Bart√≥k, fruits du travail tr√®s coh√©rent de la Fura dels Baus au Palais Garnier, sont de magnifiques moments de th√©√Ętre lyrique.
 

Palais Garnier, Paris
Le 26/01/2007
Gérard MANNONI
 



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  • On parierait volontiers qu'il savoure la provocation comme certains un bon Havane ! Certes, Gerard Mortier est un homme de conviction qui croit profond√©ment √† la politique artistique qu'il met en place, mais il doit aussi trouver un c√īt√© jubilatoire √† secouer le cocotier des habitudes lyriques parisiennes comme il le fait depuis son arriv√©e √† l'Op√©ra.

    En confiant aux √©quipes de la Fura dels Baus la r√©alisation de ce spectacle Jan√°ček -Bart√≥k, il ne pouvait ignorer multiplier les risques apr√®s le tr√®s frais accueil r√©serv√© √† la Fl√Ľte enchant√©e vue par les m√™mes cr√©ateurs. Eh bien, pari tent√©, pari gagn√© ! Car la r√©ussite de ce programme est totale, √† une erreur pr√®s : avoir pr√©sent√© le Journal d'un disparu dans une version orchestr√©e ¬ę en s'inspirant de l'orchestration de Bart√≥k ¬Ľ, avec l'√©trange intention de ¬ę souligner la parent√© existant entre les deux compositeur ¬Ľ.

    Pourquoi donner du Jan√°ček si c'est pour tenter d'en faire du Bart√≥k ? Pourquoi ne pas avoir √©t√© jusqu'au bout du d√©fi et ne pas avoir donn√© tout simplement la version traditionnelle de l'oeuvre avec un simple piano ? Encore un exemple de manque de confiance en la musique, de doute quant √† son impact, m√™me si la forme est plus pudique que celle d'un grand op√©ra. La question n'est alors pas de savoir si l'orchestration de Gustav Kuhn, qui dirige fort bien l'orchestre, est bonne ou mauvaise. Elle n'a tout simplement aucune raison d'√™tre ni aucun int√©r√™t. Inutile de tenter de la justifier par l'encha√ģnement des deux pi√®ces dans un m√™me souffle.

    © Ruth Walz

    Cela dit, les options sc√©niques d√©pouill√©es √† la Beckett vu par les Renaud-Barrault choisies par l'√©quipe de la Fura dels Baus sont intelligentes et donnent une vraie profondeur √† cette partition √©trange, inspir√©e √† Jan√°ček par des po√®mes somme toute assez m√©diocres. Aucune tentative donc d'illustrer de mani√®re figurative les images bucoliques ni les √©pisodes amoureux qui constituent l'essentiel du texte, mais une vision rude et aust√®re, qui exprime le parcours int√©rieur passionn√© et douloureux tant du po√®te que du compositeur. Michael K√∂nig en est l'interpr√®te excellent √† tous √©gards, second√© par une Hannah Esther Minutillo aux br√®ves mais marquantes interventions, tr√®s cin√©matographiques.

    Univers du cin√©ma aussi pour le Ch√Ęteau de Barbe-Bleue dont il faut avant tout souligner la somptueuse interpr√©tation orchestrale par les musiciens de l'Op√©ra. La partition est une splendeur, foisonnante de couleurs, de rythmes, de contrastes, d'id√©es harmoniques surprenantes. Elle est rendue ce soir de mani√®re magistrale, tout comme l'interpr√©tation vocale et dramatique de Willard White et de B√©atrice Uria-Monzon, chantant bravement en langue originale.

    Un palais à la Cocteau

    Expressifs, vrais, exacts, sans exc√®s, sans faux pas, ils r√©pondent avec un sens th√©√Ętral infaillible aux exigences d'une mise en sc√®ne brillamment intelligente, absolument dans l'esprit de l'oeuvre. Des r√©troprojections sur des s√©ries de rideaux transparents situent l'action dans un Palais Garnier magique, f√©√©riquement amplifi√© ou d√©form√© √† la Cocteau, ou dans des lieux abstraits d'une grande beaut√©, collant √† la dynamique du drame.

    Un travail beau √† voir, vari√©, toujours en situation, propice √† l'√©vasion po√©tique, effrayant comme les cauchemars de l'enfance apr√®s la lecture vesp√©rale de certains contes de f√©√©s. Un spectacle original, nouveau, con√ßu, r√©alis√©, √©clair√©, interpr√©t√© avec une inspiration permanente, ce n'est pas si courant sur les sc√®nes d'op√©ra. Si l'on n'avait pas touch√© √† la partition de Jan√°ček, la soir√©e fr√īlerait la perfection.




    Palais Garnier, Paris
    Le 26/01/2007
    Gérard MANNONI

    Nouvelles productions du Journal d'un disparu de Jan√°ček et du Ch√Ęteau de Barbe-Bleue de Bart√≥k mises en sc√®ne par La Fura dels Baus et sous la direction de Gustav Kuhn √† l'Op√©ra de Paris.
    Leo¬ö Jan√°ček (1854-1928)
    Le Journal d'un disparu, cycle de 22 chants pour ténor, alto solo, voix de femmes et piano (1921)
    Orchestration de Gustav Kuhn

    Béla Bartók (1881-1945)
    Le Ch√Ęteau de Barbe-Bleue, drame lyrique en un acte (1918)
    Livret de Béla Balázs

    Coproduction avec le Gran Teatre del Liceu de Barcelone

    Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : Gustav Kuhn
    mise en scène : Alex Ollé & Carlos Padrissa (La Fura dels Baus)
    décors et costumes : Jaume Plensa
    éclairages : Guido Levi

    Avec : Michael König (l'Homme), Hannah Esther Minutillo (la Femme), Willard White (Barbe-Bleue), Béatrice Uria-Monzon (Judith).
     



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